Junji Ito : le maître de la J-Horror (partie 2)

par Jonathan Placide
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Nous entamons la deuxième partie de ce dossier consacré à Junji Ito à partir de l’année 1995. Pour lire la première partie, si ce n’est déjà fait, rendez-vous ici.

 

Le journal maudit de Soïchi (1995) manga de Junji Ito

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Ce livre-ci fait donc logiquement suite au Journal de Soïchi avec un titre quasiment similaire. Et malheureusement, force est de constater que l’on perd encore en qualité, à croire que le personnage de Soïchi ne réussit guère à l’auteur. Car si on pouvait estimer l’univers précédent proche de celui d’un Stephen King en petite forme, cette fois, c’est plus vers R.L. Stine qu’il va falloir se tourner.

Oui, vous vous souvenez ? R.L. Stine, l’homme qui fit trembler les 6-7 ans avec la saga littéraire Chair de Poule, suivie de son adaptation télévisée et qui, mine de rien, avant J.K. Rowling et Harry Potter, remis la lecture au goût du jour pour les jeunes générations ; mais ne nous égarons pas. Trop peu de frissons parcourent ce Journal maudit de Soïchi, volontairement infantilisant, où le personnage principal peine à effrayer son entourage à cause de son grand-frère qui veille au grain.

Ce que le récit perd en frissons, il le gagne en drôlerie, comme si Ito cherchait à lorgner vers le cinéma de Joe Dante, mais avec bien moins de virtuosité. Lorsque l’horreur vient enfin, c’est lors de la dernière histoire courte qui mettra fin à l’histoire du personnage, en en faisant apparaître un nouveau, mais nous ne vous spoilerons pas. Surtout que l’auteur et l’éditeur ont vraiment tout fait pour que cette fin soit surprenante : afin de préserver le suspens, l’explication du nouveau personnage vient dans le récit suivant, écrit en 1992, mais placé après les premiers datant de 1995. Et malgré qu’elle soit antérieure et sans Soïchi, c’est peut-être la meilleure histoire des livres consacrés à ce personnage.

Le cirque des horreurs (1995), manga, de Junji Ito
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Cette anthologie d’histoires courtes publiées entre 1991 et 1995 commencent par la nouvelle éponyme. À savoir l’histoire d’un cirque où chaque numéro se termine par la mort de ceux qui les font, une histoire bien anecdotique, bien que volontairement trash, dont même la fin ne saura guère nous surprendre. À ne pas confondre avec le film du même nom réalisé par Sidney Hayers en 1960, les deux récits n’ont rien à voir.

La ville aux pierres tombales est, en revanche, un petit bijou dérangeant et totalement immersif où un couple décide de cacher un cadavre dans le coffre de leurs voitures après avoir renversé une jeune fille par erreur. Manque de chance pour eux, ils se rendent dans une ville pour le moins étrange remplies de pierres tombales, où on leur apprend que chaque personne qui y meure doit rester à l’endroit où elle a périe. On va ici de surprise en surprise, dans cette histoire graphiquement intéressante et novatrice jusqu’à un dénouement glauque au possible, et forcément sans issue.

L’histoire suivante, la fenêtre d’à côté, est très courte, mais propose une quinzaine de pages des plus terrifiantes jusqu’à un final en apothéose (qui aurait pu ouvrir sur une suite, mais qui fonctionne également très bien de la sorte). On y suit un jeune garçon persécuté par la vieille femme monstrueuse vivant dans l’appartement d’à côté et apparaissant à sa fenêtre chaque nuit.

Les deux récits suivants content l’histoire d’une famille et ont pour titre principal Les mystérieux enfants Hikizuri. C’est l’occasion pour Junji Ito de reprendre l’humour noir des deux volumes de Soïchi, en suivant une famille portée sur le meurtre et tout ce qui touche au spiritisme. Bien que cela fonctionne, ce n’est malheureusement pas là où il excelle. Pour la première fois, on se retrouve même avec une drôle d’incohérence dans le récit, ce qui est fort dommage.

On quitte donc ce recueil encore une fois sans être totalement convaincu, à deux exceptions près.

La femme limace (1995), manga, de Junji Ito
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Avec un tel titre et une telle couverture, on sait directement qu’il va falloir avoir le cœur bien accroché avant de lire ce recueil. Et effectivement, nous sommes ici face à des récits dans la veine lovecraftienne de l’auteur, où l’histoire importe moins que les images qui vont en découler. Et force est de constater que cela commence de travers avec La femme limace, suivant la transformation kafkaïenne d’une femme en limace, rien d’autre. Et pourtant, cette petite nouvelle d’une quinzaine de pages est écœurante et terrifiante à souhait.

