C’est en effet une question que l’on peut se poser : quel est l’intérêt du prêt-à-porter par rapport au sur-mesure ? Si l’un et l’autre ont leurs avantages, nous allons ici exposer ceux du prêt-à-porter, avec l’aide de Violaine Bruno, créatrice lyonnaise sous le nom de marque Filigrane, que nous avons rencontrée pour une interview.

« Si j’ai choisi de créer du prêt-à-porter et non du sur-mesure, c’est pour différentes raisons. Tout d’abord, le sur-mesure fait appel à des qualités que je n’ai pas forcément, car j’ai appris toute seule la couture. Mais aussi, et surtout, parce que je voulais être à l’initiative du vêtement, créer des choses qui me correspondent, les proposer aux clientes et pas l’inverse. Mes créations sont liées à l’univers que j’aime : un univers romantique, un peu vintage, aux inspirations très diverses. Je m’inspire par exemple de créateurs belges, que je trouve avant-gardistes, dans le sens où ils vont au-delà des conventions : ils s’éclatent, et ils ont une toute autre mentalité de la mode que les créateurs français. J’affectionne aussi le travail de l’Anglaise Orla Kiely, pour l’esprit de ses créations, et pour l’impression qu’elle donne d’être au-delà des modes. Ce sont également des acteurs, dans leur style vestimentaire, qui me donnent des idées. En bref, je pioche l’inspiration d’un peu partout pour créer mon propre esprit, mon propre univers. Puis j’accorde beaucoup d’importance au choix des tissus. Je n’ai pas un matériau type, je suis ouverte à tout. Mais ce sont toujours des tissus sur lesquels j’ai accroché, pour lesquels j’ai eu le coup de cœur. C’est un choix très personnel. Et puis, j’aime insérer à mes créations des clins d’œil, des détails, que l’on ne voit pas forcément tout de suite, mais qui font toute leur particularité. Je m’amuse sur mes pièces, j’estime qu’il ne faut pas trop se prendre au sérieux. On doit se surprendre, se mettre en péril, relever des challenges. »

Il est vrai que, du point de vue d’une créatrice, le sur-mesure ne permet pas forcément d’exprimer sa créativité, car les idées ne viennent pas de soi, mais d’une commande extérieure. On est plus libre, donc, lorsque l’on fait du prêt-à-porter. Cependant, ne confondons pas prêt-à-porter industriel et prêt-à-porter artisanal. Ce que crée Violaine, ce sont des pièces quasiment uniques (c’est-à-dire produites en très petites quantités), et la qualité de montage et de finition n’a rien à voir avec ce que vous pourrez trouver dans de l’industriel !

Vous allez d’ailleurs pouvoir à présent découvrir ses différentes collections. Une petite vidéo vous présente celle d’automne-hiver 2013-2014 :

Cette collection combine un style des années 50-60, des touches de doré par-ci par-là, et une pièce phare : la jupe taillée dans un jacquard lyonnais des années 60 (que l’on peut voir durant les quinze premières secondes de la vidéo).

Pour la belle saison qui approche, Violaine a créé deux collections différentes. La première est plutôt orientée marin : bleu foncé et rayures sont au rendez-vous. Dans la seconde, on retrouve surtout des tissus fleuris et des tons pastel. Comme l’explique si bien la créatrice, son travail évolue selon les saisons et ses états d’esprit. « Je me lasse vite », confie-t-elle en riant.

dressing

Pour vous procurer ses pièces, visez entre 50 et 200 €, et attendez patiemment la prochaine vente privée que Violaine organise dans son appartement/atelier, place Saint-Paul. Tenez-vous au courant grâce à sa page Facebook. Quant à moi, je vous conseille de vous rendre à l’une de ces ventes spéciales, car c’est toujours très intéressant de rencontrer une créatrice, de l’entendre parler des vêtements que vous vous apprêtez à acheter, et d’obtenir des conseils pour les porter.

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