Un scénario époustouflant !
Ensuite, il y a une aisance scénaristique évidente… Cette progression dramatique, nourrie de l’entretien d’un espoir de vie retrouvé, se retrouve complètement chamboulé par des ruptures de ton tout à fait surprenantes – que l’on ne dévoilera pas ici – appuyant brillamment des séquences déterminantes, aussi fortes et dures qu’inattendues…
Le film mêle le psychologique et le corps, d’une manière alternative, tout en n’oubliant jamais de glisser des instants suspendus de lyrisme. Pourtant, l’œuvre n’est jamais confuse, toujours lucide sur ces transferts dramaturgiques. On a l’impression, dans un tout premier temps, que certaines phases dans la caractérisation des personnages ne sont pas aussi abouties que d’autres (la relation entre Ali et son fils). Alors que les combats du personnage masculin, sont filmés simultanément aux instants de grâce sous-marins. Ce procédé procure une audace presque métaphysique à l’ensemble. Puis les personnages sont confrontés à des moments qui sonnent comme de terribles électrochocs. Cela expliquerait certaines scènes un peu trop rapidement évacuées.

De Rouille et d’Os : test réussi !
Si, avec ces menus défauts, De Rouille et d’Os est peut-être légèrement inférieur à ses deux films précédents (et encore ceci est entièrement subjectif), il confirme le statut et la place d’Audiard dans le paysage du cinéma français. Une personne qui aligne une œuvre d’une cohérence absolue et qui ne cesse de gagner en maturité. Notamment, en choisissant des histoires rendues passionnantes par son traitement et par sa direction d’acteurs. En somme, Jacques Audiard est un artiste d’une solidité de fond et de forme.

Si le festival de Cannes contiendrait au sein des films nominés, ne serait-que quelques œuvres d’une aussi bonne qualité, la cuvée serait exceptionnelle.

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2 Commentaires

Rosebudspencer 21/05/2012 - 21:24

Merci, Jonathan, pour ce commentaire.

Les menus défauts sont à peu près les mêmes que ceux que tu as mentionnés. il y a, par moments, des raccourcis, des petites facilités purement structurelles.

Après, son refus du spectaculaire maintient la curiosité. Serait-ce une absence d’ambitions ou plutôt une limite qu’Audiard ne veut pas franchir, car il connaît probablement ses lacunes ? La question mérite d’être posée.

Reste que le film contient une grande puissance émotionnelle et que le talent d’Audiard fait passer ces petits falbalas.

Jonathan Placide 20/05/2012 - 23:00

Assez d’accord avec toi sur l’ensemble. Même si j’avoue trouver qu’il s’agit au contraire du meilleur film de Jacques Audiard. Surtout que contrairement à toi, je n’apprécie que peu ces deux films précédents (De Battre Mon Coeur s’est arrêté, et Un Prophète). A un moment donné de ton article, tu mentionnes de menus défauts. Permets-moi de te questionner sur ceux-ci. A savoir quels sont-ils selon toi.
Personnellement, ce qui m’a gêné, c’est le Deus Ex Machina qui donne lieu au déménagement (j’ai évité le spoiler, seuls ceux qui ont vu le film comprendront), qui m’a semblé un peu tiré par les cheveux, où comme dirait Eric Judor « Le hasard comme par hasard ». L’autre chose qui m’a gêné, et ce n’est pas la première fois chez Audiard, c’est son refus du spectaculaire. Qu’il filme les combats ou l’accident, il se refuse à montrer les impacts. ça m’embête car j’ai du mal à voir d’intérêt dans cette démarche autre qu’une solution de facilité ou un refus de faire comme tout le monde de la part de son auteur.
Reste que le film m’a bouleversé. Et bienvenue à arlyo, Guillaume !

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