L’épave fonctionne sur le même principe avec la découverte d’un monstre marin géant à la peau translucide, échoué sur un rivage et dont l’ouverture fera découvrir des centaines de personnes à moitié vivante. Un autre petit chef d’œuvre d’écriture et de dégoût dont la fin est volontairement ouverte, afin de laisser le lecteur réfléchir à l’horreur qu’ont vécu les survivants. Diabolique !

Moisissures raconte l’histoire d’un propriétaire obsédé par la propreté et qui découvre que ses anciens locataires ont laissé l’appartement dans un état déplorable. Il va alors chercher à le nettoyer, sauf que les moisissures ne cessent de revenir… Ici, Ito joue avant tout sur le principe de l’histoire paranoïaque mais parvient encore une fois à emporter l’adhésion grâce à un final graphique une fois de plus écœurant.

Frissons de fruit joue sur le registre assez éculé de l’objet maudit, ici une amulette, mais parvient très vite à s’en défaire grâce à cette idée selon laquelle le possesseur de l’objet en question voit sa peau se remplir de trous géants. L’idée ne fonctionne à nouveau que sur les visions graphiques de l’auteur, proprement terrifiantes, et même si l’histoire est toute simple, cela fonctionne une fois de plus, tant le trait d’Ito est fascinant.

L’auberge est à mi-chemin entre l’univers de Lovecraft et celui de Clive Barker. Un homme se rend dans une source chaude où il découvre que la plupart des gens qui y sont ont la peau brûlée. Cette histoire peut sembler plus faible que les autres tant sa finalité est courue d’avance, mais en soi, elle fonctionne tout de même plutôt bien.

La tuyauterie gémissante fonctionne, quant à elle, plutôt comme un épisode des Contes de la Crypte, avec ses personnages méchants, obsédés par la propreté (comme auparavant le personnage central de Moisissures) qui vont se retrouver face à une vengeance diabolique. Le récit semble ici emprunter des codes de suspense purement cinématographique, jouant avant tout sur les bruits, ce qui est extrêmement difficile à faire dans une bande dessinée, pour créer son atmosphère. Simple, et efficace, mais encore une fois réussi.

On termine avec La maison bio, qui est une relecture ultra gore de l’introduction de Dracula de Bram Stoker. On y découvre une secrétaire invitée à dîner chez son patron qui découvre que celui-ci n’est autre qu’un vampire sanguinaire. Junji Ito sombre dans le grand guignol, mais réussit tout de même à créer son petit effet, malgré un graphisme hésitant qui réduit l’impact du récit. C’est aussi l’histoire la plus ancienne de l’ouvrage, puisqu’elle date de 1987.

En conclusion, si vous en avez le courage, La femme limace est un des meilleurs recueils de l’auteur.

Le mort amoureux (1996), manga, de Junji Ito
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Avec ce manga, Junji Ito se lance dans le récit horrifique paranoïaque, et c’est l’ombre du grand John Carpenter qui semble planer ici, que ce soit par l’emploi du brouillard (Fog) ou par la narration même (L’antre de la folie). Pourtant, malgré ces influences, le mangaka réussit une fois de plus à créer une histoire très originale, qui prend pour origine quelque chose qui semble le fasciner, à savoir une légende urbaine. On dit au japon, que par les jours de brouillard, si l’on se met à un coin de rue et que l’on demande à la première personne que l’on croise si l’on sera chanceux en amour, alors son vœu se réalisera.

À partir de là, Ito imagine une histoire de rédemption et de manipulation teintée de fantastique, dont on ne dira guère plus tant le récit est riche en rebondissement. On est clairement face à un récit cruel et terrifiant, un véritable chef d’œuvre qui se permet quelque chose d’assez inédit à ma connaissance, à savoir, proposer en guise d’explication finale, deux possibilité, laissant le lecteur choisir laquelle il préfère, à moins que les deux ne soient fausses… Bref, du grand art qui devrait hanter vos nuits un long moment après sa lecture. Notons que le titre est une référence voulue à La Morte amoureuse de Théophile Gautier, mais vous expliquer en quoi serait vous spoiler l’histoire.

Le mort amoureux est un chef d’œuvre, à lire d’urgence !

Le Tunnel (1997), manga de Junji Ito

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Ce recueil d’histoires parues entre 1995 et 1997 est l’un des plus réussis, et surtout l’un des plus étonnant par l’incroyable imagination dont fait preuve l’auteur.

Dans De Longs Rêves, il est question d’un homme qui se plaint, dans un hôpital, que ses rêves lui semblent durer des jours entiers et lui paraissent de plus en plus longs. La suite de l’histoire est tout aussi originale et devrait en surprendre plus d’un par son inventivité.

Le Tunnel parle… d’un tunnel, qui attire les gens afin qu’ils s’y suicident. Un homme revient dans sa ville natale pour enquêter là-dessus, et résoudre le mystère du suicide de sa propre mère des années plus tôt. S’il s’agit peut-être de l’histoire la moins originale du roman, elle n’en demeure pas moins terrifiante et rondement menée.

