Charlotte a 17 ans, ou la folie douce de l’adolescence

by Cléo Dangoin
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On n’est pas sérieux quand on a 17 ans. Charlotte, fraîchement larguée par son grand (et premier) amour, va découvrir les joies de la séduction, de la liberté et, au milieu de tout ça, de sa force.

Entre film d’auteur et film d’ado

Charlotte a 17 ans s’avère une très jolie réalisation sur l’adolescence et les cris que poussent les jeunes cerveaux. Rares sont les longs métrages que l’on a envie de conseiller aux minettes comme à leurs parents. Dans une ambiance léchée en noir et blanc, l’énergie et la spontanéité des jeunes acteurs tranchent, et suffisent à mettre de la couleur. En même temps que le film rappelle des souvenirs et des sensations de premiers émois, il fait aussi parfois une croix sur le réalisme, avec délice.

Mon corps, ce héros

Les garçons sont partout pour Charlotte et ses deux copines. Et surtout au magasin de jouets, visiblement. Alors ni une ni deux, les filles se font embaucher pour pouvoir côtoyer les jeunes gars les soirs et les weekends. Et là, comme par enchantement, s’exerce une débauche de drague, de sourires… Le grand bain. Dans cet univers hyper concret du premier job se jouent les marivaudages d’une bande de gamins qui rêvent de brûler les étapes. Les corps deviennent héros du film. Ils se croisent, se frôlent. Certains sont secrets, discrets, d’autres omniprésents. Tantôt les rapports se montrent un peu gauches, tantôt faussement assurés. En tout cas, ils sont drôles et vraiment justes.

On n’est jamais qui on croit

Dans Charlotte a 17 ans, rien n’est jamais ce que l’on pense. Aimer le sexe et aimer l’amour, est-ce que c’est pareil ? Est-ce que c’est bien ? Jusqu’à quel point ? Pour les garçons et les filles, les bons mots fusent et les certitudes se brisent. Et le spectateur se délecte des bêtises dites et faites, des raccourcis et des préjugés qui habitent la tête des jeunes. Le film lui-même se dérobe à nous, quelquefois. Il est cru mais innocent, imparfait mais abouti. Émouvant mais cynique, de temps en temps.

L’amour est enfant de bohème…

Cette débauche de jeunesse, de sujets emmêlés, de séquences « clipesques » peut donner au film un côté excité, rapide, qui nous empêche un peu de plonger vraiment dans certains personnages. Dans cette galerie de visages juvéniles, un brin de tranquillité nous aurait peut-être permis de davantage nous imprégner de leurs caractères. Néanmoins, c’est cette énergie folle qui fait que les comédiens, et surtout les comédiennes, nous touchent. Et rappellent au passage au spectateur qui aurait légèrement trop grandi, que les jeunes aussi sont bourrés de désirs et de poésie. Vive la jeunesse québécoise !

 

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