WENC, Rétine

Juste avant le début de son exposition à la galerie Superposition, rencontre avec l’artiste WENC, un garçon qui contemple. 

La semaine dernière, nous avons eu la chance de rencontrer, au détour d’un café, l’artiste Street Art Charles Wendehenne, alias WENC, qui dévoilera son exposition Rétine ce jeudi 21 décembre, à la galerie Superposition, au 11 rue Longue.

Les commencements artistiques – l’archi, Hopper, Bruxelles et les murs

Résultat de recherche d'images pour "bruxelles street art"L’omniprésence du Street Art dans la ville de Bruxelles 

  • Ton art, c’est ton métier ?

Ca tend petit à petit à le devenir, mais ça ne l’est pas, et je ne veux pas forcément que ça le soit à temps plein.

Et du coup tu fais quoi dans la vie, tu es étudiant, tu travailles déjà ?..

Je suis en master 2 d’archi à Lyon, (café arrive) du coup je fais des petits contrats de graphisme, des commandes de toiles, pour gagner un peu d’argent, et j’écris mon mémoire à côté, pour terminer mes études.

  • Ça fait combien de temps que tu crées, et que tu essayes de t’établir ?

Que j’ai mon style ça fait 4 ans. 4 ans que je développe mon univers, et que je m’y tiens, et que ça devient un peu ma marque de fabrique. Avant je peignais déjà, mais c’était plus pour apprendre les bases, j’utilisais plein de techniques différentes, des dessins d’observation, surtout de la copie. Je recopiais des toiles de peintres super connues, des Hopper des Monet, des trucs comme ça. Après j’ai trouvé mon style, et puis voilà. Je suis parti il y a deux ans faire mes premiers murs. Je suis parti un an vivre à Bruxelles, en Erasmus, année qui a été sauf de l’Erasmus (rires). Là-bas j’ai fait plein d’autres trucs, pour la peinture notamment.

Ça m’a confirmé, l’année dernière, que je voulais vraiment faire quelque chose avec mes dessins.

Rencontre avec Superposition – les festivals, les expos et Lena Macka

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  • Comment as-tu rencontré et été en contact avec la galerie Superposition  ?

Je les connais depuis quasiment le début, lors de leurs premiers événements, Superaloha et Superbien.

La première fois, c’était en janvier 2016, pour une collab sur un mur de la rue longue. C’était sur une porte de garage, qu’ils voulaient repeindre, donc voilà, je les ai rencontrés à ce moment-là. Puis je les avais aussi rencontrés lors de festivals comme Urban Art Jungle. J’avais aussi eu un solo show au café galerie, pour eux, il y a un an. Et enfin, j’ai une amie qui travaille là-bas, Lena Macka, qui a son exposition en ce moment à la galerie. Elle je la connais depuis 2015 parce qu’on avait fait une expo collective ensemble à ce moment-là.

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Travaux de Léna Macka

C’est elle qui m’a amené à rencontrer Superposition. Elle leur a montré mon travail, en disant que si ça les intéressait d’avoir un artiste de plus, je serais sûrement chaud. Du coup ils m’ont contacté tout simplement, et nous voilà ici.

L’arrivée de la nouvelle expo – rencontres, rue longue et regards croisés 

- Goodbye Rue Longue -

– Goodbye Rue Longue – visuel pour le collectif Superposition

  • Depuis combien de temps travailles-tu sur cette exposition ?

La dernière fois que j’ai montré mon boulot c’était .. C’était (rires). C’était pendant une expo collective, il y a un moment. Depuis l’année dernière je fais des expos, des expos collectives, des festivals, des graffs tout ça, mais là cette série là ça fait depuis cet été que je suis dessus. Depuis cet été j’essaye vraiment de monter un concept. J’ai réfléchi ce concept avec le fait que ça soit la dernière exposition de la rue Longue, le dernier vernissage là-bas. Comme je te disais, je les connais depuis 1 an et demi, donc c’est vrai que ça me tenait à cœur, émotionnellement parlant, de faire un truc bien en lien avec la rue Longue.

Du coup l’expo s’appelle Rétine, par apport à tous les regards croisés, et toutes les rencontres qui se sont passées, même sans la parole, juste avec les yeux.

