Lors du 19e Printemps des Poètes, toute la ville de Lyon bat au rythme de la poésie. Le Printemps des Poètes s’est installé partout dans la ville de Lyon du 4 au 19 mars pour notre plus grand plaisir ici à ArlyoMag ! Je me suis invitée à une exposition pour l’occasion, mais plus étonnant, à une lecture poétique, dans le noir…

L’exposition « Visage d’une poésie vivante » investissait les murs de l’Université Lyon III lors de cet événement ainsi que de la Semaine de la Langue Française et de la Francophonie, et invitait les spectateurs à déambuler en se confrontant à des portraits de plusieurs poètes français. Mais attention, un point d’honneur était mis à la contemporanéité de ces poètes. Certains étaient même présents pour l’occasion. S’ensuit un « buffet poétique » comme ils ont aimé l’appeler, puis vint le moment de la lecture dans le noir. Mais attention (bis), contrairement au buffet, la salle dans le noir n’avait rien de poétique car il s’agissait d’une chambre froide (tout ce qu’Arlyo ne ferait pas pour vous…)

« Visages d’une poésie vivante » : une exposition toute en couleur

Tout est parti d’une idée et d’une phrase tapée sur Google, avoue Tanguy Guézo. Le photographe de l’exposition aurait cherché sur la barre de recherche « poète français ». Les portraits se succèdent, tous en noir et blanc. Mais est-ce qu’il n’y aurait que des poètes français morts ? Tanguy se demande si finalement la poésie aujourd’hui, à l’image des portraits de Hugo et de Baudelaire, ne seraient pas un peu figée, ternie.

Tanguy Guézo répond très intelligemment à la question en décidant d’entreprendre un tour de France des poètes, qui, vous l’aurez deviné, ne sont pas tous morts. L’exposition permet de s’en rendre compte et d’être face à face avec eux, en couleur s’il vous plait. Tanguy Guézo fait le choix de ne pas encadrer les portraits. L’exposition est composée de 21 visages, imprimés sur des drapeaux. Le choix du matériau n’est pas anodin : le drapeau bouge avec le vent, il réagit à tout élément venant de l’extérieur. Finalement, plus que des drapeaux, il s’agit d’étendards, signe que la poésie française se bat toujours.

La poésie de poètes par d’autres poètes au nom de la poésie : la poésie dans tous ses états

Samantha Barendson © Tangy Guézo

Fréderick Houader et Samantha Barendson font partie de ces insoumis. Ces deux poètes, qui furent photographiés, nous accompagnent au milieu de ces drapeaux. Ils présentent leurs « collègues » comme ils les appellent. Les deux complices nous parlent de leurs semblables, et pourtant tous si singuliers, au travers de certaines anecdotes mais aussi de leurs poèmes. Au pied de chaque drapeau est inscrit un vers tiré d’un poème de chacun, que Frédérick et Samantha complètent par la totalité ce celui-ci.

Fréderick Houader © Tangy Guézo

La présentation de chaque poète est complétée par un petit livret où sont inscrites trois questions, posées à chacun : Quel lieu aimeriez-vous voir investi par la poésie ? Un moment de poésie que vous avez vécu récemment ? Que manque-t-il à la poésie aujourd’hui ? Les réponses sont aussi variées que les poètes eux-même, cependant l’une d’elles, celles de Claire Rengade sort du lot :

 

Quel lieu aimeriez-vous voir investi par la poésie ?

Ta bouche

Un moment de poésie que vous avez vécu récemment ?

Ta bouche

Que manque-t-il à la poésie aujourd’hui ?

Ta bouche

Ces deux mots en guise de réponse constituent toute la légèreté mais en même temps tout l’arrogance et la pertinence de la poésie. La poésie peut investir tous les lieux, toutes les choses, à la condition que l’on lui permette. Elle peut également être composée de petits riens, à condition que l’on prenne le temps de les déceler. De la même manière, la poésie manque aujourd’hui de voix, qui lui permettraient de reconquérir le champ du présent.

Poétique de la chambre froide

C’est justement cette voix que certains poètes ont choisi de faire raisonner pendant cette nuit. Nous étions tous rassemblés à la Maison des Etudiants, Rue Jaboulay autour d’un « buffet poétique » (la pizza n’a jamais eu un aussi bon goût…) en la présence de Fréderick Houader et Samantha Barendson mais aussi de Girish Patel, trois poètes actuellement établis à Lyon.

Le reste de la soirée se déroule entre verres de vins et discussions puis vient le moment d’entrer dans cette fameuse « pièce noire », où vont se dérouler les lectures des trois poètes présents pour l’événement. La pièce en question se trouve être une chambre froide, à l’arrière d’une pièce de la Maison des Etudiants.

A cette occasion la pièce a été aménagée avec des coussins éparpillés un peu partout ainsi qu’une petite guirlande multicolore qui permet aux poètes (oui quand-même) de discerner leurs vers (et verres). Les trois poètes se succédèrent, munis de leurs recueils. Le ronronnement de l’aération accompagne les poésies qui remplissent le lieux d’une chaleur qui lui était jusqu’alors inconnue, pour le plus grand bonheur de tous. Un moment unique et si doux que l’on aurait aimé y rester toute la nuit.

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