Pour de vrai…

Aussi, en entrant dans la salle diffusant le film en HFR, j’avais très peur. Mais ce qu’il y a de bien avec les journalistes de presse, c’est que l’on sait que nombre d’entre eux (pas tous, heureusement) font preuve d’une faignéantise légendaire consistant à répéter bêtement les propos et arguments de leur collègues plutôt que de se faire leur propre avis. Aussi, à mon grand étonnement, je découvre en salles un film d’une beauté phénoménale avec un sens du détail tout bonnement sidérant, qui relève du jamais vu sur grand écran. Mais en aucun cas, je n’ai l’impression de voir un film en accéléré. Ayant eu la présence d’esprit de venir au cinéma avec un ami, je lui pose la question. Lui, n’a vu aucune différence avec une projection normale. Si cela prouve donc qu’il n’a pas ressenti d’impression d’accéléré, cela a tendance à me faire douter du fait d’avoir bien vu le film en HFR (même si cette sensation de détails à l’image est exactement ce que l’on doit ressentir, selon Jackson). Je m’empresse donc de voir le film dans un autre cinéma qui, lui, le diffuse en Imax 3D, mais pas en HFR donc. Le verdict est sans appel. J’ai l’impression d’avoir assisté à deux projections différentes, l’une est incroyablement fluide et détaillée (le HFR donc), l’autre est bien moins nette, et floue dans les mouvements (projection Imax 3d). Le gain du HFR est donc assez exceptionnel, et particulièrement évident dans deux séquences clés du film : l’introduction et ses mouvements de caméra vertigineux, et le flashback au ralenti sur Thorin Ecu-De-Chêne.

Bref, pour comprendre cette expérience, le mieux est donc sans doute de voir le film deux fois, une fois en 24 images par secondes, et une fois en HFR, dans l’un des cinémas figurant sur cette carte :

Carte cinémas équipés en 3D HFR 

Voici une capture d’écran d’un film en mouvement à 24 images par secondes : Voici maintenant la même capture d’écran du même film à 60 images par secondes (ce qui se rapproche du 48 images par secondes employé par Peter Jackson sur le film) : La différence est flagrante, non ?

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5 Commentaires

Jonathan Placide 15/12/2012 - 11:42

Guillaume,
lorsque tu dis qu’il te semble presque impossible de préférer cette nouvelle trilogie à l’ancienne, je suis un peu surpris. Ne serait-ce que parce que je préfère ce premier volet au premier volet de l’ancienne trilogie, en premier lieu. Mais aussi, parce qu’au final, on ne sait pas de quoi les prochains volets seront faits.
Concernant l’effet de surprise qui n’y serait plus, je ne suis pas d’accord non plus puisque moi, je l’ai ressenti de manière assez fulgurante cet effet de surprise. Le HFR est pour moi une évolution cinématographique majeure et voir ce film tourné de cette façon a été une surprise esthétique de premier ordre pour moi. Là où je m’attendais à retourner dans le monde que j’ai connu, c’est plutôt à une Terre Du Milieu 2.0 que j’ai eu droit et l’immersion n’y a donc été que grandement décuplé. Visuellement, c’est l’un des plus beaux films que j’ai vu (en HFR, je précise bien) et cela n’a rien à voir avec l’ancienne trilogie d’un point de vue esthétique. Pour quasiment paraphraser Jackson, si j’ai vu l’ancienne trilogie à travers une fenêtre, le premier volet de la nouvelle était lui, à portée de main. Le HFR et la 3D donnent cette impression que chaque objet, chaque décor est véritablement face à nous, créant une sensation de proximité qui n’était pas dans la trilogie précédente. C’est pourquoi je pense qu’il est tout à fait possible, et j’en suis la preuve vivante de préférer ce film au premier volet de l’ancienne trilogie.
Ensuite, quand bien même la structure scénaristique sera celle du monomythe, tout comme elle l’était sur Le Seigneur Des Anneaux, je ne peux m’empêcher de penser que ceux-ci seront néanmoins très différents, tout comme Matrix et Star Wars, basés sur cette même structure l’étaient. Jackson n’est pas du genre à ménager ses effets de surprise, et la suite en sera certainement remplie.
Toujours concernant Jackson, une des principale raison de ma préférence envers ce premier volet est le bond en avant qu’a fait sa mise en scène. Je ne veux pas me répéter mais quand même, sa gestion de l’espace est infiniment plus précise qu’à l’accoutumée, et si sa virtuosité n’atteint toujours pas celle d’un John Woo ou d’un Sam Raimi, elle a tout de même tendance à s’en rapprocher de plus en plus.
Donc oui, je pense que l’on peut préférer un film plus beau et mieux filmé à ses prédécesseurs, quand bien même celui-ci se passe dans le même univers.
Et pour rajouter un argument totalement subjectif, mais qu’on est nombreux à partager : Cette trilogie a de fortes chances d’être meilleure que la précédente car il y a un dragon dedans ! Un DRAGON !!!!!!!! Et il est gigantesque, en plus 😉