Le buste de bronze conte l’histoire d’une femme obsédée par son physique, au point d’avoir fait réaliser une statue de bronze à l’image qu’elle se fait d’elle-même, et de défier quiconque n’aime pas sa statue. Le récit, bien que très court, emprunte le schéma des trois actes (introduction, péripéties, conclusion) jusqu’à un final tout aussi horrible que moral, dans la lignée des Contes de La Crypte, encore une fois, mais en bien plus macabre.

Les noiraudes étonne par son originalité, puisqu’il y est question de petites boules de poils qui se créent à partir des pensées impures des êtres humains et se mettent à proliférer jusqu’à ce que le monde entier en soit rempli. Tout comme le récit précédent, l’histoire est très morale, mais se situe pourtant plus dans la veine paranoïaque de l’auteur.

Le recueil se termine enfin avec la très gore Histoire sanglante du village de Shinusuna, où un médecin s’installe dans un village où les habitants ressemblent plus à des zombies qu’à des êtres humains, et perdent régulièrement des litres de sang. Dans cette histoire encore une fois très originale, Ito nous réserve une petite surprise en hommage à La Guerre Des Mondes de H.G. Wells qui n’est pas pour nous déplaire.

En conclusion, nous sommes sûrement ici en face du meilleur recueil d’histoires courtes de l’auteur, un véritable sans faute bourré d’imagination, terrifiant et où chaque récit possède son propre rythme et son atmosphère.

Le voleur de visages (1997), manga de Junji Ito
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Il s’agit d’un recueil d’histoires courtes publiées entre 1987 et 1997 ayant pour thème le visage.

Dans la première histoire, Le Voleur de visages, une jeune fille a la faculté de changer de visages dès qu’elle reste quelques temps avec quelqu’un. Même si le thème est intéressant, c’est peut-être la plus faible histoire du recueil, le dessin y est assez confus (celle-ci date de 1987 et fait donc partie des premières oeuvres d’Ito) et la conclusion un peu trop tirée par les cheveux, bien qu’excellente.

Les épouvantails est véritablement une histoire fascinante à propos d’épouvantails plantés sur des tombes qui prennent le visage de leurs occupants. Le récit est superbement menée jusqu’à  une conclusion malheureusement décevante, ce qui est bien dommage.

On continue avec Chutes, qui raconte la disparition mystèrieuse de 200 personnes en même temps dans un village. Cette fois, c’est la tragédie et la tristesse qui sont les caractéristiques principales, bien plus que la peur. Et c’est maîtrisé de bout en bout jusqu’à un final d’une cruauté absolu.

Dommage que le récit suivant, Les fils rouges, sombre légèrement dans le grotesque avec ce garçon qui, dès le lendemain de sa rupture, voit des fils lui pousser sur le corps. Néanmoins, ce qui rend l’histoire intéressante, c’est que Ito fourni à nouveau deux explications possibles aux événements, comme il l’avait fait dans Le Mort Amoureux, laissant le spectateur choisir l’explication qu’il préfère. Même si, cette fois, la fin vient l’aiguiller sur laquelle des deux était la bonne.

Passons désormais à l’histoire Lovecraftienne du lot, et sans doute le chef d’œuvre du recueil, à savoir Mes ancêtres, où un jeune garçon aide sa petite amie à retrouver la mémoire qu’elle vient de perdre. Si vous pensez que cela à quoi que ce soit à voir avec la comédie romantique Amour et Amnésie, vous êtes à mille lieues d’imaginer à quel point vous êtes loin du compte. Ici, on a affaire à une histoire abominable, aussi bien dans son récit que graphiquement, avec un monstre aussi horrible visuellement que superbement imaginé et dessiné.

Les ballons aux pendus est une histoire d’apocalypse qui démontre bien le talent de l’auteur pour le dessin horrifique. Car dans les mains d’un autre, cette histoire de têtes coupées géantes en forme de ballons qui cherchent à pendre ceux dont elles ont copiées le visage aurait pu être ridicule. Ici, à condition de faire preuve de suspension d’incrédulité, l’histoire est effrayante et, vous vous en doutez, ne risque pas de bien se terminer…

Rémina (1997), manga de Junji Ito
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Cette fois, il ne s’agit pas d’un recueil de nouvelles mais d’une histoire longue, accompagnée en bonus d’une histoire plus courte. Commençons donc par la pièce de choix : Rémina.

Voilà une histoire qui nous fait aller de surprise en surprise, car l’auteur débute par une scène de crucifixion en public, évoquant l’imagerie médiévale, puis l’histoire part en flashback pour nous faire découvrir que nous sommes en fait… dans le futur.

