Animēshon Festival : à la conquête du cinéma asiatique

Les 27, 28 et 29 avril 2018 se tiendra la seconde édition de l’Animēshon Festival. Le Scénario de Saint-Priest accueillera encore une fois ce jeune festival pour une seconde édition dont la programmation vient d’être annoncée sur leur page officielle. Jeune festival certes mais qui comporte déjà son lot d’habitués. ArlyoMag vous emmène à la rencontre des organisateurs de cet événement inédit…

Affiche officielle de cette seconde édition

C’est en 2017 que s’est lancée l’aventure d’Animēshon Festival, projet initié par Boris Pastou, directeur général du Scénario et par les Petits Scénaristes, groupe associatif encadré par Jérémy Rongeat, médiateur culturel. Les Petits Scénaristes sont un projet culturel de la région Auvergne-Rhône-Alpes chargé de faire découvrir le cinéma aux élèves et étudiants de Saint-Priest. Au cours de l’année, l’association propose des projections inédites en salles, des créations artistiques mais aussi des rencontres, des animations, etc.

Le rôle des Petits Scénaristes cette année sera pluriel. Il s’agira pour le groupe d’organiser les activités annexes des séances programmées :  blindtest, concours de cosplays, animation de certaines séances, buffet asiatique. Mais aussi d’accueillir tout au long du week-end les festivaliers et veiller à ce que l’ambiance soit aussi conviviale que l’an passé. Tout au long de cette semaine, vous pourrez peut-être les croiser aux quatre coins de Lyon et de Saint-Priest à distribuer des flyers.

L’origine du projet

Le directeur du cinéma Le Scénario ainsi que Jérémy Rongeat ont eu l’envie de lancer un festival traitant de l’animation asiatique suite à la projection du film Princesse Mononoké, chef-d’oeuvre incontesté de Miyazaki. Organisée par Les Petits Scénaristes en 2016, la soirée a remporté un vif succès auprès du public. Par ailleurs, tous deux regrettaient le manque de festivals de ce genre au sein de la région. Il s’agissait donc de combler un manque culturel (la France étant encore de nos jours le second consommateur mondial de mangas) ainsi que de faire découvrir au grand public quelques œuvres cinématographiques majeures.

La première année du festival a débuté en avril dernier et a remporté un vif succès auprès des amateurs d’animation asiatique, mais aussi des non initiés. La programmation avait été dressée par Jérémy Rongeat, secondé par l’équipe des Petits Scénaristes de l’année 2016 et le festival assuré par la présence de l’équipe du cinéma ainsi que la leur durant les trois jours consécutifs. Cette année, c’est le médiateur culturel qui a composé en grande partie la programmation, faisant appel à l’équipe du Scénario ainsi qu’à deux membres de l’association, Laure et Corentin, déjà présents lors de la première édition et passionnés tous deux de la culture asiatique.

Ghost in the Shell – Mamoru Oshii (1995)

La programmation

Cette seconde édition d’Animēshon se place dans la même perspective que l’année dernière, à savoir projeter les grands classiques de l’animation asiatique, mais aussi explorer des productions originales, qui n’auraient pas bénéficié d’une visibilité médiatique importante. Vous pourrez ainsi (re)découvrir le formidable Ghost in The Shell de Mamoru Oshii (1995), plonger dans la magie des Contes de Terremer de Goro Miyazaki ou encore vous émerveiller devant les somptueuses animations de Makoto Shinkai et son Your Name, sorti fin 2016 sur nos écrans.

En revanche, côté inédits, Animēshon nous sort l’artillerie lourde puisqu’il nous dévoilera deux avant-premières exclusives, et pas des moindres : Mutafukaz des studios Ankama (avec notamment les doublages d’Orelsan et de Gringe) et Fate/Stay Night Heaven’s Feel, premier chapitre d’une trilogie de films concluant cette série au succès populaire mondial. On vous conseille vivement de venir découvrir la programmation complète sur leur page Facebook ou sur le site officiel du Scénario de Saint-Priest.

Animēshon se présente comme un festival ouvert à toutes et tous. Au cours de ces trois dates, tout le monde y trouve son compte : le public familial et les séances jeunesse en matinée, le grand public avec la projection des grands classiques, mais aussi les spectateurs plus adultes et avides de sensations fortes. Les organisateurs ont porté toute leur attention sur les attentes du public afin de leur livrer une programmation variée et de qualité. Par ailleurs, on note que toutes les séances seront projetées en version originale sous-titrée français, exceptées pour les séances du matin. Un choix défendu par l’équipe du Scénario et l’association pour qui la découverte des films doit passer par un visionnage dans leur langue d’origine. On remarque d’ailleurs que le public féru d’animation asiatique a tendance à préférer l’usage de la VO au profit de la VF.

