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artie 4 du festival Hallucinations Collectives : adolescents tourmentés, chaos social et cauchemars segmentés.

 

Alone (2016)

Un film de Thierry Poiraud.

Laissée à l’abandon, une petite bande de délinquants juvéniles fait les 400 coups dans un centre de redressement. Très vite apparaît une menace inattendue : frappés par un mystérieux virus, les adultes sont enragés et attaquent toute personne âgée de moins de 18 ans…

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C’est le troisième film du réalisateur, après l’OVNI Atomik Circus : le retour de James Bataille et un deuxième film réalisé sans son frère Didier après Goal of the dead : 2e mi-Temps. Thierry Poiraud récidive dans le genre une fois encore avec ce film assumant à 100% ses inspirations européennes.

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Quelque part entre les séries anglaises comme Misfits, Shameless ou Skins et les films Les Révoltés de l’an 2000 et The Crazies, Alone (Don’t Grow Up) offre un superbe écrin dès sa séquence d’exposition en présentant ses jeunes héros, dans un cadre et une photo absolument magnifiques.

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Sous l’influence directe (et sans avoir à en rougir) de ses ainés espagnols dans sa première partie, le film propose une réalisation léchée et nerveuse, sans temps mort, sous forte influence vidéo-ludique dans le choix de ses cadres, oscillant quelque part entre Silent Hill et l’ambiance poisseuse et stressante d’un Resident Evil (les jeux vidéos, pas les films), ou encore Parasite Eve via des vignettes à la fois traumatisantes et terrifiantes.

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On pourrait penser que le film gardera le rythme d’un survival anxiogène aux relents de films d’infectés (et non pas de zombies), mais c’est avant de brutalement virer à la chronique adolescente, traversée de séquences dignes d’une pub pour parfum (ou d’un film de Michael Bay, au choix).

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Un peu comme si L’Armée des morts virait au drame français façon Abdellatif Kechiche puis se rappelait soudainement de son cadre de survival et de flashbacks traumatiques à l’appui (à la conclusion tragique certes mais ridicule dans son dialogue et son interprétation), afin d’occulter ses atours horrifiques puis revenir enfin au survival dans sa dernière ligne droite mais trop rapidement expédiée.

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Sans avoir à rougir face à la concurrence européenne et encore moins face aux productions françaises, Alone est un survival nerveux, glacial et émouvant mais pas assez définitif dans le jusqu’au-boutisme inhérent à ce genre de film pour totalement convaincre.

Southbound (2016)  

Un film de : Roxanne Benjamin, David Bruckner, Patrick Horvath & Radio Silence.

Dans le sud des États-Unis, des voyageurs fatigués sont confrontés à leurs pires cauchemars. Pendant une longue nuit sur un sordide tronçon d’autoroute en plein désert, 5 histoires cauchemardesques vont se retrouver morbidement liées.

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Faux film à sketchs car faisant partie d’un univers commun (comme l’avait fait Trick’ Treat), Southbound, où les histoires et les personnages se croisent, est un voyage sans retour dans un univers qui se pose comme un croisement entre Twilight Zone et le méconnu mais excellent Reeker.   

Sans trop spoil, on suivra le chemin d’hommes, de femmes et d’adolescentes, victimes de cette zone hors du temps où se côtoient créatures cauchemardesques et personnages bien effrayants.

Ce qui est assez intéressant, c’est que chaque segment est relié par un élément de transition où les personnages se croisent le temps d’un effet de panoramique les présentant pour introduire le segment suivant.

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Les différents segments explorent des thèmes ou des genres aussi variés que du home invasion, du film de secte, du thriller paranoïaque et du fantastique horrifique et macabre, un peu comme si La Quatrième Dimension était supervisé par John Carpenter et David Lynch.

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Au delà des scènes assez sympathiques (mention particulière aux récolteurs), d’une galerie de personnages divers et de séquences aux atmosphères variées où le gore gicle à gros bouillons, parfois de façon gratuite, la plupart en frontal sans que ce soit nécessaire (surtout le home invasion), parfois sous trop forte influence (la musique néanmoins excellente est très inspirée par celle de John Carpenter), Southbound possède malheureusement des défauts.

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Des limites de son budget, rendant certains sketchs maladroits et cheap dans leurs esthétiques, à de sérieux défauts d’écriture malgré une envie claire de présenter un univers (chaque trauma des personnages apparaît à l’écran sous forme d’apparition monstrueuse ou de souvenirs sans qu’on sache trop pourquoi, les connexions entre les sketchs gâchant parfois le suspense), en passant par des effets pas toujours propres (la scène de la naissance des récolteurs fait passer le final du téléfilm Les Langoliers pour du ILM) et, enfin, d’un manque d’audace qui crée une vraie chute de rythme et d’ambiance à la conclusion et, ce, pour les 4 segments sauvés in extremis par un cinquième se connectant aux autres mais qui, au vu de son ambition structurelle et narrative, se prend les pieds dans le tapis de façon encore plus maladroite.

