Ce lieu magnifique, empreint d’histoire, ouvrait ses portes samedi dernier pour la dixième fois, une foule importante attendait pour l’explorer.

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La verrière

Une visite s’y imposait donc, on a été impressionné par les dédales de couloirs que cache l’opéra et par sa modernité. D’ailleurs, la salle de construction des décors comprend des monte-charges impressionnants pour les monter sur scène. On a pu visiter la grande salle, capable de contenir 1200 personnes, où le ballet donnait une répétition publique. On a ainsi assisté à un solo, un trio et un quatuor de danseurs avec une technicité excellente qui offraient aux spectateurs de la douceur, de la légèreté et une leçon de vie.

 

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Salle des décors

La verrière se situant au sommet sert de salle danse, mais aussi de réception et d’entrainement pour les concerts. On pouvait y découvrir le studio des chœurs complètement insonorisé et l’amphi. On ne s’imaginait pas qu’il y avait autant de superficie en sous-sol que ce que l’on se représente de l’extérieur. On a pu voir les accessoiristes et les costumes, d’ailleurs magnifiques, car faits de toutes mains à l’opéra. Ces costumières réalisent environ entre 500 à 700 costumes par an.

 

Lors de notre passage, le directeur général Serge Dorny nous a fait l’honneur de nous recevoir et de répondre à nos questions.

 

Serge Dorny

Serge Dorny, directeur général

Vous êtes directeur général, qu’est-ce que cela veut dire concrètement ?

C’est comme une entreprise, c’est quelqu’un qui définit une orientation. L’opéra a une convention quinquennale et nationale qui le finance. Elle est écrite par l’État, la ville, la région et le département. Dans cette convention, il y a des objectifs justifiant l’utilisation de l’argent public et permettant de définir une stratégie, décliner un contenu, puis un plan d’action.

L’objectif que je me suis donné est de créer des spectacles avec une qualité excellente, que ce soit en danse ou en opéra. On veut l’ouvrir au plus grand nombre avec un public diversifié, car nous travaillons avec l’argent public et je souhaite que celui-ci soit accessible à tout le monde. Sachant que la moyenne d’âge en France est de 42 ans, le public est très jeune, 50 % à moins de 45 ans et un sur quatre à moins de 26 ans. Cela a été un travail depuis 10 ans pour rajeunir et ne pas réserver l’opéra qu’aux abonnés.

 

Pour vous, diriez-vous que vous êtes arrivé à votre but ?

On n’y arrive jamais, le jour où on dit qu’on y est arrivé, il faut continuer. Lyon a évolué, a rajeuni, est devenu international avec beaucoup de multiculturalité. La population a changé, c’est une ville de France où, à chaque fois, on est face à un public constamment en mouvance. Il faut systématiquement qu’on s’interroge sur comment on communique, en plus, les réseaux de communication changent. Il faut qu’on se réinvente, comme avec les réseaux sociaux, pour toucher le public. L’opéra de Lyon est très moderne, je pense que maintenant, il est beaucoup plus innovateur que les théâtres.

 

Qu’est-ce que représente l’opéra de Lyon pour vous ?

C’est d’abord ma profession, mais la culture est un lieu de rencontre, une piazza, un lien social. Dans une société individualiste, l’opéra est un lieu de partage. La lumière s’éteint, le rideau se lève et on respire, on vit la même émotion. L’opéra l’est par excellence, car il utilise l’instrument humain, pour le ballet le corps et pour l’opéra la voix qui est un langage universel.

 

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Répétition du ballet de l’opéra

La danse fait partie intégrante de l’opéra notamment avec le ballet, quelle place a-t-elle au sein de l’opéra ?

C’est une composante de l’opéra, la masse artistique comprend le corps de ballet avec 32 danseurs, un chœur avec 34 choristes et un orchestre avec 62 musiciens. Il y a une saison lyrique, chorégraphique et symphonique. Les trois sont indissociables et sont aussi importantes. Elle démontre la diversité du projet artistique. Elle s’adresse aux mélomanes et aux amateurs de danse. Les frontières sont beaucoup plus fluides qu’avant, les chorégraphes s’intéressent à l’opéra comme Trisha Brown. C’est un tout, c’est cela qui fait la richesse, l’ouverture qui permet de s’adresser à un public plus large, d’où l’objectif.

 

Certaines voix disent que vous allez quitter vos fonctions l’année prochaine, est-ce exact ?

Non, je ne quitte pas l’opéra.

 

Cette stratégie va-t-elle être modifiée dans les années à venir ?

C’est une entreprise, j’essaye de me questionner sur qu’est-ce qu’on fait, comment et pour qui on le fait. C’est aussi nourrir le projet avec de nouvelles idées, je ne veux pas faire de copier coller.

 

Y a-t-il un projet de créer un autre lieu de fabrication pour 2015 ?

Oui, effectivement, une pré-fabrique va être réalisée en mars 2015 à Vénissieux, ce sera un centre de ressources de l’opéra avec une action de médiation culturelle de proximité. Par contre, ce sera une entité à part où il y aura constamment des actions.

 

Quels sont vos projets ?

Pour 2014, c’est un programme artistique nouveau. On réalisera, fin 2014 et 2015, un orchestre baroque de synthèse de façon historiquement informée.

 

http://www.opera-lyon.com/

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