Devil May Cry V, le fan service ultime selon Capcom

by Vincent Bonnal
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Devil May Cry V : après pas moins de 11 ans d’absence et un reboot qui a divisé les fans, Dante et son équipe de chasseurs de démons sont de retour pour le plus grand plaisir des joueurs de la première heure !

DMC V (Devil May Cry V) est un jeu édité par Capcom et développé par Capcom Production Studio 1, sorti le 8 mars 2019 sur Xbox One, PlayStation 4 et PC.

Il s’agit d’un beat them all (en français « frappez-les tous »), un sous-genre du jeu d’action dont le but consiste à se frayer un chemin en vainquant un grand nombre d’ennemis.

Cette dénomination est un faux anglicisme, créé de toute pièce par les journalistes français, venant en réalité du terme anglais beat ’em up, à savoir « frappez-les ».

Ce cinquième opus chronologique de la série Devil May Cry originelle marque un retour en arrière de la part de l’éditeur Capcom qui, suite à l’échec du (néanmoins très bon) reboot DmC : Devil May Cry, s’est senti obligé de revenir aux sources et de rappeler les personnages préférés des adeptes de la série de jeux.

Le fan service, une pratique jugée négative, mais sublimée par Capcom                         

Capcom n’a pas voulu prendre de risque cette fois, et le jeu est un pur concentré de fan service (une pratique qui consiste à alimenter la passion des fans avec des contenus souvent superflus). Les demandes de joueurs ont donc été écoutées et DMC V constitue le dernier volet vidéoludique issu de la campagne de réconciliation avec les fans.

Ce qui pourrait sembler une mauvaise idée, en raison de son caractère racoleur et assez négatif, part au fond d’une véritable volonté de la société nippone de faire plaisir à ses fans.

Heureusement pour les joueurs, Capcom a fait un incontestable effort afin de nous offrir un opus frais, survitaminé et 100 % décomplexé dans la digne lignée des précédents Devil May Cry.

Devil May Cry V effectue donc un véritable retour en force de la série en ce début d’année 2019.

C’est par conséquent avec une satisfaction non négligeable que nous retrouvons nos héros tant attendus afin de sauver le monde d’une invasion démoniaque !

Cependant, le fan service et le désir de plaire à ses fans ne font pas nécessairement un bon jeu, alors DMC V est-ce si bien que ça ?

Des graphismes soignés, le RE Engine dans toute sa splendeur !

Devil May Cry V est absolument magnifique, les graphismes s’avèrent époustouflants et on peine à imaginer qu’une PlayStation 4 ou Xbox One puissent faire tourner ce genre de jeu, surtout en 60fps stables (de l’anglais frame rate per second : le nombre d’images affichées à la seconde sur votre écran), et pourtant c’est effectivement le cas !

Devil May Cry 5 est graphiquement très réussi !

C’est une réelle prouesse technique de la part de Capcom et de ses développeurs. Le travail effectué à l’aide du moteur graphique maison, le RE Engine (un moteur créé pour Resident Evil VII en 2017), est sublime.

Le travail sur les environnements et la lumière est très impressionnant, et le niveau de réalisme des personnages et de leurs expressions est largement au-dessus de ce qui peut se faire communément sur le marché.

Une ambiance gothique peu inspirée

Si la modélisation des personnages et des décors est sans défaut, ce n’est pas forcément le cas de l’ambiance générale du titre.

L’aspect gothique est très réussi et les ennemis semblent tout droit sortis de vos pires cauchemars, mais malheureusement on ne traverse pendant l’aventure que peu d’environnements différents, et c’est dommage. On sent qu’ici le jeu manque cruellement d’ambition.

Même s’il est techniquement maîtrisé, DMC V manque d’un peu de fantaisie dans ses décors

On traversera tantôt une jungle urbaine d’inspiration britannique, tantôt un décor sinueux à l’allure infernale, puis c’est le retour en ville, et ainsi de suite. Devil May Cry V aurait assurément gagné à varier ses environnements qui, au final, sont assez banals.

Le titre de Capcom a également perdu son atmosphère oppressante qui pouvait effrayer et mettre les joueurs mal à l’aise. Vous n’aurez pas peur un seul instant dans DMC V.

Les angles de caméra fixe laissent la place à une caméra dynamique et entièrement contrôlable par le joueur : le jeu s’avère plus moderne, mais perd de son identité.

C’est dommage quand on sait que Devil May Cry a été pensé à l’origine comme un titre de la franchise Resident Evil (une série célèbre de jeux d’horreur, aussi éditée par Capcom) !

Une musique et un sound design parfaits !

En ce qui concerne la musique et le sound design, c’est en revanche un sans-faute total pour Devil May Cry V.

Les coups assenés par vos personnages sont brutaux et ont de l’impact en grande partie grâce à l’excellent sound design.

La musique aux notes métal et électro vous donnera envie de réduire à néant quiconque osera traverser votre route, et elle est également dynamique et s’adaptera aux différentes situations que vous affronterez.

On regrettera juste de devoir débourser de l’argent plutôt que de jouer afin d’avoir le droit de faire l’aventure avec les musiques des titres précédents.

Devil May Cry V ou l’épisode qui ne se prend pas la tête

DMC V fait très bien les choses et il se révèle parfois maladroit, mais c’est la plupart du temps anecdotique.

En revanche, ce qu’il fait bien il le fait vraiment très bien !

C’est le cas avec le scénario du jeu et le développement des personnages qui sont autrement plus maîtrisés qu’à l’habitude.

