« Engagez vous ! » comme une réponse au « Indignez vous » de Stéphane Hessel, un appel à la résistance face au système actuel tenant dans un essai d’une trentaine de pages. Il n’y a qu’un pas entre littérature et musique alors à sa manière, ArlyoMag a choisi de mettre à l’honneur dans sa Playlist #6 des textes engagés.

   Ce mois de mai 2016 semble de plus en plus faire résonner un certain mai 68 : le contexte social se tend, la classe politique est critiquée et dénonce ses abus de pouvoir. La rue est alors envahie et devient le seul lieu, le seul moyen d’expression quand celui des urnes est bloqué. La rue est un lieu qui appartient à tous, c’est un espace public et libre. Et en cela, elle se rapproche aussi de la Culture, à laquelle l’accès n’est pas toujours égal mais qui a pourtant une résonance incroyable, notamment puisqu’elle traverse les années et marque les esprits, s’ancrant dans les mémoires. Mémoire visuelle ou encore sonore, l’Art, la Musique, la Littérature sont les témoins de leurs temps et portent souvent haut et fort les propos des plus silencieux.
L’engouement qu’a eu la rédaction d’ArlyoMag suite au thème de l’engagement en musique, a abouti à une playlist riche et éclectique mêlant tous styles et toutes générations. En voici un condensé, à écouter sans modération et avec une oreille attentive aux paroles lourdes de sens.

engagés

Crédit DR

Pour notre rédactrice cinéma Manon, ce sera U2 et son fameux « Sunday Bloody Sunday », sortie en 1983. « Une chanson qui a marqué les esprits avec ses paroles qui font écho à l’assassinat de 13 chrétiens irlandais, qui manifestaient pacifiquement, par l’armée britannique en 1972. Devenu morceau emblématique du groupe, ils continuent toujours de lutter contre les inégalités et pour la paix dans les pays en guerre. »
Mais aussi Bruce Springsteen et son « Streets of Philadelphia » : « Début des années 90, Jonathan Demme réalise Philadelphia, histoire d’un avocat émérite viré pour faute professionnelle mais réellement dû au fait qu’il soit séropositif. Cette chanson écrite juste pour le film résonne dans le monde entier, elle a permis de changer la vision des gens par rapport aux personnes atteintes du SIDA. »

Pour la très parisienne Louise, ce sera « Tomorrow » de Fredrika Stahl : « Bande originale du documentaire engagé Demain, cette chanson nous invite à agir pour que le monde de demain soit meilleur que celui d’aujourd’hui. La voix inimitable de la Suédoise Fredrika Stahl nous rend positifs et nous donne envie de changer de vie. »

Pour notre cher rédacteur en chef Yoann, ce sera P!nk et son « Dear Mr President » : « une lettre ouverte adressée en 2006 à G.W. Bush critiquant frontalement la politique américaine d’alors, en particulier la guerre en Irak. Piqûre de rappel intéressante à quelques mois des prochaines présidentielles, où des candidatures jugées improbables de notre côté de l’Atlantique pourraient créer la surprise… »

Notre rédactrice expo Louise a elle choisi le célèbre « Résiste, prouve que tu existes, cherche ton bonheur partout, va, refuse ce monde égoïste » de France Gall, où tout est dit, dans une seule phrase. Mais aussi une chanson de rap musette pour accompagner toutes les manifs : le « Salutations révolutionnaires » de M.A.P.


Abo a quant à lui sélectionné le mythique « Suicide social » d’Orelsan, « toujours valable 5 ans plus tard ! ». Un titre partagé aussi par Jonathan, notre terrible rédacteur ciné qui ajoute à ça son addiction pour le clip « tout en motion Design ». Pour lui la chanson est « un hommage au passage le plus célèbre du chef d’oeuvre de Spike Lee : La 25ème Heure. Mais surtout une chanson ironique, dont le message ne peut être compris qu’avec un tant soit peu de réflexion. La meilleure chanson d’Orelsan, selon moi ».

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©PhotoPQR / Ouest France / T Bregradis

Abo a aussi choisi le « Nique les clones Pt.II » de Nekfeu : « Un Maupassant des temps modernes. Un titre qui relate la triste réalité intemporelle, avec à la fin du titre, un des plus beaux discours de l’Abbé Pierre. ». Et enfin le rap engagé d’un jeune rappeur libanais, Abdallah, avec son « 1435 » dans lequel on identifie un « courage et un réel engagement dans ce titre qui traite de sujets de société, de rap ou de politique. Un texte qui a le mérite de créer la polémique, que l’on soit d’accord avec lui ou pas, ou alors partiellement. Il est indéniable qu’Abdallah a un talent d’écriture, avec des références et des jeux de mots bien réfléchis. Une autocritique à écouter sans modération ! ».

Jonathan reste lui toujours aussi touché par « Hexagone » de Renaud : « C’est une de mes chansons préférées de tous les temps. 40 ans plus tard, c’est toujours d’actualité, et tellement vrai ».

Clara quant à elle, a choisi le « Hasta siempre commandante » de Nathalie Cardone, écrite en 1965 par Carlos Puebla : « Elle a pour sujet l’emblème de la révolution cubaine, le commandant Che Guevara. Cette chanson parle plus spécialement de la fin de sa vie en Bolivie mais à travers elle et tous les révolutionnaires, le Che restera immortel. Traduite en de nombreuses langues et reprise par une grande palette d’artistes, cette chanson fait, aujourd’hui encore, vivre Che Guevara à travers le monde. ».

Enfin, Violette a sélectionné le mythique « London Calling » de The Clash : « Sorti en 1979, le titre est une réaction à l’arrivée de Margaret Thatcher au pouvoir, qui signe le début de « l’ice age ». Il reprend le célèbre « This is London calling » diffusé sur la BBC lors de la Seconde Guerre Mondiale : un symbole de résistance politique, par la musique ». Mais aussi le « Vol Noir » de Benjamin Biolay, « Un titre en réaction à la victoire du FN en mai 2014. En reprenant en partie le chant des partisans, il s’inscrit dans une tradition anti-fasciste de la variété française après Barbara ou encore Serge Reggiani. »

A découvrir juste ici !

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