C’est les vacances, et la saison des voyages… Mais même à des kilomètres, très chers lecteurs d’Arlyo, nous pensons toujours à vous… Ici, des nouvelles du Liban et de sa capitale, Beyrouth !

Après avoir survolé les îles de la mer Égée, les montagnes d’Anatolie, le bleu de la Méditerranée, Beyrouth apparaît. “Beyrouth”: en roulant le “r” et prolongeant le son “ou”…

L’avion amorce sa descente et les immeubles de la capitale, nombreux, se font de plus en plus nets et précis. Le béton se jette dans la mer et au moment de l’atterrissage il me semble que c’est sur elle que l’avion menace de se poser.

Beyrouth a des allures de mosaïque, construite et reconstruite, les ruines cohabitent avec les gratte-ciel. De 551, où un séisme accompagné d’un raz de marée a englouti la ville, à la guerre civile qui a duré plus de dix ans, entre 1975 et 1990 … Marcher dans Beyrouth est un voyage à travers le temps.DSCF5709

Longtemps dominée par des forces étrangères, chacune d’entre elles a laissé une trace dans le paysage urbain. Il y a cette ancienne église, dans le centre de la ville, qui s’est transformée en mosquée lors de la conquête arabe et de l’expansion de l’islam, et qui fait aujourd’hui partie des plus anciennes de la capitale. Puis, quelques rues plus loin, la place de l’étoile et son imposante horloge, héritée du mandat français.

L’architecture libanaise n’est pas en reste, les trois arcades et le balcon à corbeaux restent les ornements principaux de beaucoup de façades. Présents autant dans les villes que sur les maisons des villages de montagne, ces éléments architecturaux classiques créent un imposant et somptueux décor.


La circulation, qui peut sembler parfois dangereuse aux yeux des européens, donne à la ville un caractère mouvementé. Conduire est un jeu de force, priorité au plus rapide. Les chauffeurs de taxis, attirent les clients à coups de klaxon. Quand il n’y a pas d’embouteillages, il devient très facile de se déplacer dans le pays, à l’ouest la mer, à l’est les montagnes. Quelques kilomètres seulement séparent les deux.

L’autoroute relie toutes les villes du bord de mer, et quand le soir tombe, la publicité clignote de part et d’autre. Les devantures des magasins restent quant à elles éclairées toute la nuit. Le spectacle continue sur les hauteurs. La lumière se déverse jusque sur le flan des montagnes, les habitations sont partout.

Polyphonie

À entendre parler aussi bien français, qu’anglais ou arabe, il ne fait aucun doute sur l’ouverture de ce petit pays sur le vaste monde. Cet aspect “mondialisé” touche surtout Beyrouth. Une de ses facettes est commune à toutes les grandes métropoles européennes et du monde, les centres commerciaux, les boîtes de nuits « tendances » de musique techno, les fast-food américains…

Pourtant même lorsque l’on pense retrouver un environnement familier, d’infimes détails bouleversent nos repères. Se sont ces petites cages à oiseaux qui se balancent aux frontons des boutiques, les vendeurs ambulants de djallab – boisson à base de dattes – et les jardins sur les terrasses des immeubles.



Ici il n’y a pas de parcs publics, ou très peu mais la nature s’est frayée un chemin au travers du béton. Chaque toit est une terrasse, et quelquefois, des arbres s’y élèvent. Dans les rues, les feuillages des arbres débordent des trottoirs, les bougainvilliers dégringolent des murs et les Beyrouthins entassent dans les moindres recoins de leur balcon, sur leurs fenêtres, des petits pots de fleurs.

Le Liban est un grand jardin, impossible pour moi de trouver une plante qui n’y pousse pas. Les montagnes pour les noyers, le bord de mer pour les bananiers, la plaine aride de la Bekaa pour les céréales. Partout, comme de mauvaises herbes, les figuiers se délectent du climat méditerranéen: sur le bord de l’autoroute ou niché au creux d’une pierre dans un muret. Les terrasses sont souvent surmontées d’un toit de vigne. D’ailleurs, cette richesse “végétale” se retrouve dans la cuisine libanaise, déjà bien connue au delà des frontières de ce petit pays…

À Lyon ou ailleurs, très belles vacances à vous.


PS: Touras Jdid est un morceau du groupe Tarabeat, formé de trois musiciens libanais qui mélangent instruments traditionnels et musique électronique…