Born to be Freak au Transbordeur : en coulisses avec Freaks Factory

par Arlyo Team

Samedi dernier, j’ai passé Halloween avec trois membres de l’association Freaks Factory, venus réaliser des performances pour la soirée « Born to be Freak » au Transbordeur.

Je retrouve Jessica à la Part-Dieu. Elle est venue accueillir Claire et Émilie qui viennent de Strasbourg pour la soirée. On les trouve quelques minutes plus tard, encombrées par tout les cerceaux, planches à clous et autres sacs de verre brisé qui vont servir lors de leur shows.

Une fois arrivés au Transbordeur, nous sommes accueillis par les membres de l’association « Who’s In », qui organisent le festival « Festbouc », et qui s’occupe d’ambiancer le Transbordeur ce 31 octobre.

Nous traînons un moment dans la salle enfumée, tandis qu’autour de nous s’activent les petites mains qui installent les lumières, montent les décors et règlent les balances. Les artistes qui se produisent ce soir arrivent les uns après les autres et il faut déjà s’organiser pour caler les performances sur tel ou tel morceau.

Jessica, qui répond au nom de scène de La Morrigan, va exécuter un numéro d’avalage de feu, tout en assumant le rôle de maîtresse de cérémonie. Impossible alors de trouver les Skarekrows, groupe de psychobilly sur la musique desquels Jessica doit performer. Un peu plus tard, le batteur, Dave Devil, définira ce genre musical comme « le fils bâtard d’Elvis Presley et une camisole de force. »

Une fois installés dans les loges, on peut se mettre à l’aise. Jessica est ravie car c’est elle qui organise les soirées d’habitude, du booking des artistes jusqu’à la fermeture de la salle. Il est à peine 18h et les premiers passages sont à 22h30. Le frigo de la loge est rempli de bières et les membres du « Mitchi Mitchi Bar » répètent au fond du couloir. Le repas du staff sera servi dans une heure.

Les affaires sont déballées et le repas est pris : les filles peuvent commencer à se préparer pour leurs performances. Émilie, qui se produit sous le nom d’Anossen, va faire du hula hoop, et Claire, dont le nom de scène est Luna Moka, va exécuter des performances de néo fakirisme, avec planche à clous, verre brisé et cire fondue. Il n’y a pas de truc. Rien n’est faux car, pour elle, cela « manque d’adrénaline » sinon.

Nous parlons des références esthétiques de l’association Freaks Factory, citons la série HBO Carnivàle, qui reprend le thème des fêtes foraines ambulantes et des freak shows dans les États-Unis des années 1930. Depuis les années 1950, le thème freak s’est ouvert à d’autres cultures alternatives avant d’être édulcoré par les médias. L’association ambitionne de faire connaître le freak mais sans le vulgariser, pour garder ce caractère underground qui lui est propre.

Puisque je suis là, autant me rendre utile. Les filles s’occupent de leur maquillage, mais il reste tout un tas de petites choses à régler ça et là. Je vais donc assumer le rôle d’extra pour la soirée. Trouver un plateau et un briquet pour un numéro ? Pas de problème. Fixer la coiffe de Jessica ? Tout de suite. Poser les faux ongles, noircir les bras, lisser les cheveux, préparer le matériel pour le feu, faire répéter les textes, lacer les corsets, trouver untel, dire quoi à un autre… J’apprends que dans le milieu de la performance, il faut être multitâche. Quoi d’autre ? On manque de vin mais Claire s’en est déjà chargé.

 

Les passages sont retardés d’une demi-heure et c’est à 23h que Jessica va présenter Claire et Émilie devant une salle captivée. Jusqu’à 3h du matin, elles monteront sur scène les unes après les autres, qui avalant du feu sur le psychobilly des Skarekrows, qui se déhanchant sur le Glitch-hop de Clozinger. Encore une fois, on fera appel à moi pour servir cette fois-ci de stage kitten, chargé de mettre en place le matériel nécessaire aux numéros et de débarrasser la scène une fois ces derniers terminés. À moi les feux de la rampe ! Je me retrouve donc à porter des plateaux de bougies, étaler des bâches, tenir les bouteilles de proflamme et à balayer du verre brisé.

Alors que la soirée touche à sa fin au Club Transbo, elle bat toujours son plein en coulisses. Les membres du « Michi Michi Bar » ont bu plus que de raison et font un sacré raffut. Les bénévoles de « Who’s In » s’ambiancent dans la cuisine, mais la bière devient une denrée rare.

Il est temps de rentrer à l’hôtel.

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