Guillaume Trenc-Torres 14/12/2012 - 23:25

Superbe article !!!

Comme tu le sais, je suis un adorateur de la trilogie de Jackson.

Je suis allé voir The Hobbit : an Unexpected Journey. En toute simplicité, j’ai beaucoup aimé le film pour les mêmes raisons que Le Seigneur des Anneaux : la Communauté de l’Anneau.

Avant tout, il faut dire qu’il me semble presque impossible de préférer The Hobbit à la trilogie originelle. L’effet de surprise et d’immersion dans un univers fantasy demeure assez éventé. Puis la structure du récit est quand même calquée sur le premier volet du Seigneur des Anneaux (présentation historique des enjeux, personnages à faire (re)découvrir, péripéties au milieu de séquences sur le rapport entre les personnages, enchaînement de séquences d’action dantesque dans la dernière demi-heure).

Néanmoins, il faut dire que le plaisir est toujours intact et bienvenu. Tout d’abord, même si quelques personnages sont sacrifiés au détriment de quelques uns, Jackson parvient à nous attacher à cette galerie à la fois pittoresques et empreintes d’une tristesse sourde, prête à s’émanciper tout en gardant leurs émotions intérieures pour montrer leur fierté et leur esprit de camaraderie en surface.
Le rythme du film (probablement à revoir dans une version plus longue et plus fluide) apparaît comme une volonté de poser une ambiance à travers des êtres voués à la quête. De très belles séquences à mes yeux s’accomplissent devant nos yeux, pas forcément à coups de virtuosité formelle, mais dans leur temps de pose (la complainte des Nains, les réponses de Gandalf à Galadriel). Puis il y a de la sobriété dans ce déluge de décors et créatures numériques (qui portent quelque part la marque graphique d’un Guillermo Del Toro) : cet aspect s’incarne finalement dans la caractérisation de Bilbo et le jeu de Martin Freeman. Notre héros, dépassé par les évènements le plus souvent, se pose avant tout comme un observateur, se prenant réflexion sur réflexion. Un être relativement passif qui passera dans l’actif dans un moment à la fois attendu mais émouvant.

A ce titre, la séquence des énigmes entre Gollum et Bilbo sont les plus beaux moments du film et le jeu des deux acteurs sont à la fois brillants et insolites, aidant à rendre ce moment comme une parenthèse indépendante, complexifiant les motivations psychologiques de notre héros.

Peter Jackson parvient à mêler l’humour et l’esprit d’aventure tout du long, grâce à une mise en scène finalement plus proche des personnages, presque à hauteur de nains. La beauté des gros plans, la virtuosité invisible des séquences où se parlent parfois plus de dix personnages, avec des effets visuels encore plus bluffants et l’enveloppe 3D participent à l’idée que finalement, dans le genre, Jackson est celui qui me convainc, n’en déplaise à ses détracteurs que je sais nombreux.

Un petit régal d’introduction.

xenocross 14/12/2012 - 23:00

Chapeau, une vraie déclaration d’amour pour le film et le HFR! revu le film jeudi, j’ai vu les effets accéléres malheureusement au début mais me suis pris une vraie claque rien qu’au logo warner et resté scotché (sensation de vertige sur certains plans de gobelinville, textures presque palpable). Et comme tu le pensais, certains critiques presse ont donnés leur avis sur le HFR qu’après la projection en 24 et non 48.

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