Avant d’arriver à des œuvres comme celles-ci, le body-painting a connu un long parcours. Car la peinture corporelle n’a pas toujours été l’art que l’on peut observer de nos jours. Il n’est pas non plus toujours une forme d’art. Dès l’aube de l’humanité, nos ancêtres ont mis à profit la terre, l’argile ou le charbon afin de se peindre le corps, sans doute pour assurer le camouflage de chasse, assumer l’identité du clan ou partir en guerre. Les sociétés tribales ont perpétué la tradition, se servant de pigments lors de rites religieux, festifs ou identitaires. Ainsi, dans certaines tribus noubas du Soudan, les peintures corporelles indiquent l’âge et la place des hommes dans la société. Mais elles ne se sont pas arrêtées aux frontières des sociétés dites modernes. La tradition se perpétue encore sous toutes sortes de formes. Bien sûr, les soldats peuvent encore se camoufler à l’aide de peinture sur le visage, mais un bon exemple de peinture corporelle est celui du henné : les femmes, de l’Inde au Maghreb, ont pris l’habitude de se servir des pigments de cette plante pour se tatouer temporairement les mains et les pieds lors de cérémonies religieuses ou de mariages.

C’est cet aspect éphémère de la peinture corporelle qui lui donne en quelque sorte un sens. Contrairement au tatouage qui est quelque chose de très réfléchi (normalement), car définitif (normalement), le body-painting laisse le loisir de faire du corps un brouillon et donne donc place à la spontanéité dans l’œuvre. On se dessine sur le visage d’abord pour être beau, le maquillage en témoigne, et pour s’amuser, le carnaval en atteste. C’est d’ailleurs pour ça que le body-painting est un art de performance. Le simple fait de regarder l’artiste peindre est artistique en soi, et seules les photographies du modèle permettent de médiatiser les œuvres. Le corps devient alors support artistique éphémère et spectaculaire. Aussi, les festivals de body-painting se multiplient, le plus important étant le World Bodypainting Festival en Autriche. Mais il existe également une scène artistique de peinture corporelle en France. Par exemple, un graffeur lyonnais répondant au doux nom de G-KILL, s’est spécialisé dans le domaine. Peignant essentiellement sur des femmes nues, il réussit sur ses modèles à allier la culture du street art et l’érotisme dégagé par le corps féminin. Ses travaux sont disponibles à cette adresse.

Illustration : peintures d’albums de Pink Floyd sur le dos de femmes dénudées, imaginé par feu Storm Thorgerson, illustrateur du groupe.

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1 Commentaire

sascorse 13/03/2014 - 18:26

De l’art, de la bonne meuf, G-KILL s’approche d’une forme de langage universel.

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