Festival Démon d’Or 2019 : l’immanquable cure sonore en pleine nature

par Nelly Pailleux
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« C’est un trou de verdure où dansent les noctambules
Se trémoussant gaiement au rythme du bon son
Vibrant ; où le soleil, de ses rayons qui brûlent,
N’a su ternir en rien cette quinzième édition. »

Ce dernier week-end de juin, le festival Démon d’Or a fait vibrer les collines de Poleymieux aux rythmes les plus endiablés de la scène actuelle. Mais au-delà d’un festival de musique, Démon d’Or offre une véritable expérience onirique et bienveillante, dans un cadre idyllique.

Trois scènes, trois dimensions

Le festival Démon d’Or a cette caractéristique de ne pas être étiqueté d’un style musical en particulier, et pourtant, de proposer des artistes extrêmement talentueux dans leurs domaines. Cette année, trois scènes se dressaient sur le festival : une reggae/dub aux basses si lourdes que les tentes en tremblaient ; une autre électro/techno qui accueillait des artistes rap ou pop en début de soirée pour chauffer la foule ; et enfin celle bass music/trance, El Castillo, où les artistes mixaient sur une structure spectaculaire de plus de dix mètres de haut.

La scène El Castillo
Photo : Léo Delpech

Côté programmation, rien n’est à jeter. Le vendredi soir, sur la scène centrale Luchador, le duo Jahneration a livré un show spectaculaire, chauffant (enflammant) la foule comme il sait si bien le faire. Puis au creux de la nuit, le masque sombre de Malaa a sonné l’heure de gloire des basses, pour le plus grand plaisir des festivaliers. La soirée s’est terminée en apothéose avec un set d’AZF, toujours plus impressionnante de technique et de talent.

Le samedi, sur la scène Luchador encore, la soirée a commencé (un peu) plus en douceur, malgré un public de convaincus, avec Maxenss, La Yegros et Columbine. Puis Thylacine a livré un show qui méritait qu’on s’y arrête. Au milieu de son (excellent) mix, l’artiste n’hésite pas à prendre son saxophone ou ses percussions pour donner davantage de vie à sa performance, le tout accompagné d’une scénographie soignée avec des images de voyages. Une transition en douceur avant l’anarchisme général et génial de Bagarre, qui a invité les membres de Bagarre générale pour un live musical saupoudré de prestations de catcheurs. La barre était haute pour Contrefaçon, le dernier groupe de la scène, mais le défi a été relevé avec brio.

Thylacine
Photo : Léo Delpech

Sous le chapiteau toujours bondé de la scène Dub Arena, absolument rien n’était à jeter. La scène emblématique du festival a ses adeptes, et un sound system bien réglé pour les satisfaire. Pour Weeding Dub, c’est bien simple, le chapiteau débordait de danseurs… Et d’après les retours clamés dans le camping, les aficionados ont été conquis.

Par-delà les murs du son

Et si Démon d’Or se révèle tellement qualitatif, c’est aussi grâce à l’atmosphère douce qui règne dans le festival : entre les habitués au campement installé depuis le vendredi 14 h, les adolescents venus voir leur premier concert en plein air, en passant par les familles, les voyageurs et les groupes d’amis qui s’y retrouvent tous les ans, l’ambiance est franchement bonne. La journée, les fosses se transforment en aires de détente, avec différents jeux proposés. Dans le camping, des stands de vente de bijoux amazoniens, de massage, ou encore d’« éco-orgasme » se font une place dans l’enchevêtrement de tentes. De nombreux food trucks variés proposent une nourriture qui, en plus d’être délicieuse, est réalisée avec des produits locaux, bio ou issus du commerce équitable. Enfin, en ce qui concerne la sécurité des festivaliers, des stands de prévention des risques en milieu festivalier sont présents sur le site (contraception, protection auditive, prévention d’usage de substances illicites).

Mais le point vraiment remarquable est surtout à attribuer à la compétente et sympathique équipe de bénévoles, qui a arpenté les lieux pendant trois jours avec des brumisateurs, en proposant des bouteilles d’eau fraîche et en répétant aux festivaliers de rester hydratés, ce qui n’était pas de trop quand le mercure affichait 36 °C.

L’indépendance comme identité

Au-delà de cette quinzième édition, il est nécessaire de rappeler que Démon d’Or est un festival indépendant (oui !), qui prône « la convivialité, le partage, la citoyenneté, la responsabilité environnementale et sociétale ». En ces temps d’augmentation des coûts de production et de fonctionnement, et de concentration économique de la culture aux mains de quelques groupes seulement, assister à un festival tel que Démon d’Or est presque un acte engagé. Il s’agit de soutenir l’indépendance, la diversité de la culture des festivals « ouverts, solidaires, soucieux de leur impact et appuyés par une autre vision de l’économie, plus humaine, plus sociale et plus solidaire ».

La liste des festivals qui s’engagent dans cette démarche est ici.

Turbulent, Démon d’Or ? Peut-être, mais surtout incontournable.

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