Décorticage

L’une des premières forces du film est l’empreinte reconnaissable de Jacques Audiard : son style puissant, entre âpreté des images, montage lyrique, accélérations formelles et profondeur des sens. Procédés que le réalisateur avaient déjà splendidement utilisé dans le magnifique De battre, mon Cœur s’est arrêté (2005) – une relecture d’un film américain de James Toback.

Un duo de choc.
Cette histoire d’amour, d’une noirceur quasi omniprésente, aurait pu tomber dans l’esbroufe, la convention et la redite sans la capacité qu’a le cinéaste à transcender le matériau de base. Le talent à l’état brut semble être le mot d’ordre de ce film, à l’image de ses deux comédiens principaux. Marion Cotillard, admirable de fragilité, de dureté, de colère, de désespoir ; Matthias Schoenaerts (révélation de Bullhead), hallucinant de présence physique, d’intensité dramatique, de pulsions immorales. L’osmose entre les deux protagonistes est la première source d’identification que peut s’offrir le spectateur.

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2 Commentaires

Rosebudspencer 21/05/2012 - 21:24

Merci, Jonathan, pour ce commentaire.

Les menus défauts sont à peu près les mêmes que ceux que tu as mentionnés. il y a, par moments, des raccourcis, des petites facilités purement structurelles.

Après, son refus du spectaculaire maintient la curiosité. Serait-ce une absence d’ambitions ou plutôt une limite qu’Audiard ne veut pas franchir, car il connaît probablement ses lacunes ? La question mérite d’être posée.

Reste que le film contient une grande puissance émotionnelle et que le talent d’Audiard fait passer ces petits falbalas.

Jonathan Placide 20/05/2012 - 23:00

Assez d’accord avec toi sur l’ensemble. Même si j’avoue trouver qu’il s’agit au contraire du meilleur film de Jacques Audiard. Surtout que contrairement à toi, je n’apprécie que peu ces deux films précédents (De Battre Mon Coeur s’est arrêté, et Un Prophète). A un moment donné de ton article, tu mentionnes de menus défauts. Permets-moi de te questionner sur ceux-ci. A savoir quels sont-ils selon toi.
Personnellement, ce qui m’a gêné, c’est le Deus Ex Machina qui donne lieu au déménagement (j’ai évité le spoiler, seuls ceux qui ont vu le film comprendront), qui m’a semblé un peu tiré par les cheveux, où comme dirait Eric Judor « Le hasard comme par hasard ». L’autre chose qui m’a gêné, et ce n’est pas la première fois chez Audiard, c’est son refus du spectaculaire. Qu’il filme les combats ou l’accident, il se refuse à montrer les impacts. ça m’embête car j’ai du mal à voir d’intérêt dans cette démarche autre qu’une solution de facilité ou un refus de faire comme tout le monde de la part de son auteur.
Reste que le film m’a bouleversé. Et bienvenue à arlyo, Guillaume !

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