  • C’est vraiment parce que t’as vécu des choses fortes là-bas et que ça te tient à cœur que t’as décidé de faire ce sujet-là ou t’avais déjà l’idée de partir sur quelque chose comme ça avant ?

Des dessins de regards croisés j’en fais depuis un moment, depuis cet été comme je te disais. J’avais déjà fait un premier dessin tout simple qui s’appelait regard croisé, et ça m’a donné envie de prolonger cet esprit-là. Du coup, tout ce que je fais depuis cet été reste dans cette même veine, j’ai défini petit à petit les couleurs qui me plaisaient, pour arriver aux dessins que je vais présenter à Superpo. Cette expo c’est une sélection de tous ces dessins que j’ai fait depuis cet été, et que je suis encore en train de produire, avec des couleurs qui m’appartiennent pour essayer de rendre le tout cohérent.

  • Ça a un peu empiété sur la prochaine question. J’allais te demander dans quel contexte t’as pu observer la vie de la rue Longue. C’est parce que tu as travaillé là-bas, tu as exposé là-bas, …
  • Je suis allé visiter des expos aussi ! De fil en aiguille, et c’est ce qui fait aussi la force du collectif, on est rarement seul. Tout le concept de la rue Longue est né aussi des amitiés avec d’autres artistes, avec des gars qui se voient souvent, des gars de l’orga. J’y ai lié des amitiés, des relations amoureuses aussi, etc .. Il s’est passé plein de choses dans cette rue, c’est aussi pour ça que ça s’appelle regard croisé et rétine. C’est pour dire que, voilà, dans un petit morceau de ville, comme la rue longue, il y a une émulation. Là en l’occurrence c’est artistique mais ça pourrait être autre chose. C’est tout ce qui permet de la rencontre humaine.
  • Dans les œuvres que j’ai pu voir, on retrouve souvent ces dessins, avec comme des rayons sortant de la rétine des personnages : 
- PLASTI-CITÉ -

– PLASTI-CITE –

KER

– KER- Base de données bleue -

– Base de données bleue

Qu’est-ce que tu veux nous transmettre à travers celui-ci ?

Ça justement, c’est né avec regard croisé.  Ça vient de l’architecture : dans les dessins d’archi, quand tu rends un concours ou que tu fais un projet, tu crées des vues de ton projet. Sur tes travaux tu dessines toujours un petit plan à côté, où tu as l’endroit où la vue a été prise, avec un petit cône de vision qui part  dans le sens d’où tu te places pour regarder le projet. De ces petits cônes, qui sont donc un truc d’archi à la base, j’ai eu l’idée d’en rajouter à mes personnages. De faire comme si c’était des petits cônes de vision qui montrent qu’ils ont les yeux grands ouverts, qu’ils regardent vers un endroit, de leur point de vue à eux. C’est aussi une façon de symboliser un peu la curiosité : les yeux bien ouverts et bien attentifs à ce qu’il se passe autour d’eux.

Vers où nous mène cette exposition ? – Observation, posture, contemplation 

- Soleil noir -

– Soleil noir –

  • En parlant de rétine, tu nous amènes vers un regard spécifique porté sur les choses. S’agit-il du nôtre, du tien ?

Graphiquement il s’agit du mien. Toute production artistique, quelle qu’elle soit, est toujours un peu autocentrée, personnelle, et individuelle, parce que personne ne le fera à ta place. Ça part d’une démarche assez personnelle, donc d’un regard assez personnel.

Mais les dessins sont vraiment construits pour que ça soit les gens qui s’identifient à l’intérieur. Qu’ils puissent tisser un scénario quand ça le permet, donc amener leur regard à eux. En fait, c’est comme si les dessins donnaient une porte d’entrée dans un imaginaire, dans un univers, mais il n’y a pas de bonne réponse. C’est pour ça aussi qu’il y a beaucoup d’accumulation : qu’il y ait beaucoup de choses ça permet aux différentes personnalités, en fonction des goûts, du contexte, de regarder le dessin d’une façon singulière.

Ça part d’une démarche très sensible et très personnelle, mais qui a pour but de donner de l’imaginaire aux gens et de ne donner qu’une piste de lecture. Donc ce sont des dessins qui n’expriment pas mon regard ou le vôtre, mais qui est fait pour le regard de l’autre.

