Il y a quelques semaines, nous vous parlions déjà du Carré 30, ce petit théâtre implanté au cœur de Lyon depuis de nombreuses années, et qui met un point d’honneur à promouvoir la nouvelle génération théâtrale. Chose promise, chose due, nous y sommes retournés pour Et à la fin… se touchent les Tours.

Au sommet d’un building qui n’est plus, dans un bureau, un trader (Martin Payet) est réveillé par un homme de ménage (Romain Bertrand). La discussion entre les deux hommes s’engage alors, et des banalités jusqu’aux souvenirs communs de leur jeunesse, ils vont peu à peu se confronter au gouffre infranchissable que la vie n’a jamais cessé de creuser entre eux.

Et à la fin… se touchent les Tours a des allures de tragédie. Tragédie pour les deux personnages qu’elle fait se retrouver pour mieux se manquer, une nouvelle fois, mais aussi pour l’Histoire. Car à travers le prisme particulier de cet homme d’affaire et de cet agent d’entretien dont en sait très vite que, quoi qu’il arrive, leur destin sera scellé, la pièce porte en réalité un regard bien plus large sur notre monde. Un regard sur l’exclusion, le rejet et l’asservissement. Des hommes qui l’impose à d’autres, des hommes qui se laissent se l’imposer, et au final, une société bien partie pour se crasher.

Lutte des classes, homosexualité… Jacques-Yves Henry porte un regard acerbe mais juste sur ces dernières décennies. Ces nouveaux mots que nous inventons chaque jour, décrivent-ils vraiment de nouvelles réalités, ou bien ne sont-ils que des leurres tout juste bons à dissimuler un effarant piétinement ? Les mots, le dramaturge les maîtrise. Ce sont eux qui portent cette pièce à l’écriture remarquable où chaque phrase trouve à l’oreille un écho mélodieux, et parviens ensuite à heurter votre conscience avec âpreté.

Quant à la mise en scène, sobre, elle permet au spectateur de s’immerger dans le texte. Le jeu des jeunes acteurs, qui en arrive parfois à pécher par une volonté de trop bien faire, gagnerait à s’en inspirer pour éviter la caricature. Saluons malgré tout le remplacement au pied levé par Martin Payet d’un acteur désisté sur le tard, et au final, d’une performance honorable de ce duo de comédiens. .

Et vous, que faisiez-vous le 11 septembre 2001  ?


 

Prochaines représentations  : vendredi 19 et samedi 20 juin

Et à la fin… se touchent les Tours, de Jacques-Yves Henry, au théâtre Carré 30

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