Feuilleton – Episode pilote : « Le Club des 9 »

par David Béraud
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Mon monde est une jungle urbaine faite de barres de bétons et du bitume. Tout s’est perdu en si peu de temps, le respect en occurrence s’est barré en 2025. Enfin tout le monde dit qu’en ville, c’est parti en vrille à ce moment. En ce qui me concerne, tout a commencé pendant mes années de lycéen ; c’est a cette époque que la petite équipe s’est mise en place. Une bande de gosses enfermée dans un internat, des vies, des cultures et des idées différentes. Des personnalités et des caractères affirmés…

Rémy, c’était le genre de mec qui va dire « t’inquiète, ça va se passer tranquillement ! » Et une heure après tu te surprenais à lui dire, « putain, t’as toujours des plans bidons ». Avec le temps, je pensais que ça allait s’arranger, mais non, c’est toujours l’as des plans débiles à deux balles. Mehdi, le chat noir, celui que l’on pouvait mettre dans n’importe quel groupe et c’était la tuile assurée. Quand on était tous les trois, j’avais trois chances sur deux de finir en garde à vue. Il y avait aussi Mélanie et Isaze, les meufs, la blonde et la brune, le duo de charme. Nos deux aimants à boulet, mais aussi nos atouts « passe-partout ». J’ose à peine parler du geek Fredine que l’on comptait dans nos rangs, le mec qui pouvait draguer la plus belle femme sur un mal entendu ; et qui pouvait la planter le soir-même pour une soirée LOL, League Of Legend ! Rien que d’y penser, j’en rigole encore. James était notre psychopathe à nous, quand on avait une embrouille, on l’envoyait en première ligne. Il réglait l’histoire en deux, trois mouvements…. Léger strabisme, il parlait peu, frappait fort, souvent à tort et peu à raison, le tout en fumant un joint entre deux clopes. Et il y avait aussi, Sté, celle qui allait devenir ma femme, celle qui allait engrener dans un univers de fou… Avant elle, je me foutais des traboules, des catacombes et des énigmes. Avant de traîner avec eux, j’étais juste un petit con.

Aujourd’hui, je suis sûrement bien moins con maintenant, mais putain, je passe toujours d’une  galère à une autre ! Putain de galère. Celle-ci, je pense que c’est celle de trop… Je me retrouve en calbar, rue du Petit David, menotte au poignet gauche, attaché à un poteau, juste en face d’un bar à pute. Je fume un cigarillos, offert par l’homme que je devais filer. Je crois que tout ne s’est pas passé comme je voulais, au bout de quelques mètres, il m’a repéré, interrogé, avant de me dépouiller.

Ca fait partie du jeu, mais je déteste quand les règles tournent dans ce sens. Ceci-dit, ça reste un jeudi soir ; peu ordinaire pour un privé. Dans l’oreillette, j’avais entendu Manu me dire qu’elle arrivait, pour me récupérer ! Enfin ça, c’était il y a une heure… Manu, c’est la dernière arrivée dans le club des 9. Sa spécialité, les voitures, du moins les belles voitures, les tailleurs, les bijoux et tout ce qui brille. Manu, c’est notre escroc maison.

Quelle idée j’ai eu de me laisser entraîner dans ce projet. On m’avait dit « T’inquiète, c’est tranquille, ça va se faire tout seul, et on va bien délirer tous ensemble ». Au départ Rémy voulait simplement rendre service à une amie. Elle voulait « juste » avoir des informations sur son mari. Quand cette première mission fut terminée, le montant du chèque a fini de nous convaincre que l’on pouvait monter une boîte ensemble.

C’est ainsi qu’est né le Club des 9.

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