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Au vu des difficultés que rencontre à présent le genre fantastique/horrifique, Southbound, malgré ses défauts d’écriture et ses limites de budget, est un film qui vaut le coup d’être vu, pour l’intention de créer et présenter un univers inédit et surtout son ambiance qui ravira certains et effraiera les autres.

High Rise (2016)  

Un film de Ben Wheatley.

Le Dr Robert Laing, en quête d’anonymat, emménage près de Londres dans un nouvel appartement d’une tour tout juste achevée. Il va vite découvrir que ses voisins, obsédés par une étrange rivalité, n’ont pas l’intention de le laisser en paix.

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Quatrième film du réalisateur Ben Wheatley (Kill List, Touristes) qui adapte cette fois une nouvelle de J.G. Ballard. La venue au casting de certains acteurs plus connus ou « bankable » comme Tom Hiddleston (Thor, Cheval de guerre, Crimson Peak) Luke Evans (Le Hobbit, Immortals, Le Choc des Titans) James Purefoy (John Carter, Resident Evil, la série Rome) ou Jeremy Irons (Die Hard 3, Faux Semblants…), pour interpréter les rôles principaux, est aussi une manière de malmener voire de casser complètement l’image du rôle étiquette auquel ils sont rattachés pour le grand public ; et pour ceux ayant déjà vu un film de Ben Wheatley, vous savez que ce sera forcément le cas.

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Si la structure narrative peut sembler très simpliste (exposition, tension, explosion et chaos), le comparatif qui semble s’imposer avec le film Snowpiercer ou même Elysium est faux, car les références de Wheatley sont à chercher aux environs de la période où se déroule le film.

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En élève (parfois trop) appliqué de Stanley Kubrick et de David Cronenberg, le réalisateur arrive à composer un film d’une beauté plastique renversante à chaque instant.

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La reconstitution des années 70 est absolument bluffante et sert complètement le film dans sa peinture sociale, des habitudes cliniques et presque mécaniques des habitants de la tour où, à la manière du Metropolis de Fritz Lang, les riches qui vivent au sommet disposent de tout pour ne pas avoir à sortir, excepté pour travailler.

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Jouant avec impertinence sur les codes de bonne conduite et sur l’imagerie, même très refermée, propre aux anglais pour mieux faire exploser leurs pulsions les plus déviantes, il est amusant de voir qu’en plus de la lecture en plusieurs sous-textes, les dialogues nous offrent des clés pour complètement appréhender la situation au moment voulue (Laing s’excusant d’avoir répondu au gamin à haute voix : « Je ne travaille pas pour vous, je travaille pour la tour », on dirait le synapse d’un esprit humain : « Il n’est pas comme eux » ; la dimension presque psychologique de la voix off en épanadiplose…), quand il ne s’agit pas tout simplement de plans à la symbolique lourde de sens (SPOILERS ! les enfants des étages inférieurs envahissant le bureau de l’architecte et renversant les maquettes de l’immeuble, Laing couvert de peinture disant qu’il avait besoin de redonner vie à son appartement, la symbolique trop appuyée des objets qui tombent des balcons, etc.).  

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À la manière du film American Psycho ou de Shining, il est à la fois fascinant et jouissif de voir les masques des bonnes manières tomber et les personnages montrer leurs natures primales, Hiddleston jouant de manière contenue la moindre réaction, quelque soit la scène, aussi embarrassante soit-elle (confer la soirée costumée) ; un personnage qui, malgré une certaine aisance financière, désire rester anonyme et discret dans son quotidien.

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Véhiculant un parfum d’anarchie et de paganisme affiché (les femmes se réunissant entre elles autour du feu renvoient clairement à la religion wiccane, comme le montrait déjà le troisième acte de Kill List), il est fascinant en tant que spectateur d’assister à la chute de la société et de parfois se confronter à nos pulsions : de laisser apparaître à l’écran la véritable nature de l’homme dont la femme est l’avenir et l’espoir, tout comme dans Appel d’Urgence qui partage cette mise en image de chaos dans un microcosme, mais ici plus ancré dans un contexte réaliste.   

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Pour faire un bilan rapide de cette 9e édition, les films marqués par la thématique de la femme se sont montrés très variés. On a pu aussi noter une redite assez systématique de l’esthétisme au delà des thèmes aussi variés que l’innocence, l’argent, la mort, la sexualité, la corruption du pouvoir ou les instincts primaux.

Autant de facettes passionnantes propre à l’être humain qui a été illustré à toutes ces étapes : de l’enfant à l’adolescent, de la jeune femme à l’adulte et se concluant par le vieil homme sage ainsi que le rapport à son environnement et à la société qui le construit.

Mais, par-dessus tout, à travers une galerie de personnages hauts en couleurs et tout aussi différents les uns que les autres. La femme reste un sujet riche et passionnant pour le cinéma de tous genres.  

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