  • Ton exposition parle de la posture des individus, physique, psychique et imaginaire, durant le processus de création. Comment tu perçois et utilises ces attitudes quand tu es en train de créer ?

La création a autant une réalité physique (on crée avec de la matière, du support) qu’abstraite (quand tu crées, tu crées un fantasme, un univers, etc. ..). La réalité physique, c’est-à-dire la posture des gens pour moi, je sais que je m’en sers beaucoup. J’observe, donc je regarde beaucoup le corps des gens, comment ils s’assoient, comment leur t-shirt tombe sur une épaule, comment ils croisent les jambes, etc.. … Ils sont inclus dans ce processus de création, parce que même si derrière je crée des personnages, ils sont de toute façon liés à ce que j’ai pu observer.

- LES 58 -

– LES 58 –

Les gens, dans ce processus de création, ils sont juste eux-mêmes : ils se déplacent, ils ont un corps, ils s’en servent. Ils ont une influence sur les décors de leur quotidien, et les décors du quotidien ont une influence sur eux. Il y a tout un truc qui dit que les postures qu’adoptent les gens sont en grande partie destructrices d’eux-mêmes, c’est-à-dire que notre corps s’use, au fur et à mesure qu’on est dans la ville. Moi j’essaye de capter ça, et d’accentuer les déformations pour créer ces personnages un peu chelous. Donc quand on est dans le processus, les autres seraient dans cette phase-là : capter la posture pour créer l’imaginaire. Après avoir capté ces postures, je les digère, et je les déforme.

  • Tu les déformes pour les rendre plus belles, ou pour quoi ?

Je pars du principe que plus tu pars d’une chose qui est précise (un corps c’est super précis, ça a des limites, une ligne), plus tu peux le déformer. Alors que quand tu regardes quelque chose qui est déjà assez impalpable, tu ne peux pas encore vraiment le déformer puisqu’il n’a pas de forme.

  • Comme quand tu regardes quelque chose pendant longtemps, ça perd de sa nature ?

Exactement, et moi j’accentue ça. Ça m’apporte plusieurs trucs. Déjà, ça m’apporte de la liberté, parce que je n’ai aucune contrainte, si je veux faire un nez beaucoup trop gros je peux le faire, ça fait partie du truc. Donc je fais jamais d’esquisses au crayon de papier par exemple, comme je peux me tromper, car il n’y a pas de mauvaise réponse. Ça m’apporte aussi quelque chose de personnel, car ça casse un peu le côté académique que j’ai appris, quand j’ai pu faire du dessin de nus à l’école. Ça me permet vraiment de faire que de la déformation tout le temps, et d’aller au-delà des contraintes.

  • Il y a une phrase d’Oscar Wild qui dit que : « le vrai mystère du monde est le visible et non l’invisible ». Qu’en penses-tu ?

Toute les choses qui sont autour de nous, par leur proximité elles tendent à être oubliées. Au final c’est, je pense, plus difficile d’aborder ce qui nous entoure, plutôt que de fantasmer sur ce qu’on a pas. C’est aussi un peu un appel à ça cette expo (encore une fois c’est une piste de lecture, rien de tracé), c’est pour rappeler qu’il n’y a pas que du beau, et que le désir n’est pas juste dans les choses qui sont loin de nous. Tu vois bien, on a tendance à se dire « Ho j’aimerais bien aller là-bas, doit y avoir des choses magnifiques », sans se rendre compte qu’au final, ces choses-là on les a aussi juste à côté de chez nous, dans des choses toutes simples, et ordinaires. Donc c’est aussi un peu un rappel à l’ordre : dans la proximité il y a de la beauté. Donc c’est vrai que les choses visibles au final, elles sont peut-être plus difficiles à capter, car ça demande d’être juste super vigilants et attentifs, et observateurs du monde qui nous entoure.

Donc oui, ta phrase d’Oscar Wild je la trouve bien, c’est ça, un peu de lucidité sur ce qu’on a autour de nous, c’est en fait déjà suffisant pour être un peu heureux je pense. Être bien en phase, bien bien en phase.

