Découverte du coupé-décalé avec la collaboration de deux chorégraphes, Robyn Orlin et James Carlès. Ce spectacle de deux actes est passé au Centre culturel Charlie Chaplin à Vaulx-en-Velin lors de la 16e Biennale de la danse de Lyon. Le premier acte est chorégraphié par Robyn Orlin et exécuté par James Carlès jouant le rôle du sapeur. Le second, chorégraphié par James Carlès, comprend cinq danseurs : Stéphane Mbella, qui était rugbyman dans l’équipe de France et qui en est parti pour faire de la danse ; Brissy Akezizi, qui fait en même temps du foot au niveau professionnel ; Gahé Bama, Clément Assémian et Franck Serikpa, qui sortent de formations de danse différentes.

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James Carlès – Coupé-décalé, Acte 1, chorégraphie de Robyn Orlin

Le solo réalisé par James Carlès retrace ses origines et celles de la danse sur un ton comique. L’interaction avec le public est constante tout le long de ce premier acte. Le solo est basé sur les nouvelles technologies avec un iPad et un iPhone qui permet de le filmer et de passer des vidéos avec une projection en simultané sur scène, ceci accompli par une personne du public : son valet. Le comique prend toute la place aux dépens de la danse. Il permet de faire une ébauche d’explication sur le coupé-décalé. L’ironie est peut-être un peu trop autoritaire dans certaines blagues. La danse apparaît lorsqu’il se dénude pour caricaturer différentes danses telles que les claquettes, le jazz et la rumba. Elles sont très bien exécutées. Un jeu de tissu dansé bien chorégraphié se forme pour lui faire une robe.

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Coupé-décalé, Acte 2, chorégraphie de James Carlès

Le second acte commence dans un brouhaha racontant des histoires sur les cinq danseurs. On trouve à plusieurs reprises du chant mettant le public dans l’ambiance africaine. Le fil conducteur de cette partie n’est pas assez explicite. L’ensemble est rythmé et dynamique. Cet épisode met en avant la relation et la réflexion à l’argent. Les personnes sont comme les chiens attirés par les os. Mise en avant du coupé-décalé avec le fouka fouka. La danse est sensuelle, voire sexuelle, avec des déhanchés et des démembrements.

Le but de ce spectacle est de faire découvrir au public une autre danse urbaine : le coupé-décalé. Elle est apparue dans les années 2000 à Paris, mélangeant notamment la rumba congolaise et le hip-hop. Ce spectacle est en tournée en France, particulièrement en Picardie et à la Réunion. Pour les chorégraphes, l’interaction avec le public était inévitable, car dans la culture africaine il n’y a pas de séparation avec le public. Tous les publics ne sont pas aussi réceptifs, mais on trouve toujours un moyen pour l’interaction, car il y a toujours une personne qui participe.

Dans le premier acte, on parle du sapeur. C’est une sorte d’éducateur et de dandysme congolais, appelé aussi SAPE. Ce spectacle est un mélange de danses africaines et contemporaines. Pourquoi ce mélange ? Pour James Carlès, dans la danse africaine, l’écriture est rythmique, ce qui n’est pas le cas dans le contemporain. Pour Robyn Orlin, la danse contemporaine ou moderne est toujours en remise en question, on regarde d’autres danses, elle devient élitiste.

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