Marie Vicat, écrire pour soi, écrire pour les autres

par Cléo Dangoin
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À l’origine, Marie Vicat a eu envie de changer de vie. Envie autorisée par un malaise dans le monde de l’entreprise. Elle s’est alors permis d’aller vers une pratique aimée : l’écriture.

La plume de l’autre

Elle est aujourd’hui prestataire et conseillère en écriture. Un nom qui effleure à peine la surface de son travail. Biographe et intervenante en ateliers d’écriture, elle offre son oreille et sa plume à tous types de clients, pour retracer leurs vies ou développer leur créativité.

« C’est un travail à deux visages, pour lesquels je me sentais prête. Il faut être très créatif, à l’écoute, mais aussi être carré, savoir gérer sa clientèle et ses délais, l’aspect de vente pure. »

Et en effet, la grande variété de ton surprend dans son travail. En tant que biographe, elle dialogue avec ses clients, et doit s’adapter au désir de chacun d’entre eux, à différents formats, aux individualités qu’elle rencontre. Et ensuite, mettre par écrit sans la trahir, la parole de son narrateur. « Certains veulent se raconter, se justifier, guider les plus jeunes. D’autres voient ça comme un héritage, un pont entre les générations. »

Marie Vicat

Raconter sans prendre la place

Une certitude : c’est une belle place que celle du biographe. Mais qui se révèle par ailleurs délicate. Cela représente un gros travail de raconter sans surinterpréter, sans juger. De maintenir cette relation à l’équilibre, entre distance professionnelle et proximité. « Chaque personne qui fait appel à un prestataire en écriture a un objectif précis. Et c’est très important de le connaître. Personne ne ressemble à personne, et il faut être au plus proche du narrateur, qui a un droit de regard sur tout. »

Ce vrai défi d’auteur constitue également une jolie idée de présent encore mal connue. « C’est un très beau cadeau à faire et à se faire. À la fin, c’est un objet qui peut permettre de sauvegarder l’histoire d’une famille, de transmettre. De créer du lien. »

Le temps du partage

En plus de cette activité de biographe, Marie Vicat a une autre corde à son arc littéraire. Elle propose des ateliers d’écriture à des publics variés. « J’ai d’abord participé à des ateliers d’écriture pendant ma formation. Et j’ai découvert la gourmandise, l’appréhension, la surprise, aussi, de voir la créativité naître. »

L’écrivaine parle de ces ateliers comme d’un espace de liberté et de plaisir. « Beaucoup de gens ont un complexe vis-à-vis de l’écriture. Ils écrivent dans le travail, mais ne pensent pas être capables de le faire pour eux, sans contrainte. Pourtant, c’est un moyen de se découvrir, de partager, de se raconter. Et pour les plus jeunes, de mettre l’écrit dans une posture ludique. »

Au terme de cet entretien passionnant, on arrive bien sûr à une question importante. À force de s’effacer derrière les histoires des autres, à force de les pousser à créer… N’a-t-on pas envie d’écrire pour soi ? « Ça cultive forcément l’envie. Cette pratique quotidienne dans mon métier m’a donné l’idée d’un recueil de nouvelles, notamment… »

Un parcours atypique, entre fiction et réalité. À suivre, donc !

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