Le scénario est sans circonvolutions, simple et terriblement efficace. On comprend très aisément les tenants et aboutissants de l’histoire et, sans nous tenir en haleine tout le long de sa trame, le jeu sait nous surprendre aux bons moments.

Les interactions entre les personnages et leurs développements se font de manière naturelle, et même ceux qui semblent antipathiques de prime abord sont en fait très attachants.

Les trois personnages jouables de DMC V

Cependant comme dit plus haut, Devil May Cry V est maladroit, voire malhonnête dans le cas du scénario. Est-ce une volonté de la part de Capcom, ou non, impossible à dire.

C’est ce qui arrive avec Devil May Cry V Before the Nightmare, un roman uniquement disponible pour le marché japonais et qui sert d’ouverture à l’intrigue de DMC V.

Il explique les relations entre les personnages nettement mieux que ne le fait le jeu (quant aux premières heures), et nous raconte surtout leurs rencontres et leurs histoires avant celles se déroulant dans le jeu.

Si vous n’avez pas lu le livre ou que vous ne savez pas lire le japonais, vous aurez probablement un peu de mal à saisir l’intrigue de DMC V, tout du moins au début.

Un gameplay jouissif avec du style !

Parlons maintenant du gameplay (la façon de jouer du jeu), et Devil May Cry V fait très fort ! Le gameplay est impeccable, les personnages sont maniables, agréables à maîtriser, et les enchaînements de coups (combo) sont une pure merveille !

Vous prendrez réellement plaisir à chasser les démons avec les trois personnages jouables, différant suffisamment dans leur manière d’être joués pour être frais et divertissants.

Chacun d’eux possède des techniques propres qui sont en vente contre la monnaie du jeu, les démonites rouges : celles-ci sont présentes en grand nombre et vous demanderont pas mal de temps pour toutes les obtenir.

Le système de combo marche sur le principe du « easy to learn, difficult to master » (en français : « simple à apprendre, difficile à maîtriser »), ce qui permet, même dans les premiers niveaux, d’avoir l’impression d’être un chasseur de démons surpuissant !

L’existence du mode de combo automatique permet aussi aux moins acharnés de réaliser les enchaînements les plus complexes très facilement, et c’est très agréable ! Une alternative très appréciable qui ravira les néophytes de la série.

Voir éclater un feu d’artifice de coups enchaînés et de techniques compliquées d’une simple pression de touche est certes un peu fainéant, mais tellement satisfaisant ! Néanmoins, ce mode particulier ne permet pas de ressentir la véritable fierté d’exécuter correctement les combos les plus durs.

Le système de notation ou de « style » est par ailleurs très sympathique, et vous permettra d’obtenir plus de démonites rouges à la fin du niveau, si vous avez réussi à accomplir correctement et à diversifier vos combos durant les affrontements.

Un game design en dents de scie

Le game design est le processus de création et d’établissement des règles d’un jeu, et ici DMC V ne brille pas vraiment.

Les environnements sont très linéaires, et même s’il est possible de se balader un petit peu, on ne pourra s’empêcher de se sentir enfermé et restreint dans notre exploration.

Le jeu nous trace un chemin bien défini qu’il est impossible d’éviter.

On déplorera également l’absence des énigmes qui ont tout bonnement disparu. Elles n’étaient pas forcément compliquées, mais faisaient partie de l’ADN de la série (encore un legs de l’époque où Devil May Cry était en fait Resident Evil 4). C’est pourtant ce qui faisait des Devil May Cry des jeux intéressants, car ils vous permettaient de « mettre votre cerveau en pause » pour mieux le faire travailler à intervalles réguliers.

En ce qui concerne la durée de vie du titre, celle-ci est conséquente et comptez une douzaine d’heures pour le terminer sans vous arrêter dans le premier mode de difficulté. Il y a en tout six modes de difficulté, chacun plus ardu que le précédent !

C’est sans parler des secrets comme les objets à collecter pour améliorer votre personnage et les missions secrètes, tous et toutes présents dans chaque niveau, ce qui vous pousse à explorer chaque recoin de l’aire de jeu.

Un coup de poker réussi de la part de Capcom ?

DMC V a beau être un excellent cru de l’année 2019, il souffre cependant de quelques manques de jugement sans lesquels il aurait pu faire une suite parfaite.

Le jeu est une version modernisée de ses prédécesseurs, et si manette en main c’est un véritable plaisir, on regrettera tout de même la disparition de certains points faisant l’identité de la série.

Le bon :

  • Des graphismes sublimes ;
  • Le retour de Dante et de son équipe ;
  • Des personnages très bien modélisés et très attachants ;
  • Un gameplay à la fois complexe et terriblement jouissif ! ;
  • Un scénario qui ne se perd pas en complexités ;
  • Une bande-son et un sound design absolument parfaits.

Le mauvais :

  • Un game design maladroit ;
  • La disparition des énigmes et des angles de caméra fixe ;
  • Devil May Cry V Before the Nightmare ;
  • DMC ne fait plus peur, c’est dommage.

Devil May Cry V est un très bon jeu. Seulement, il manque de finitions et on aurait aimé que plus de soins lui aient été prodigués sur certains points.

Malgré cela, n’hésitez surtout pas à vous l’offrir. Que vous soyez fan ou néophyte de la saga, Devil May Cry V en est un digne représentant.

À la fois magnifique et possédant un gameplay jubilatoire, il mérite amplement sa place au sein de votre ludothèque !

Et si vous n’êtes pas convaincus, une édition définitive avec tous les contenus additionnels à venir sortira probablement d’ici quelques années ! Comme le dit si bien notre chasseur de démons préféré : « Jackpot !! ».

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