Fairytail Dragon Cry – Tatsuma Minamikawa (2017)

Le rapport à l’animation asiatique

Lorsqu’on interroge les membres de l’association, on remarque tout de suite la diversité des points de vue concernant l’animation asiatique. C’est cette diversité qui a permis à Animēshon de récolter de très bons retours de la part des festivaliers durant la première édition. En effet, certains Petits Scénaristes n’ont découvert cette branche du cinéma que quelques années auparavant, comme c’est le cas pour Benjamin. Le premier film d’animation qu’il a découvert était l’enchanteur Château dans le ciel d’Hayao Miyazaki (1986) et ce visionnage l’a marqué. L’année dernière, il a donc découvert d’autres classiques du studio Ghibli, ce qui a forgé peu à peu son goût pour l’animation asiatique. Anthony pour sa part retrouve dans l’animation asiatique certaines pépites de cinéma de genre. Ses goûts vont des créations de Miyazaki jusqu’aux animes fantastiques et gores, tels que Seoul Station (Sang-Ho Yeon), film projeté durant la première édition d’Animeshon.

Corentin de son côté entretient ce rapport avec ce genre cinématographique depuis tout petit. Élevé aux VHS du club Dorothée, il découvre très jeune Albator, Nicky Larson, Les Chevaliers du Zodiaque et on en passe… Après les animes des années 90, Corentin se tourne vers les longs-métrages, avec notamment Le Voyage de Chihiro et Princesse Mononoké qui le marqueront vivement. Ce qu’il apprécie tant dans ce genre cinématographique, c’est le soin apporté à l’animation mais aussi aux thèmes abordés comme les enjeux environnementaux, le rapport entre l’Homme et la nature, la violence mais aussi la poésie qui peut se dégager de certaines œuvres. Grand amateur de dessin, il sera présent tout au long du festival pour discuter de sa passion avec les festivaliers mais aussi poser son empreinte sur la grande fresque à dessin mise à disposition du public dans le hall du cinéma.

Panda petit panda – Isao Takahata (1972)

Les attentes de l’équipe

Pour cette seconde édition, l’équipe du Scénario espère déjà voir débarquer davantage de spectateurs et spectatrices durant les trois jours de festival. Ce souhait pourrait être exaucé au vu des efforts fournis en matière d’animations et de moyens mis à disposition du festival. On note par exemple la présence d’animations autour de certaines séances mais aussi l’attention portée aux papilles des festivaliers puisque le foodtruck Sakados sera présent tout au long de l’événement et que les festivaliers pourront profiter d’une dégustation de sakés en cérémonie d’ouverture et d’un buffet maison en clôture.

L’autre enjeu majeur est de faire en sorte que l’ambiance du festival soit aussi conviviale et dynamique que l’année précédente. Tout au long du week-end, les membres de l’équipe se baladeront dans le cinéma afin de converser avec les festivaliers. Quelques activités seront aussi proposées à ces derniers comme la décoration collective d’une fresque, les concours de cosplays et de dessin et aussi l’organisation d’un atelier créatif. L’idée majeure étant de continuer à promulguer la diffusion du cinéma asiatique ainsi que d’encourager ce genre de projet associatif.

Il est aussi question de faire davantage reconnaître le festival au sein de la région lyonnaise afin qu’Animēshon soit inscrit dans le calendrier des grands événements organisés en région Auvergne-Rhône-Alpes. Cette volonté de pérenniser le festival se retrouve dans les efforts apportés au niveau de la communication : des flyers et des affiches ont été disséminés au sein de l’agglomération lyonnaise. La page officielle Facebook et le site du Scénario se sont mis aux couleurs du festival, avec notamment l’affiche de cette seconde édition réalisée par Jérémy Guichardaz, ancien employé du cinéma.

Comme l’indique l’équipe du cinéma, la survie d’un festival dépend de l’adhésion qu’il remporte auprès du public. L’équipe au complet a donc à cœur de promouvoir une programmation de qualité ainsi que la diffusion d’un genre cinématographique encore trop peu reconnu. Si ce genre d’initiatives vous plaît, ils vous invitent chaleureusement à venir profiter de ce festival et à les encourager pour, qui sait ?, une troisième édition encore plus prestigieuse. Rendez-vous les 27,28 et 29 avril !

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