Les barcrafts sont lentement en train de s’implanter dans nos contrées, vous en avez peut-être déjà entendu parler. Le Respawn barcraft, pionnier du concept à Lyon, m’a ouvert ses portes pour un petit entretien avec Salim Mathlouthi, son fondateur, et Thomas Charousset, le community manager du projet.

Le principe est simple, du moment que vous consommez au bar, vous avez un accès libre à une multitude de supports (et leurs jeux), entre autres Super NES, Gamecube, PS3, PS4 et bien sûr PC. Le débit de consommation doit cependant être un minimum cohérent (n’espérez pas jouer jusqu’au bout de la nuit si vous ne consommez qu’un verre). L’autre atout du Respawn, c’est la retransmission en direct (en stream) de parties à haut niveau.

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Ouvrir un barcraft à Lyon, il fallait y penser, mais il fallait surtout être un mordu de jeu vidéo. Ancien militaire, Salim, le fondateur du projet, nous explique comment l’idée lui est venue : « À la base, je suis un très gros joueur, dans le sens où à chaque fois qu’un jeu sort, je l’achète. Lorsque je me suis retrouvé face au choix de continuer l’armée ou pas, je me suis dit :  pourquoi pas travailler dans le milieu du jeu vidéo ? ».

Grand amateur de retransmissions de parties en direct, Salim a très vite compris le besoin d’un espace de ralliement pour visionner les matchs : « Je regarde beaucoup les retransmissions sur internet, mais tout seul sur mon ordi ou éventuellement au micro avec des amis. J’aime bien le principe d’aller voir un match de foot au bar entre amis, sauf que là, c’est un match de jeu vidéo. » Salim se lance et fait la rencontre de Thomas qui devient le community manager du Respawn.

La retransmission par un barcraft des plus grosses parties du monde professionnel du jeu vidéo demande un minimum de connaissances du milieu. Naturel pour Thomas qui a usé ses crampons à très haut niveau sur League of Legends, en tant que streamer pro pour ThunderBot, une grosse structure française de l’e-sport : « Je connais pas mal de monde dans l’e-sport, donc la place, tu te la fais vite, mais faut déjà être intégré dans le milieu. » Le résultat est là : il est désormais possible d’apprécier, à Lyon, la qualité d’une partie professionnelle dans une atmosphère bien plus enthousiasmante que seul devant son PC.

L’autre facette du Respawn, c’est la possibilité de passer des heures à jouer sur le support et le jeu qui vous plaisent, seul ou avec des amis. Thomas est bien conscient de l’esprit communautaire qui anime certains joueurs, mais également de la nécessité de séduire le joueur plus occasionnel : « Celui qui joue de temps en temps à Fifa aura de l’appréhension à rentrer dans un bar comme celui-ci. », nous explique-t-il. Cependant, il croit que l’esprit convivial qu’apporte un barcraft peut permettre aux réticents de sauter le pas . D’autant que la gamme de jeux disponibles est large et pensée pour satisfaire tous les appétits : League of Legends, GTA V, DotA, Counter Strike : Global Offensive ou encore Street Fighter. La liste est loin d’être exhaustive, autant dire qu’il y a de quoi faire.

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Concernant les grosses sorties et dans la mesure où la vitrine est des plus appréciable, les éditeurs jouent le jeu : « Par exemple, pour la soirée prévue pour Titanfall avec EA, eux vont nous fournir un maximum de goodies et une édition collector du jeu. En retour, ils attendent de la visibilité sur la soirée. » Des tee-shirts, des leds aux couleurs du soft, toute la panoplie est là pour offrir la meilleure vitrine au jeu – et à l’éditeur.

Le Respawn, de par son statut de premier barcraft ouvert à Lyon, a immédiatement capté le public geek qui n’attendait que ça. Les tournois, qu’ils soient récurrents ou plus occasionnels, permettent de rassembler en un événement la communauté lyonnaise d’un jeu.

League of Legends bénéficie par exemple d’un tournoi régulier le vendredi : « League of Legends, c’est vraiment la plus grosse communauté, les gens s’éclatent tous les vendredis en venant faire le tournoi, en changeant d’équipe, etc, mais plus généralement, on propose des jeux issus des demandes de la communauté. Le but, c’est de satisfaire le maximum de personnes et de s’éclater le plus possible. » Pas de doute, l’ermite qui sommeille en chaque gamer ne peut qu’être séduit par un lieu aussi dévoué à son bonheur, d’autant que c’est actuellement le seul de Lyon.

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