Performance d’artiste – live-painting, bâtiment de France et big façade

LUNDI

– LUNDI –

  • Pour l’avant-première de l’expo, tu vas faire une performance de live-painting. Est-ce que tu improvises lors de ces performances ou non ?

Pour celui-là, je pense que ça sera un peu de l’impro. Il y a des live-paintings où je prépare avant, quand il y a un thème très précis par exemple, genre le dernier c’était sur le salon du numérique au Double-mixte, du coup j’avais fait un truc un peu en lien avec l’univers du numérique et la connexion, mais là vu que c’est Superpo et que c’est vraiment mon expo, je me lancerai vraiment.

C’est vrai que le live-painting c’est souvent comme ça, tu te jettes dans le vide, devant les gens, donc c’est comme je te disais, de ne pas faire de dessin préliminaire, de commencer directement à l’encre ou avec quelque chose qui ne s’efface pas, c’est encore plus fort, surtout en live-painting parce que tu te surprends toi aussi, et parfois c’est raté ! Mais quand c’est raté c’est raté quoi.

Mais c’est vraiment important de se tromper, je pense, quand tu fais des trucs comme ça, quand je sais que je n’effacerai pas, je me sers de ces erreurs. Soit je la cache, soit je la transforme en autre chose. Le dessin au final il a pas forcément la même gueule que celle qu’il devrait avoir à la base – mais il a plus de valeur à tes yeux vu qu’il a eu cette histoire – exactement, puis il y a eu un processus aussi. Donc j’ai pas de crayon à papier chez moi, je m’interdis, -pas de gomme ?-  non, pas de gomme ! Zéro gomme ! (rires)

  • Pour revenir sur le live-painting, ce qui est super intéressant dans le fait d’improviser, c’est qu’on se rend compte que les gens viennent pour le processus de création, pour voir quelqu’un réfléchir devant son mur, se planter peut-être, mais pas forcément pour l’issue de la performance.

Non vraiment pas en fait, mais c’est un peu à double tranchant. Le live-painting tu fais aussi un peu animation, il y a des moments, je trouve, où c’est trop, il y a des moments où t’es trop une animation, ça me plaît moins. Mais là dans le cadre de Superpo, c’est un live-painting qui permet justement de lever le voile sur la façon dont le mec bosse, donc ça casse la distance que ça peut avoir. Tu présentes des objets finis, les gens ils ne voient pas comment ça a été fait. Du coup ce genre de performance, c’est aussi ce qui ramène un peu de réalité, tu casses un peu le mystère. Et c’est cool aussi de casser le mystère, parce que y’en a pas. On en a besoin, de rien inventer.

  • Quel est le plus gratifiant dans ta démarche d’exposition ?

C’est toujours particulier de montrer son travail, parce que c’est un truc que tu fais chez toi, 4, 5 mois à l’avance, et tu bosses dessus, toi face à toi-même. Dans ce cas précis, j’ai rien montré, j’ai rien posté (sauf pour un truc pour annoncer l’expo), du coup c’est un peu un saut dans le vide, parce que je n’ai eu aucun retour, à part celui des gens vraiment très proches de moi. Donc le challenge est excitant ! Tu montres tout d’un coup et soit ça passe, soit ça casse.

Oui je pense que c’est ça le plus gratifiant, c’est que si ça passe c’est beaucoup trop cool. J’avoue que de voir les gens déambuler, devant tant d’heures de boulot (parce que au final en cumulé ça fait quand même pas mal d’heures de boulot) et pouvoir enfin avoir un retour c’est la plus belle des récompenses, c’est pour ça que tu le fais. La raison pécuniaire elle est secondaire je pense. Bien sûr elle est là aussi, parce que quand tu fais une exposition, tout ce que tu as investi tu espères te le faire rembourser, et parce qu’on a tous aussi comme objectif de vendre ce qu’on fait.

Donc c’est vrai qu’il y a ce truc-là mais qui vient vraiment après le plaisir de voir les gens regarder, observer, poser des questions. C’est ça le meilleur truc des vernissages. C’est aussi pour ça que tu les vois pas passer en fait, les heures dans la galerie. Déjà d’une tu papotes beaucoup, (rires) donc c’est un peu épuisant, et après tu es tellement content de voir les gens, de prendre des retours. Et, encore une fois, dans le cas où l’erreur est prise en compte, même un retour négatif, c’est un retour quand même. Même un truc qui a dérangé (oui parce qu’il y a aussi des trucs qui volontairement sont un peu chelous pour déranger), c’est gratifiant de savoir pourquoi.

