Cette semaine, Arlyo vous emmène à la rencontre des vidéoclubs lyonnais pour vous présenter ces derniers, mais surtout pour vous aider dans votre choix si vous êtes soudainement pris d’une envie de film.

Un choix qui se réduit néanmoins de plus en plus étant donné la crise qui touche les vidéoclubs partout dans le monde, la faute au téléchargement et au streaming. Ils sont désormais une espèce en voie de disparition et cette enquête, qui devait d’abord se pencher sur quatre vidéoclubs lyonnais, s’est vue restreinte lorsque nous nous sommes rendus compte que deux d’entre eux avaient fermé cette année. (Dont Vertigo Vidéo : un vidéoclub indépendant dans lequel vous trouviez de tout !)

Alors pourquoi s’intéresser à ces dinosaures, ces magasins que beaucoup jugent obsolètes ?

Eh bien parce que malgré ce que l’on croit, les vidéoclubs ont de belles cartes à jouer, et certains résistent encore et toujours à l’envahisseur (Internet) grâce à leurs offres exceptionnelles. Dans un monde où tout se fait en ligne (aussi bien les courses que les rencontres amoureuses), les grandes chaines comme Vidéo Futur et les petits locaux indépendants vous proposent un service que vous ne trouverez pas sur Internet, pour un prix qui oscille entre deux et trois euros par film. Plus de choix, moins cher que le cinéma et des conseils donnés par des pros, voilà quelques-uns de leurs atouts. Mais laissons maintenant les intéressés vous parler de ce qui fait la spécificité de leur enseigne à travers quelques questions.

Pour commencer, retour sur le Vidéo Futur de Saxe (95 grande rue de la Guillotière), membre de la franchise du même nom, dans lequel vous êtes accueilli à coup de gros rock par Anis, un vendeur expert toujours prêt à parler cinéma !

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Qu’est-ce qui fait la force de Vidéo Futur ? Pourquoi les gens viendraient-ils louer leurs DVD ici ?

« Tout d’abord, les conseils, le choix (plus de 4 000 références) et la nouveauté ! Quatre mois après leur sortie cinéma, les films sont en location dans notre vidéoclub et ceux qui sont peu demandés sont retirés, on ne garde que le meilleur. En plus de ça, un distributeur placé à l’extérieur vous permet d’emprunter des DVD à n’importe quelle heure. Mais notre atout majeur reste la Box lancée en 2013 qui vous permet de regarder des films en illimité directement sur votre TV pour 10 € par mois. »

Que pensez-vous de la place du 7e art à Lyon, est-ce toujours une grande ville de cinéma ?

« Oui, Lyon est une grande ville de cinéma, très créative ! Nous avons de nombreuses structures et beaucoup d’événements continuent à rassembler les amateurs, comme le Ciné d’été par exemple. »

Et le cinéma actuel, qu’en pensez-vous ?

« J’ai l’impression qu’il n’y a plus de prise de risque comme il y en avait avant. Les réalisateurs recyclent en quelque sorte un cinéma mythique (des années 70 à 2000) à travers des remakes et on se sert de l’ancien pour faire du nouveau. Il y a donc peu d’acteurs qui prennent des risques et les décisions semblent de plus en plus prises en fonction de l’argent que le film pourra rapporter au box-office. On le voit par exemple à travers toutes ces trilogies (comme Le Hobbit) qui auraient pu être bouclées en un, voire deux films. Depuis 2005, je trouve qu’on assiste à une forte baisse de la qualité du cinéma, il devient très difficile de citer une phrase culte d’un film sorti après cette date, il n’y en a plus ! Avec les nouvelles technologies, on se concentre plus sur le spectacle visuel sans forcément chercher à faire plus. Heureusement, tout n’est pas noir et certains acteurs tentent des choses qui sortent de l’ordinaire, comme Matthew McConaughey ou Shia LaBeouf. Le cinéma actuel reste tout de même très intéressant. »

Pour finir, quel film conseillez-vous dans votre vidéoclub ? Et quel film montreriez-vous à un extraterrestre pour lui faire découvrir la Terre ?

« Pas facile ! Dans le vidéoclub, je conseille Soyez sympas, rembobinez de Michel Gondry avec Jack Black, un film très drôle surtout quand ils retournent King Kong.

Et pour l’extraterrestre, je lui montrerai le premier Matrix, un chef-d’œuvre ! »

 Après cette visite, j’ai poursuivi ma route vers le vidéoclub Atmosphères, situé rue de Marseille dans le 7e. Il a été crée en 2000 et deux autres locaux ont vu le jour dans Lyon depuis. Une structure qui a donc le vent en poupe grâce à une clientèle d’habitués composée principalement de familles. Retour sur l’offre très variée d’Atmosphères qui fait de lui le dernier vidéoclub de Lyon ne dépendant pas d’une grande chaine.

