HYB_D, plus d’un tour dans son sac

sac hyb_d

Plus qu’un simple sac en toile, le projet HYB_D est un véritable travail de référencement artistique et culturel autour d’un objet simple, pratique et bien fait. Une démarche toute simple, qui permet de véhiculer les valeurs de la Salopette dans vos têtes et sur votre dos.

Vous avez eu du mal à lire le titre, et c’est bien normal : HYB_D, ou « hybride » pour les initiés, n’est pas un projet qui se laisse comprendre au premier abord. Vous voyez un simple sac, quatre lettres et un tiret, vous vous dites « ok, c’est un totebag un peu modifié », et si vous n’avez pas une envie énorme d’agrandir votre collection de sacs en toile, vous pourriez vous arrêter là. Vous auriez tort, tout de même, tout simplement parce que ce n’est pas qu’un sac, ce n’est pas qu’un concept : le design rejoint l’éthique, et derrière la toile de coton, on trouve une vraie démarche artistique et collaborative.

 

La Salopette, c’est surtout un média qui veut promouvoir la création culturelle – tiens tiens, ça me rappelle quelque chose – fondé par quatre voyageurs de la communication. Et pour eux, la communication ce n’est pas asséner un discours de vente, c’est faire entrer les gens dans un univers, leur faire comprendre des choses, leur parler vraiment. Du média, ils en sont venus à l’événementiel, et en bons voyageurs qu’ils sont, ont continué vers la création dont ils parlaient tant. HYB_D, c’est leur projet plaisir, leur expérimentation.

 

À l’origine du projet, on trouve l’envie des quatre fondateurs de la Salopette de synthétiser leurs valeurs dans un objet simple et déclinable, avec lequel ils pourraient s’amuser un peu. « On voulait trouver un produit qui symbolisait tout ce qu’on fait au quotidien, c’est-à-dire défendre la jeune création, on a cherché, analysé ce qu’on faisait avec la Salopette, on s’est rendu compte qu’au début c’était un simple média, puis que ça s’est transformé en quelque chose qui valorisait la création via des collaborations, des événements. On a imaginé un produit comme on a imaginé notre agence, on a voulu des éditions limitées et des collaborations avec des artistes. » Le sac à dos, symbole des voyages – que les quatre affectionnent tout particulièrement – devient alors l’objet parfait. Une fois le design repensé, on trouve un totebag-à-dos, un sac en toile qui permet de ranger un ordinateur, et surtout de laisser un artiste s’exprimer sur la poche de devant.

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Collaborations à tous les niveaux

« Le but c’était pas d’avoir un sac juste à nous, c’est pour ça que la poche avant est dédiée à la collaboration d’un artiste. On pouvait développer aussi l’achat de l’art par l’achat de la mode. » Chaque artiste a carte blanche. Le sac devient support artistique à part entière, et tiré à seulement 150 exemplaires, n’est vendu que sur des festivals et autres événements culturels dans toute la France (en ligne aussi, pour ceux qui n’arriveraient pas à les croiser cet été).

Sur le site d’HYB_D, on retrouve toutes les inspirations de l’artiste : en ce moment, c’est mode scandinave, Mid-Century et Norvège, pour l’artiste Poter. Autant de portes d’entrée différentes dans le vaste monde culturel que le sac représente. « L’idée, c’est de donner du contenu aux gens pour qu’ils n’achètent pas qu’un morceau de tissus, mais un univers et une démarche. On veut vraiment créer un écosystème autour du projet. »

Chaque nouveau sac est l’occasion également de faire une soirée de lancement, et de lier à l’objet un lieu spécifique. La première s’est déroulée à la Maison Métagram, un endroit éclectique, comme HYB_D. Durant cette soirée, les gens pouvaient participer à l’élaboration du prochain sac, lors d’un atelier de co-création : et cette parole donnée aux potentiels acheteurs se retrouve aussi lors des ventes en festival : « Sur chaque événement, on demande aux gens qui pourrait avoir à sa charge le prochain sac. »

Pratique et éthique

Il eut été illogique, dans la démarche de vouloir créer un écosystème culturel, d’aller faire fabriquer le sac plus loin qu’à Lyon. « C’est difficile de faire une petite production à Lyon, mais on a trouvé, le sac a été conçu par des étudiants de Sup de Mode. On a pris du bon coton, mais il ne vient pas de France. On pense à travailler là-dessus sur les prochaines éditions, en travaillant avec des créateurs mode, qui penseront plus tissus que graphisme. »

De même pour le prix, fixé au plus bas, tout en permettant que chaque collaborateur touche sa part. Sur les 30 euros, 5 % reviennent à l’artiste, qui bénéficie également de la communication faite par HYB_D. Le but n’est pas de se faire de l’argent, mais plutôt de créer un filet culturel solide, de promouvoir la jeune création, et surtout de s’amuser.

Parce que s’il y a bien une chose que les créateurs d’HYB_D défendent, c’est le vivier créatif de cette génération, trop souvent mise dans la case « feignasse dépressive », alors que les petits projets se multiplient aux quatre coins de la France. « Les jeunes grouillent d’idées, les gens vont bien, ça crée, ça bouge, et ça fait du bien ! Il faut le mettre en avant, c’est dangereux d’ignorer des prises de position. C’est une jeunesse certes un peu roots, mais qui a plein de choses à dire : elle le dit, mais on l’entend pas. Y a un vrai travail militant entre les générations, et faut pas sous prétexte que le monde va mal qu’on oublie ça. »

Un petit sac tout simple alors ? Plutôt une jolie démarche créative, qui cherche à rassembler autour de la culture, et un bon moyen d’essayer plein de choses pour l’équipe de globe-trotters. « On veut minimum trois collaborations par an mais on n’a pas de date prédéterminée. On aimerait améliorer le design du sac aussi, le rendre plus modulable, et voir si on fait des collaborations avec des magasins, ou avec des structures moins attendues ! » Et un bon moyen pour les autres de jouer le jeu de l’art, à petit prix.

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