Depuis le 13 juillet 2016, le musée gallo-romain de la ville de Lyon propose une exposition autour des architectures de terre crue : ArchéoTERRA. Celle-ci fait partie des nombreux événements organisés à l’occasion du 12éme congrès mondial TERRA 2016 qui, pour la première fois, se déroule en France, dans la ville de Lyon.

L’exposition s’inscrit parfaitement dans la collection permanente, le musée gallo-romain étant lui-même conçu sur un site archéologique unique. Les quatre thématiques abordées par ArchéoTERRA sont disséminées à travers les différents étages du musée. Il vous sera donc toujours possible de vous replonger au temps de Lugdunum tout en jetant quelques coups d’œil vers les autres vestiges…

France, maison en Pisé ©Nicolas Meunier.

France, maison en Pisé ©Nicolas Meunier.

La visite s’ouvre sur ce simple constat : la terre est un matériau universel. En effet, sur tous les continents la terre est accessible, disponible en quantité. Elle est la première des matières et les hommes ont, depuis la période du néolithique, cherché à l’exploiter, par simplicité, efficacité. La muraille de Chine illustre bien le lien qui existe entre matériau de construction et environnement. Différents matériaux ont été utilisés pour son édification, dont la terre à certains endroits.

Utilisée partout sur la planète, mais pas toujours de la même manière, les techniques diffèrent selon les régions et évoluent avec le temps. Pour n’en décliner que quelques unes, il y a la « bauge », où des mottes de terre sont empilées les unes sur les autres, ou encore le « torchis », qui se conçoit à partir du même mélange de base, c’est-à-dire eau, terre et paille, mais qui inclut en plus un support végétal. Toutes ces techniques sont détaillées et expliquées avec précision, pour que plus jamais vous ne puissiez confondre les maisons de pisé et de torchis.

Ces différentes méthodes de travail constituent un réel savoir-faire : l’origine même de l’architecture. Ces habitats sont encore largement visibles dans le paysage urbain et rural, signe d’une certaine résistance face au temps. Témoins du passé, ils représentent un patrimoine gigantesque à préserver.

Ville de Shibam, Yémen© Editions Gelbart

Ville de Shibam, Yémen© Editions Gelbart

Il est coutume de penser que la terre est utilisée comme un matériau de construction principalement, voire uniquement, pour des habitats de petites tailles, faute de moyens. Or, dans certaines régions du globe, ce sont des villes entières qui sont érigées en terre. L’exemple le plus connu est sans doute celui de la ville de Shibam au Yémen. Les constructions s’élèvent en hauteur, jusqu’à revêtir l’apparence de véritables palais. Dans d’autres cultures, les murs mais aussi le sol ou le plafond, sont faits d’une même matière, réunissant à la fois utilité et esthétisme. Deux fonctions que l’enduit remplit : utile car il protège les fondations, esthétique lorsqu’il devient le support de fantastiques fresques (c’est notamment le cas sur le continent africain).

Mosquée de Djenné, Mali ©Unesco

Mosquée de Djenné, Mali ©Unesco

Tout un travail de restauration devient nécessaire pour conserver des habitats trop anciens, qui n’abritent plus de population et qui sont réduits à l’état de ruines. Ce peut être le résultat d’une catastrophe naturelle, comme la ville médiévale de Bam, en Iran, qui a été touchée par un séisme en 2003. C’est plus de quatre-vingt sites archéologiques dispersés à travers le monde et comprenant des vestiges d’architecture en terre crue qui sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Parmi cette liste, la casbah d’Alger, la ville de Djenné au Mali, l’église et couvent de Goa en Inde, etc.

Le passage vers le béton s’est généralisé dans les pays développés même si depuis les années 70 et avec la crise énergétique, l’architecture en terre bénéficie d’une nouvelle demande sociale. Au Proche-Orient, la terre n’est jamais passée de mode. Le tourisme et les congrès contribuent également à donner visibilité et reconnaissance à ce type d’architecture. À vous de venir découvrir cette exposition avant le dernier jour, 8 janvier 2017, pour apporter votre pierre à l’édifice…

Le musée propose également un cycle de conférences en parallèle ; la dernière aura lieu le 3 décembre et portera sur l’architecture en pisé à Lyon et dans la région !

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