  • Ces trucs chelous, c’est pour déranger, ou provoquer ?

Pour déranger. Mettre dans une position d’instabilité. Mais pas provoquer. Je ne provoque pas, J’essaye de faire réagir les gens, de leur permettre de sentir une émotion, quelque chose

  • Quel est ton rêve d’artiste ?

Une big façade !

  • Une big façade, mais c’est quoi pour toi, c’est un immeuble ou c’est encore plus grand ?

Ben, j’ai déjà fait des trucs gros, genre 20x5m, c’est déjà gros, mais un truc dans la rue, une grosse façade en plein dans la ville, ça serait énorme. On fait tous plein de murs dans la rue, on fait plein de trucs, des collages tout ça, mais on a un impact relatif, parce que c’est éphémère. Donc moi l’objectif c’est de me faire commander un gros gros mur je sais pas, de 20 m de haut, bien visible. Sans fenêtre, un truc bien fat.

  • Ça serait énorme de faire ça sur des grandes bâches de travaux, enfin ça se fait déjà, j’imagine que j’invente pas l’eau chaude, mais.. 

Ben ça se fait déjà pas mal, mais pas chez nous en fait. Ça se fait beaucoup à l’étranger, mais en France on a un problème, qui en soit peut être génial hein, mais qui fait que les choses avancent lentement, c’est le fait que tout soit très protégé au niveau patrimonial. Les « bâtiments de France », ont la mainmise sur pas mal de choses et tout est plus ou moins classé. Par exemple, sur Lyon, sur la presque-île tout est classé, au vieux Lyon tout est classé, donc tout l’ultra-centre est cadenassé. Ça avance, mais à tous petits petons, très doucement.

  • Toi tu trouves ça normal que ça soit protégé ?

Moi je trouve ça normal que ça soit protégé, mais il faudrait avoir des endroits choisis, comme c’est le cas de Bruxelles. Là-bas c’est vraiment très protégé aussi, mais il y a tout un programme qui s’appelle Urban Up Project, qui permet de taguer dans des endroits précis. Ça a vu le jour parce qu’ils ont compris que ça pouvait faire partie de l’économie.

Donc à Bruxelles la contre-culture qu’est la peinture de rue a été pas mal institutionnalisée, et au final ça va à tout le monde, parce que ça fait bosser des artistes, ça fait de la visibilité, et ça ramène des touristes. Donc je pense qu’on aurait tout intérêt, sur des endroits bien choisis, qui par la force des choses sont déjà devenus un peu des spots emblématiques, de laisser les tags se faire. Par exemple sur les pentes il y en a pleins, quand tu traverses le 7ème il y en a de plus en plus, vers les facs, tous ces quartiers-là deviennent des quartiers assez reconnus, donc ça mériterait qu’on ait plus de place.

Je demande pas que la ville soit toute taguée de partout, mais ça vaudrait le coup dans tous les cas que ponctuellement, sur quelques endroits il y en ait plus, créer des petites parenthèses visuelles !

  • Petite question de la fin : que penses-tu de la ville de Lyon ?

Je pense que c’est une bonne ville, qui a une échelle intéressante : c’est assez petit mine de rien. Ça a le côté hyper positif d’être effervescent, mais ça a peut-être le côté négatif d’en faire le tour un peu vite, même si tu connais jamais tout par cœur. Moi je suis de Lyon, j’y suis né, à Croix-rousse, donc c’est une ville que je porte dans mon cœur et j’y reviendrai forcément à un moment ou à un autre. Je trouve que c’est une ville qui bouge culturellement parlant. Ça a pas le côté trop froid de Bordeaux, ça a un peu le côté crade de Marseille que j’aime bien, ça a pas le côté trop hype de Paris, bref, c’est chan-mé.

On vous laisse découvrir WENC, présent ce jeudi, 18h, à la galerie Superposition, 11 rue Longue, Lyon 1er !

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