Le public lyonnais est décidément un public chanceux, et cette édition des Nuits de Fourvière ne déroge pas à la règle. Une programmation exceptionnelle attend les nombreux spectateurs (plus de 130 000 sont attendus) pour assister à l’événement culturel majeur de l’été. Petit tour d’horizon des pièces qui vont brûler les planches des gônes cette année.

Shakespeare, Molière, Tchekhov, Aristophane, Beaumarchais… Les plus grands dramaturges se sont donné rendez-vous pendant deux mois entre Rhône et Saône. Le Songe d’une nuit d’été sera l’une de premières pièces à ouvrir le festival. Cette version mise en scène par Tim Robbins (homme de cinéma et de théâtre à la carrière impressionnante et maintes fois récompensé) et interprétée par la compagnie Actors’ Gang, sera représentée en France pour la toute première fois. Quoi de mieux pour donner le coup d’envoi de la saison que cette comédie baroque, burlesque et fantastique ? Du grand spectacle en perspective.

En parlant de création, c’est également une première mondiale que nous offre Bartabas et la compagnie équestre Zingaro avec On achève bien les anges (élégies). Les lyonnais ont peu d’occasions d’assister à du théâtre équestre, ce sera donc une véritable chance de pouvoir y remédier avec une compagnie d’une aussi grande qualité, au cours des deux mois (et des 30 représentations !) pendant lesquels elle occupera le parc de Parilly avec cette création pleine de poésie. On y cours, on y vole, on y galope !

On achève bien les anges (élégies)

On achève bien les anges (élégies)

Comme nous l’indiquions plus haut, notre Jean-Baptiste Poquelin national est lui aussi à l’honneur grâce à Macha Makeïeff qui revisite un des classiques de Molière avec Trissotin ou Les Femmes savantes (encore une première mondiale !). Cette comédie en particulier constitue un choix intéressant pour une metteuse en scène, mais celle-ci prévient :

Les hommes ne s’en sortent pas mieux que les femmes. Ils sont presque égaux en douleur, en impuissance, en confusion dans ce combat permanent qui pourrait facilement transformer en tragédie cette comédie au verbe fort et haut.

Cocorico encore avec Figaro ! des Comp. Marius, une troupe itinérante qui nous avais déjà régalé l’année dernière d’un diptyque de Marcel Pagnol. Cette année, ce sont Le Barbier de Séville et Le Mariage de Figaro de Beaumarchais, qui seront représentés comme il se doit, c’est à dire en plein air (d’abord au Fort de Bron, puis au domaine de Lacroix-Laval à Marcy L’étoile, et enfin, au Musée Gallo-romain de Saint-Romain-en-Gal), et assortis pour les spectateurs d’une paella géante à l’entracte. Ce n’est pas seulement un spectacle, mais un authentique état d’esprit que cette sympathique compagnie nous invite à partager.

Figaro !

Figaro !

Autre spectacle sensationnel, moins visuellement que pour son travail d'(e) (ré)écriture : Toutaristophane promet également un excellent moment. Il s’agit en fait d’une lecture de 11 pièces d’Aristophane, réécrites par Serge Valletti. Un travail titanesque qui lui a pris cinq années et dont il explique ainsi la cohérence :

J’ai […] choisi parmi ces onze pièces les moments où ce que nous appelons « Le quatrième mur », cette invention tardive, était le plus poreux possible. Les instants où la membranes imaginaire qui sépare les acteurs du public était la plus trouée possible. Peu à peu au fil des pièces, on verra cette clôture se refermer pour créer l’espace théâtral proprement dit qui engendrera tout notre théâtre occidental

Une immersion dans la Grèce antique, aux prémisses du Théâtre, que nous attendons impatiemment. Attention, c’est une représentation unique, ne laissez pas passer le coche !

Enfin, last but not least, la Russie de Tchekhov est particulièrement représentée grâce au travail de Christian Benedetti, avec d’une part, La Cerisaie, et d’autre part, un exceptionnel Triptyque (composé de La Mouette, d’Oncle Vania et de Trois Sœurs) où l’endurance du spectateur sera mise à rude épreuve pour tenir la distance sur les quelques 5 heures de spectacle cumulées qui s’enchaîneront au théâtre de la Renaissance, à Oullins, le 27 juin, pour une représentation unique là aussi, et qui s’annonce d’ores et déjà dantesque. Sans doute un des événements de ces Nuits de Fourvière.

La Cerisaie

La Cerisaie

Vous en voulez plus ? Pas de problème. Notez également les nombreux spectacles de cirque, comme Bestias, de la compagnie Baro d’Evel, ou encore Les 7 Doigts de la Main, par Cuisine et Confessions ; une comédie musicale, avec Les Parapluies de Cherbourg (genre bien trop rare sur la scène lyonnaise, à bon entendeur…) ; et puis, bien sûr, clou de cette édition 2015 exceptionnelle des Nuits de Fourvière, Florence Foresti qui revient à domicile, devant son premier public, jouer en juillet son nouveau spectacle : Madame Foresti.

Alors, heureux ?


Retrouvez toutes les infos et le programme des Nuits de Fourvière sur le site nuitsdefourvière.com

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