Cette semaine, les rubriques Jeux vidéo et Le mot kulturel ne font qu’une dans un but : vous proposer, chers lecteurs, un glossaire des mots à connaître pour pouvoir donner le change lors d’une discussion entre amis sur le dernier Assassin’s Creed. Nous avons sélectionné les termes les plus incompris, barbares et étranges aux oreilles des non-initiés afin d’en expliquer le sens. Bien souvent, c’est loin d’être aussi technique que ça en a l’air, et nous allons vous le prouver. Maintenant. Et dans le désordre.

 Easter egg :

Bien que le monde du jeu vidéo soit éminemment sérieux, cela n’empêche pas les développeurs d’être de sacrés plaisantins. Et leur terrain de prédilection en la matière se trouve en la programmation d’easter eggs. Le principe est le même qu’à Pâques : on cache des œufs dans le jeu, vous les trouvez, vous êtes heureux. Ici, les œufs prennent toutes sortes de formes : des éléments improbables comme la présence d’un alien caché dans la glace dans GTA V ; des références à d’autres jeux comme dans Left 4 Dead qui se moque gentiment du jeu de zombie, Dead Rising ; voire carrément des idéologies comme dans GTA IV, où l’on peut lire une critique de la société américaine sur la statue de l’Hilarité

 FPS :

Si vous êtes un grand joueur, il vous importera de savoir ce que sont les FPS. Autant techniquement qu’en terme de goût. Le FPS, au sens le plus commun, signifie First-Person Shooter, jeu de tir en vue subjective. Ce sont donc des jeux qui impliquent une immersion quasi totale, puisque l’on voit ce que voit son avatar. Le plus souvent bien sûr, les FPS vous amèneront à tuer des ennemis avec des armes diverses, allant du célèbre AK-47, dit Kalachnikov, aux araignées aliens du non moins célèbre Half-Life, qui, s’il ne fallait retenir qu’un seul FPS, serait sans doute celui-ci, tant le jeu PC est devenu culte dans la communauté des joueurs qui aiment aligner de l’alien et des commandos militaires.

Vous l’aurez compris, le FPS est un style incontournable du jeu vidéo. Mais c’est aussi un terme qui rendra fou de rage un gamer s’il est trop bas. Je m’explique : f, p et s sont également les initiales de l’anglais frames per second. C’est donc le nombre d’images à la seconde qui s’affichera sur l’écran pendant que le jeu tourne. Pour qu’un FPS soit un minimum correct, il faut que son indice soit d’environ 30 images par seconde. En deçà, ce n’est même pas la peine d’essayer d’y jouer, ça vous rendrait fou, épileptique ou violent. Dans ce cas-là, mieux vaut jeter votre ordinateur par la fenêtre et aller vous balader. Pour être plus précis, le fps s’améliorera lorsque vous baisserez le détail des graphismes du jeu, afin que votre ordinateur ait moins de calculs à faire et que votre jeu soit plus fluide. Et les fps sont d’ailleurs particulièrement importants dans les FPS qui demandent une grande fluidité du jeu pour une maximisation des réflexes du joueur.

Achievement :

Certains sont philatélistes, d’autres sont fabophiles. Les gamers, eux, collectionnent les achievements. Un achievement, succès en français, est ainsi que son nom l’indique la réussite d’un objectif. Ces derniers sont programmés par les développeurs, ils sont plus ou moins durs, plus ou moins édictés, et quelques-uns sont presque impossibles à trouver si l’on ne connaît pas l’intitulé de la mission à effectuer. Le but de certains acharnés est alors de récolter tous les achievements d’un jeu, et par conséquent de le finir à 100 % pour se pavaner devant ses amis joueurs. Parce que finalement, les achievements ne servent qu’à cela.

Geek, Gamer (et autres nolife) sont souvent utilisés dès qu’on parle de ceux qui pratiquent les jeux vidéo. Mais il est possible d’être gamer sans être geek, et vice versa. Un geek, c’est une personne qui a des intérêts (et des connaissances) très approfondis dans un domaine où le commun des mortels ne s’aventure pas ou peu. Il est donc possible d’être un geek de la philatélie ou de la taxidermie. Si on reste dans le thème du jeu vidéo, un geek est un être étrange, vivant rivé sur son ordinateur, passant son temps à créer des programmes, résoudre des algorithmes ou trouver des solutions à des problèmes informatiques. Il a des capacités impressionnantes dans ces domaines et fait de l’univers du binaire une passion. Puisque l’on n’en est plus à une généralisation près, on pourrait dire que ce sont des geeks qui fabriquent les jeux des gamers. À l’inverse, le gamer est associé exclusivement aux jeux vidéo. Sa particularité est qu’il apprécie de se regrouper régulièrement avec d’autres gamers pour des parties en LAN, des tournois ou tout autre confrontation lui permettant de mesurer son skill à celui des autres. En conclusion : jouer à Candy Crush dans les TCL n’a jamais fait de personne un gamer ni un geek d’ailleurs.

MMORPG (ou Meuporg en vieux françois) est sans doute l’un des acronymes les plus barbares du jeu vidéo : Massively Multiplayer Online Role Playing Game est son nom complet. Pour les non-anglophones, cela signifie simplement un jeu de rôle en ligne (World of Warcraft, Guild Wars), essentiellement multijoueur et prenant le plus souvent (voire toujours) place dans un monde ouvert.

Le monde ouvert est sans doute l’avenir du jeu vidéo, le concept fait vendre et devient encore plus sexy lorsqu’on y appose la mention monde persistant. Dans les faits, un monde ouvert se définit par la possibilité qu’a le joueur de le parcourir sans limites. Pas de barrières invisibles formant un couloir, pas de carcasse de tank posée là juste pour vous empêcher de passer. La liberté de mouvement, en somme.

Le monde persistant, que l’on confond souvent avec le susnommé, c’est celui qui continue de vivre, de se transformer même lorsque vous êtes déconnecté (concept utilisé principalement dans les Meuporg). Cela implique que l’accomplissement d’une action par un seul joueur ait des conséquences pour tous les autres. Et là, bien souvent, le marketing des éditeurs rend les choses encore plus floues. GTA V, par exemple, serait un monde persistant. Or il ne s’agit ni plus ni moins que d’un monde ouvert des plus classiques (en effet, l’achat d’un appartement dans le jeu n’empêchera pas une infinité de joueurs différents d’acheter le même). Vous l’aurez compris, un monde qui persiste n’est pas forcément un monde persistant.

Le farming est une pratique rattachée surtout aux MMORPG, qui consiste à répéter plusieurs dizaines de fois un même processus, à un rythme très élevé, afin d’optimiser l’expérience et de monter rapidement en niveau (en tapant le même boss plusieurs fois…). Dans la vraie vie, vous pouvez tenter de farmer les révisions de vos examens par exemple, si vous êtes en retard, cependant les chances de succès sont notoirement moins élevées.

Article écrit conjointement avec mon collègue Julien Ruderic de la rubrique «Le Mot Kulturel»
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