Mercredi 29 octobre, le Transbordeur recevait les Casseurs Flowters, le duo formé par les rappeurs Orelsan et Gringe. Leurs textes incisifs et comiques touchent aussi bien les plus âgés de la génération Y (qui ne peut que s’y retrouver) que les plus jeunes, qui n’ont pourtant pas connu les galères souvent dépeintes dans leurs morceaux. La force des Casseurs Flowters, c’est cette autodérision et une proximité avec le public sans faille, une sincérité touchante aussi.

Le Transbordeur accueillait le duo dans le cadre de l’Orange RockCorps, un évènement organisé par Orange.
Cette dernière est certes une société de téléphonie, mais elle n’hésite pas à investir dans différents projets, notamment autour de l’art. Elle se veut un mécène d’un nouveau genre, et permet à divers publics d’avoir accès à l’art et au divertissement. Si certes ce mécénat privé par des grands groupes reste discutable, focalisons-nous sur l’essentiel : ici, Orange offre à des jeunes volontaires (préférons parler de volontaires que de bénévoles, car le bénévolat, c’est agir sans chercher de rémunération quelconque, alors qu’ici ils vont œuvrer pour obtenir une place de concert) d’échanger un peu de leur temps contre un moment live avec leurs artistes préférés.

Ce mécénat et les actions mises en place par Orange sont une nouvelle forme de marketing plus intelligente, plus utile aussi. Car même si on se doute que ce genre d’action a pour but indirect de façonner une solide image de marque et donc de s’attirer la sympathie de prospects, cela permet également à un jeune public d’avoir accès à la musique et de vivre des expériences qu’il n’aurait pas vécues autrement.

C’est aussi un moyen de motiver certains jeunes à travailler, à donner de leur temps pour une cause publique. Mais c’est également une manière de les encourager à assister à des représentations live, donc de promouvoir le travail des artistes et notamment des musiciens. À l’heure où les débats sur la musique numérique et les dérives qui y sont liées font rage, recentrer les actions sur quelque chose qui n’est pas piratable ni échangeable, l’expérience, sert à redessiner la carte de l’industrie musicale.

Orange RockCorps permet également de sensibiliser ce public aux causes des associations partenaires.

En effet, ainsi que le chante si bien Orelsan lui-même dans Raelsan (« sortez les 8-6, on vient fêter la fin du disque »), la musique conçue comme industrie est une entité mourante. Il faut alors penser à de nouvelles alternatives, et ce que propose Orange RockCorps montre au public l’importance de l’expérience live. Une expérience qui n’a pas de prix, mais qui a une valeur culturelle.

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Côté concert pur et dur, Orelsan et Gringe ont assuré le show avec une set list endiablée. Après leur dernière venue à Lyon lors du festival Woodstower, ils confirment le talent et la force de leur duo sur scène. Accompagnés de leurs inséparables amis, Skread (DJ) et Ablaye (backs), ils ont enrichi leur troupe avec DJ Pone pour cette tournée. D’ailleurs, rappelons que DJ Pone avait invité les Casseurs Flowters en surprise à Lyon, encore une fois, lors du Reperkusound, et c’est à ce moment que le public a appris qu’ils allaient faire la tournée ensemble. Et la combinaison Pone-Casseurs Flowters fonctionne incroyablement bien sur scène. La réputation et la dextérité de DJ Pone ne sont plus à prouver, et il parvient à créer une énergie supplémentaire et interagit beaucoup, à l’aide de ses platines, avec le public.

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