Le 13 juillet dernier, le festival des Nuits de Fourvière avait invité deux groupes bien différents pour une soirée plutôt explosive : Naive New Beaters avec leur son électro-pop, et Deluxe, tout en moustaches, paillettes et jazz-funk. Une soirée déjantée.

Pour ceux qui n’ont pas encore eu la chance d’aller aux Nuits de Fourvière, disons simplement que le site des Théâtres antiques est tout indiqué pour inviter les grands musiciens de ce monde : les marches millénaires reprennent leur utilité première, le son est parfait, et bien qu’on puisse y caser du monde dans cet amphithéâtre, on a l’impression d’un concert intimiste. Où que vous soyez placés, vous avez une vue imprenable sur la scène, et plus vous êtes en hauteur, plus vous pouvez également admirer Lyon si jamais les artistes se permettent quelques lenteurs.

C’est dans ce décor assez surprenant que nous avons pu voir Naive New Beaters (n’ayant pas pu assister à la première partie avec le groupe Faik, je ne peux pas vous en parler, mes excuses). Le groupe franco-californien a débarqué sur scène avec des combis-costards d’un blanc éclatant, sneakers aux pieds, dans son style Miami déjanté qu’on lui connaît depuis ses débuts (ces tricots sont restés gravés dans ma rétine).

Naive New Beaters

Crédit Edmée Pautet

Avec plus d’une dizaine de chansons, notamment Heal Tomorrow qui sera sur leur nouvel album, dans les bacs le 22 juillet, ou encore Shit Happens, le groupe a chauffé le public progressivement, entrecoupant leur performance de blagues, dédicaces, flatteries pour Lyon et pas de danse complètement déjantés.

Leur plaisir d’être là, et leur énergie si particulière, à la fois potache dans le ton et très carré dans la réalisation musicale, ont fait de ce concert un moment drôle, agréable, qui aurait pu se suffire à lui-même si le public avait déjà été totalement conquis : mais la vraie star de la soirée restait à venir, et la foule semblait se réserver pour la suite.

 

L’entrée de Deluxe fut imposante, sans transition ni temps de chauffe : les 5 musiciens et la chanteuse (dont la jupe était en forme de moustache, trop fashion) sont entrés dans le vif du sujet directement. Le saxophoniste ne nous a pas laissé de répit, réussissant l’exploit de souffler à plein poumons dans son bignou tout en piquant un sprint sur la scène. Il n’a pas fallu 15 minutes pour que tout le monde soit debout, y compris les gradins, et saute au rythme de l’électro-funk du groupe.

Deluxe

Crédit Edmée Pautet

Baby that’s you, Shoes ou encore le grand classique Pony, aucun répit n’a été donné au public, enjoint à « éteindre son cerveau » et à se laisser porter par la musique. La voix rauque de la chanteuse maîtrise aussi bien le rap que la funk. Du grand art. Après plus d’une heure de « jump, jump, jump », de chant collectif, d’acclamations, ce n’est pas fatigués, mais survoltés que nous sommes sortis de là.

Et alors que les coussins verts gracieusement mis à disposition par le festival avaient déjà quelque peu volé jusqu’à la scène pour Naive New Beaters, le rappel de Deluxe a été quémandé par une pluie de coussins en plastique, manquant de faire tomber les artistes, mais signant définitivement leur triomphe.

 

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