À partir de là, nous suivons une jeune fille nommée Rémina, dont le père décide de donner le nom à une planète s’approchant dangereusement de la Terre en engloutissant tout sur son passage. Le récit passe de la science-fiction pure et dure au fantastique le plus débridé et lovecraftien (la planète est composée d’un œil immense et d’une langue gigantesque) avant de se poursuivre en récit apocalyptique puis en survival, lorsque le peuple juge Rémina responsable de leur futur anéantissement. Ito se sert ici de la fin du monde pour montrer comme un événement peut facilement faire ressortir la folie meurtrière chez tout un peuple. Car c’est avant tout de cela dont il est question, à savoir la folie de l’homme, sous tous ses aspects.

Rémina serait d’ailleurs, en soi, très proche du chef d’œuvre, s’il ne cédait malheureusement à quelques facilités scénaristiques en cours de route pour préparer son final (un abri anti-atomique qui survit à la quasi-destruction d’une planète… mouais). C’est néanmoins l’un des récits les plus surprenants de l’auteur, et dont l’imagerie fait partie des plus marquantes.

En bonus, l’éditeur nous gratifie d’une histoire étrange intitulée Sept Millions de Solitudes. Ce petit chef d’œuvre suit l’enquête d’un jeune homme sur la raison pour laquelle de nombreux corps sont retrouvés cousus les uns aux autres. Si l’histoire a une conclusion traumatisante, l’enquête, elle, n’en a pas ; vous voilà prévenus. Mais peu importe, car la conclusion est si terrible, et l’ambiance de l’histoire si pesante, que vous devriez en faire des cauchemars pendant un certain temps, et c’est tout ce qu’on demande lorsqu’on achète un tel objet.

Frankenstein (1998), manga de Junji Ito
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Voilà qui ne pouvait être que fascinant, et qui ne déçoit absolument pas : Junji Ito, le maître du manga horrifique s’attaque à l’adaptation du plus grand des romans gothiques, le Frankenstein de Mary Shelley. Je ne vais pas y aller par quatre chemins, j’ai vu la quasi-totalité des adaptations de Frankenstein, dont certaines que je considère comme des chefs d’œuvres absolus (La fiancée de Frankenstein, James Whale, 1935 ; Frankenstein s’est échappé, 1957, Terence Fisher ; l’exceptionnelle parodie Frankenstein Junior, 1974, Mel Brooks ; et le complétement taré et très librement adapté Frankenhooker, 1990, Frank Henenlotter), mais celle-ci est la seule qui, selon moi, parvient à réellement retrouver l’atmosphère gothique du roman original. Déjà, le manga est très fidèle au roman, ce qui est rare, mais alors qu’il paraît bien plus sombre, il est néanmoins moins violent (plusieurs meurtres n’y figurent pas), car l’idée de génie de Ito consiste à resserrer au maximum l’intrigue, afin que l’atmosphère puisse s’imprégner au mieux sur le lecteur. Le graphisme aux noirs profonds est parfois proche de la gravure et nous plonge très facilement dans l’époque, tandis que son sens du détail pour le grotesque ne manquera pas de rendre la créature aussi pathétique qu’il le faut. Et s’il modifie légèrement la fin du roman, c’est avant tout pour en amplifier la puissance évocatrice par le biais de son format (le manga face au roman). Une œuvre monumentale, tout simplement.

S’ensuit la très courte histoire Les funérailles des poupées infernale, qu’il n’est pas interdit de voir comme une suite à La maison de poupées parue dans un tome précédent. Ici, il est moins question de scénario, que l’on peut résumer facilement par la mort d’une jeune fille se transformant en poupée et la décomposition de son corps, que d’amener le lecteur à une illustration finale diabolique. Anecdotique, certes, mais terriblement efficace.

Ito décide de conclure ce recueil, le dernier de la collection des rééditions de ces histoires, par une histoire humoristique qui ne possède aucune valeur pour nous, les européens, à savoir Souvenir de crottes réalistes. En effet, il faut comprendre que les japonais sont très portés sur l’humour scatologique. En soi, cela ne me dérange pas lorsque celui-ci est bien fait, notamment chez Akira Toriyama, mais parfois, le simple fait de parler de crottes les fait rire, comme c’est le cas ici. Mais j’imagine que cette histoire a surtout été incluse pour faire décompresser le lecteur, tout comme la postface humoristique située juste après mettant en scène l’auteur lui-même face au personnage de Tomié.

En tout cas, rien que par le titre éponyme, ce recueil vaut clairement son prix. Si vous aimez l’œuvre de Shelley et celle d’Ito, n’hésitez pas !

Dans la troisième partie, nous parlerons des œuvres sorties après la collection « L’intégrale des oeuvres de Junji Ito », et nous évoquerons notamment les adaptations cinématographiques des mangas. À bientôt sur Arlyo, et bonne lecture !

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