Les spectacles et les battles

arlyo : Justement vos élèves participent à de nombreuses battles…
Red Locks : Oui, à l’heure actuelle, on participe surtout sur la région. Avant on a beaucoup participé au Juste Debout (NDLR : compétition internationale de Street Dance en France) parce que c’est quand même notre prédilection. Et puis c’est aussi là où il y a le plus à éduquer, j’ai envie de dire. Parce que pour beaucoup de gens, le hiphop, ça se résume à tourner sur la tête (rires), mais il y a quand même beaucoup de choses qui se font debout. Mais en effet on a pas mal d’élèves qui participent à des petites battles dans la région.

arlyo : Le spectacle de Takamouv a eu lieu samedi dernier (le 26 mai), vous faites un spectacle chaque année en fin d’année ?
Red Locks : Alors chaque année oui, mais c’est pas forcément en fin d’année. Pour la simple et bonne raison que ce n’est pas un gala traditionnel d’école de danse où on présente les groupes du plus petit au plus grand, et ça dure quatre heures, non non. C’est une vraie création, à la portée des élèves bien sûr, avec un scénario et des personnages, et ça dure une heure et demie maximum, afin que ça reste vivable. Et ce n’est pas du plus faible au plus fort, non c’est croisé, et souvent mêlé avec un petit peu de théâtre d’ailleurs. Ça fait partie des choses importantes pour nous de mélanger tous les groupes, tous les cours. Et puis ça nous permet de montrer qu’on est capables de répondre à la case « oui, on peut faire un spectacle sans l’appui d’autres danses ». On a suffisamment de moyens d’expression pour remplir une scène, sans que ce soit que des gens qui se roulent par terre bien sûr.

Une culture à part entière.

arlyo : Le message de Takamouv ?
Red Locks : Le hiphop n’est pas une danse, mais une culture.

arlyo : Ça fait 15 ans que vous existez, qu’est-ce que vous envisagez pour la suite… ? Continuer comme ça… ?
Red Locks : De toute façon oui, ça c’est sûr ! Il y a 15 ans on est partis de rien, au départ on n’avait pas tout ça. Donc là on arrive à un stade où on est quand même bien développés en terme de danse, donc il est évident qu’on va commencer à s’intéresser aux autres disciplines. Puisqu’il y a aussi le problème qui est qu’au départ c’est une culture où on est censés quand même «vivre ensemble» entre les différents arts. Et ce n’est pas le cas puisque chacun est dans son truc. Donc l’idée ça serait quand même de pouvoir réunir un peu plus tous les arts de cette culture, donc ça va nous demander je pense encore une vingtaine d’années (rires), je pense que ce sera la génération future qui fera ça ! Mais oui en tout cas on a commencé dans ce sens-là, à s’ouvrir au graff déjà.

arlyo : Le mot de la fin ?
Red Locks : Comment dire… ce qui moi me dérange tous les jours au quotidien, c’est de voir ce qu’on fait du hiphop. Parce que le hip hop pour moi il n’y a rien de plus beau, parce que la philosophie que nous on respecte à l’intérieur de nos leçons et entre nous, ça reste «Peace, Unity & Having fun» , et je rajoute toujours, en premier lieu le respect. C’est vraiment les valeurs défendues chez Takamouv. Et surtout, c’est celles qui sont censées appartenir à la culture hip hop, c’est pour ça qu’elle a été créée. Pour transformer l’énergie négative en énergie positive, par le biais de l’art. Donc, non normalement, c’est pas des petits racailleux qui… non non ce n’est pas ça ! Mais c’est ce qu’on veut nous montrer ! Mais nous, du fait, qu’on respecte ces valeurs, qu’on est très carrés, et bien on nous appelle la France d’en haut ! On arrive quand même à avoir 250 élèves. Quand on nous laisse l’opportunité on remplit une salle de spectacle avec des enfants des grands-mères, mais aussi des danseurs hiphop. Oui, tout ça est mélangé, et c’est aussi ça notre combat !

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