Lyon Shop Design, au service de l’innovation commerciale

par Eulalie Pernelet
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Le Lyon Shop Design, évènement promouvant l’élégance et la métamorphose des commerces, revient pour sa dixième édition. Lors de la soirée de fermeture le 13 juin, les cinq lauréats des quinze finalistes seront dévoilés.

Lyon est une ville où la vitalité de son commerce n’est plus à démontrer. Le Lyon Shop Design y est sans doute pour quelque chose. Lancé en 2004 par la Chambre de commerce et d’industrie, c’était initialement un festival annuel, devenu biennal en 2009. Au total, l’évènement a regroupé plus de 4000 commerces, près de 900 architectes et designers. Quant au jury, il est toujours constitué d’experts spécialisés.

Emmanuel Imberton, président de la CCI Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne, confie que le Lyon Shop Design est « inspiré par une démarche originale de la Ville de Montréal. L’enjeu consistait à encourager le travail conjoint de commerçants et de professionnels de l’architecture ou du design. L’objectif est de moderniser et de stimuler le tissu commercial de la région lyonnaise. » Le festival est également un révélateur de talents et des tendances du commerce. Les espaces de coworking thématiques, des boutiques monoproduit, des lieux hybrides ou des concept stores ont postulé en grand nombre.

La dixième édition

Franck Argentin, jury et président de la nouvelle édition du festival, affirme : « Le lieu doit à mon sens être l’incarnation du concept par souci de cohérence, et pensé aussi bien pour ceux qui le visitent, y séjournent, que pour ceux qui y travaillent. Le design, et donc le designer ou l’architecte, doit être le liant qui intègre tous les critères fondamentaux du concept à déployer. » À Lyon, les commerçants ont bien compris l’enjeu que représente l’importance du design dans la réussite de leur lieu de vente.

Cette année parmi les finalistes, on compte la Boucherie Pinatel, l’Illustre, le Ksius Gym Club et La Mutinerie. Il y a aussi L’Établi, L’Instant Lunette et Le Bistrot du Potager Gerland. Ou encore Le Grand Réfectoire, L’Octave, Loulou, la Maison Lassagne et Poltred. Enfin Smart Inspirations, Victoire et Thomas, et la Villa Maïa font également partie de la liste. L’ensemble de « ces commerces dessinent une cartographie multiple et singulière de la ville ». Tous les commerçants du concours ont effectué des travaux de création ou de rénovation durant les trois dernières années. Ils ont aussi dû obligatoirement être accompagnés par un architecte ou designer. Voici trois des quinze commerçants finalistes.

Le Grand Réfectoire raconte une histoire lyonnaise

Restaurant, brasserie et bar à cocktails, Le Grand Réfectoire est l’ancien réfectoire des nones de l’hôpital. Ici, il retrouve sa fonction originelle en devenant un restaurant. Inséré dans le Grand Hôtel-Dieu, le restaurant est ouvert depuis novembre 2018. Durant cinq ans, l’architecte d’intérieur Damien Carreres a rénové l’espace. Néanmoins, le designer a tenu à garder d’origine les boiseries, les sols et deux grands lavabos. Ce choix est en lien avec l’envie de vouloir raconter une histoire. « Celle d’un lieu emblématique qui s’inscrit dans le patrimoine lyonnais. » L’architecte a tenu de plus à préserver les vitraux, réalisés par le maître verrier M. Coquet en 1966.

En outre, « l’élément clé du projet était celui d’ouvrir la cuisine. Le chef Marcel Ravin est donc au centre de toute attention. » Quant à la clientèle, « elle est essentiellement celle des anciens connaisseurs de l’endroit voulant redécouvrir ce lieu atypique. Les jeunes viennent eux profiter du bar à cocktails de l’étage, L’Officine. Finalement, l’espace est aussi parfaitement adapté aux déjeuners d’affaires. »

Le Grand Réfectoire

Villa Maïa, un hôtel sur un site historique

L’hôtel cinq étoiles s’inscrit dans le patrimoine lyonnais grâce à son lieu historique. Ouverte depuis mai 2017, la Villa Maïa est construite sur un ancien théâtre romain. Ce site est classé au patrimoine mondial de l’Unesco. De ce fait, l’architecture de l’espace doit respecter la volonté des architectes des Bâtiments de France. La construction de six ans a été orchestrée par trois architectes. « Jean-Michel Wilmotte s’est attaqué à la structure principale et extérieure de l’établissement, Jacques Grange a quant à lui entrepris le design d’intérieur. Enfin Louis Benech, paysagiste réputé internationalement, a conçu le jardin contemplatif. » Toute la conception rappelle, par certains éléments, les règles de l’architecture gallo-romaine. « Dans le design intérieur, ce sont notamment les colonnes et le spa qui donnent un aspect romain à la facture de l’hôtel. »

Villa Maïa

Villa Maïa

L’Établi, un lieu authentique

Le restaurant L’Établi a été repris et rénové par les architectes et designers du collectif Saône. Situé tout proche de la rue Victor Hugo, il a ouvert en novembre 2017. L’espace réinterprète un établi en révélant le travail de la main. Il met également en lumière une esthétique artisanale. Chaque élément du restaurant fait donc écho à ce concept atypique. « Notre volonté était celle de concevoir un endroit chaleureux et contemporain où nos clients se sentiraient bien. Cet environnement convivial est créé par les matières brutes comme le bois, le cuir ou la pierre », affirme Marie Garbiès, responsable commerciale du restaurant.

L’Établi

L’Établi

L’ultime délibération du concours se déroulera lors d’une soirée le 13 juin. L’évènement au Grand Hôtel-Dieu permettra de dévoiler les cinq lauréats. En revanche, d’ici le 12 juin, le grand public peut d’ores et déjà découvrir et voter en ligne pour les quinze finalistes. Pour ce faire, il suffit d’aller sur le site.

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