Le temps d’un été, Lucie Mogarra a posé ses valises à Shenzhen, en Chine. Transformée pour l’occasion en envoyée spéciale, elle a accepté de partager les chroniques de son voyage en terre « presque » inconnue, pour ArlyoMag.

Alors que je me dirige vers la frontière chinoise, le chauffeur fredonne l’air de «We will rock you » de Queen qui passe à la radio. Sauf que, ce n’est pas Freddy Mercury qui chante, mais un chinois qui a l’accent bien identifiable. À cet instant, je me dis que je reconnais bien là la Chine. Tout ce qui vient de l’extérieur doit être repris et refait dans le but de se le réapproprier. Si c’est une réussite dans certains domaines (comme l’architecture ou l’urbanisation) je ne peux malheureusement pas en dire autant pour cette reprise de Queen.

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Vers l’inconnue immensité

Je m’apprête à passer trois semaines en Chine. Je rejoins ma famille qui habite depuis deux ans et demi à Shenzhen, à quelques kilomètres de Hong Kong, dans le Sud-est. Shenzhen regroupe actuellement dans les 15 millions d’habitants. Je me suis renseignée avant d’arriver et les chiffres indiquaient 10 millions, mais mon cousin me dit que les chiffres sont bien sous-estimés par rapport à la réalité, et que tout augmente très vite ici. Et c’est exactement la réflexion que je me fais en pensant à l’idée que j’avais de la Chine il y a quelques mois de ça : j’avais tout sous-estimé.

En effet, ici tout doit se voir en grand. Comme la tour de 100 étages, la bien nommée Kingkey 100, que je suis allée visiter, et qui est actuellement la sixième plus haute de Chine. Cependant, Shenzhen ne compte pas s’arrêter là. La ville est actuellement en pourparlers pour construire la plus haute tour de Chine, mais Pékin n’est pas réellement d’accord. Même si Shenzhen fait partie de la Chine, cette ville a un statut très particulier (Zone Économique Spéciale) et peut alors sur certains traits, entrer en concurrence avec la capitale.

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Il y a de ça un peu plus de 30 ans, le territoire où se trouve Shenzhen était un condensé de petits villages de pêcheurs. Mais le bois qui constituait les cabanes sert maintenant à la construction des échafaudages, utilisés lors de l’élaboration des gratte-ciels. En allant de Hong Kong à Shenzhen, il faut traverser plusieurs ponts qui laissent entrapercevoir quelques cabanes au bord de la mer qui résistent à l’envahissement par le béton.

Un mélange contrasté

Après avoir fait 6 ans de Chinois et intégré beaucoup de clichés sur la Chine ancestrale, le tout se mélange à mes cours de L2 où il se dit finalement que ce pays est surtout l’usine du monde. Mais ce que je peux en dire après seulement quelques jours ici, c’est que la Chine est un parfait mélange des deux. Ici, la classe populaire est au pied des buildings, jouant aux cartes entre voisins, illuminée par les affiches publicitaires criardes. Tout est un mélange de tout et de n’importe quoi. Tout s’assemble, ne manquant parfois pas le choc, à la limite du kitsch. Tout est mélange, à l’image des langues qui sont parlées ici : le mandarin et le cantonais. Lors d’un repas de famille avec ma belle-cousine, celle-ci parlait 2 dialectes de plus : le Hak-kâ et le Teochew… soit 4 langues différentes.

Si les langues sont mélangées, ce n’est pas forcément le cas entre les peuples. En effet, quand je marche dans la rue, j’ai l’impression de venir d’une autre planète. Les enfants me regardent avec des yeux interloqués, presque fascinés. L’autre jour, une jeune fille m’a demandé de prendre une photo avec moi, puis avec ma petite cousine qui est métisse. Où que j’aille, je suis la seule occidentale qui se ballade, au milieu de cette fourmilière aux couleurs, senteurs et contrastes multiples.

Woah, i’m an alien, I’m a legal alien, I’m a Lyonnaise in Shenzhen.

To be continued