Par rapport à ce tour de force, la mise en scène en elle-même peut sembler avoir quelque peu perdue de sa virtuosité. Mais ceci n’est qu’un leurre car si les Wachowski et Tykwer ne s’autorisent que très peu de mouvements d’appareils virtuoses, c’est surtout parce qu’ils ont retenu la leçon de Speed Racer. Si tous les aspects d’un film se révèlent complexes, alors on perd le spectateur dans la narration. C’est ainsi que nos réalisateurs semblent faire preuve d’un classicisme qu’on ne leur a pourtant jamais connu. Pourtant, si classicisme, il y a, cela ne les empêche pas de composer des plans d’une rare élégance, à la symbolique poussée (SPOILER – Un des personnages campé par Tom Hanks meurt frappé par un coffre de pièces d’or qu’il convoitait. Lorsqu’il tombe à terre, le plan montrant son cadavre voit le sang qui s’écoule de son crâne entourer les pièces d’or un peu à la manière d’une bulle de bande-dessinée), définissant par la même le caractère du défunt FIN DU SPOILER). De même, l’apparent classicisme de la mise en scène permet une plus grande fluidité dans une narration qui se permet de brasser différents genres cinématographiques avec une virtuosité surprenante (le biopic, le film historique, le film d’aventures, la comédie, le post-nuke, la science-fiction…). A ce sujet, il est d’ailleurs sidérant de voir à quel point le talent d’écriture des Wachos et de Tykwer nous permet de passer d’une histoire à une autre sans jamais susciter de frustration quelconque, chaque récit étant aussi fascinant que l’autre, peu importe le genre abordé. Ce qui fait que même si Cloud Atlas est leur film le plus long, il est également le mieux rythmé, et donc, paradoxalement, celui qui paraît le plus court. Quant aux acteurs, ils méritent tous autant d’être récompensés tant leurs performances à tous relèvent purement du jamais vu (jusque là, seule la performance capture et certains comiques s’étaient permis de camper autant de rôles dans un film).

Mais toute ces qualités ne seraient rien si un tel film ne nous questionnait pas sur notre propre humanité et notre rapport au monde. Et c’est là que le film brasse des thématiques fascinantes, en nous questionnant justement sur la faculté de l’être humain à répéter sans arrêt les mêmes erreurs, avant de les résoudre de la même façon, au fur et à mesure des époques. Sa façon de haïr son prochain n’ayant alors que pour commune mesure que celle dont il est également capable d’aimer.

On vous en parle maintenant, mais le film ne sort que le 13 Mars 2013. Ce jour-là, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

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