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Qu’est-ce qui vous démarque des vidéoclubs franchisés ? Pourquoi venir chez vous ?

« D’abord pour le choix. Atmosphères vous propose plus de 15 000 références avec des films très récents, mais aussi et surtout des vieux classiques ou encore des films moins connus. Il y a une grande diversité que vous ne trouverez pas chez d’autres. Il ne faut pas non plus oublier les à-côtés, nous ne faisons pas que de la location et c’est ça qui nous démarque. Atmosphères vend aussi des DVD (entre 2 et 5 €), des affiches, et nous rénovons les jeux vidéo et les films abimés. Tout ce qui touche au cinéma est ici, y compris des séries ou des documentaires. »

Que pensez-vous de la place du 7e art à Lyon, est-ce toujours une grande ville de cinéma ?

« Oui, Lyon est une grande ville de cinéma, et on le voit à travers tous les festivals ou les événements organisés par la ville, comme le Festival Lumière qui devenu un événement majeur, même au niveau international. À part ça, la ville compte aussi des réalisateurs (Tavernier) et des acteurs (Clovis Cornillac, Alexandre Astier) de qualité ! »

Et le cinéma actuel, qu’en pensez-vous ?

« C’est un cinéma différent, chaque époque à son style propre et selon moi quand on aime cet art, on aime les films de tout temps. On retrouve aujourd’hui un effet de mode qui pousse à faire des œuvres ancrées dans l’actualité, très portées sur le social et les rapports humains. Bien qu’ils ne soient pas réellement novateurs, les blocksbusters valent les anciens selon moi et les nouvelles méthodes permettent de faire des films spectaculaires qui contrastent avec les longs métrages très intimes qui voient le jour. J’aime aussi beaucoup ce que font les cinéastes français. »

Pour finir, quel film conseillez-vous dans votre vidéoclub ? Et quel film montreriez-vous à un extraterrestre pour lui faire découvrir la Terre ?

« Dans le vidéoclub, je vous conseille tous les Tarantino, je suis un vrai fan.

Et pour un alien, il faudrait lui montrer comment, nous, nous le voyons avec un film de science-fiction comme Paul par exemple (avec les Anglais Nick Frost et Simon Pegg). »

Alors au lieu de regarder un navet d’une qualité douteuse en streaming ce soir, on dépoussière son lecteur DVD et on fonce dans un vidéoclub pour louer un vrai bon film. Du plus récent au plus loufoque, vous trouverez de tout. Laissez-vous juste guider par les experts.

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3 Commentaires

nathan 19/03/2014 - 17:27

salut ! deja merci pour ton commentaire je vais essayer d’y repondre.
Pour commencer, évidemment, il y aura toujours plus de choix sur internet ! Mais cet article s’adresse a un public large pour qui 15000 choix de films suffisent. C’est sur que quand tu t’intéresse a un style de film spécifique et introuvable en france, les vidéoclubs sont un peut limité ! Mais pour louer un bon dvd (même d’un réalisateur moins connu ou un film très vieux) l’Atmospheres c’est parfait !
Et le grand plus des vidéos club c’est le contacte et les conseils ! C’est toujours mieux de se faire conseiller par un pros et de rencontrer quelqu’un que de chercher sur un site un film au hasard.
Pour le loueur de vidéo futur, j’aurais du préciser sur mon article qu’il m’a très bien conseillé concernant des films récent ! Même sur certains qu’il n’avait pas aimé ! Et pour revenir sur ta citation c’est sur qu’on conseil des films qu’on à apprécié, le lien opinion/conseil est normal.
En plus de ca, il m’a simplement dit qu’il préférait le cinéma d’avant que celui d’aujourd’hui mais ca ne veut pas dire qu’il n’aime pas les films récent. Il ne n’a critiqué aucun film directement mais plus une époque, une facilité dans les choix des acteurs ou des réalisateurs.
Et il n’a pas réduit non plus un film a son acteur ou a ses dialogues mais il c’est servit de ses éléments pour illustrer son propos.
C’est moi qui aurait du souligner ca ! Crois moi c’est un fan de ce qu’il vend et je te conseil d’y faire un tour pour parler cinoche avec lui. Et à Atmosphères tu trouvera surement des films asiatiques (ou autres) susceptibles de t’intéresser !

Jonathan Placide 20/03/2014 - 14:52

Bonjour et merci pour cette réponse.
Je n’ai, personnellement, aucune raison de mettre les pieds à nouveau dans un vidéoclub. Mais si c’était le cas, ce serait à l’Atmosphère, par contre.
La personne de Video Future a perdue pour moi toute crédibilité par rapport aux exemples qu’elle cite dans l’interview (La trilogie Le Hobbit, l’acteur Shia LaBeouf, la forte baisse de qualité depuis 2005).
Certes, ce sont des avis personnels, mais je ne pense pas que le rôle d’un conseiller de vente soit de les émettre de façon aussi précise du moins. Si j’étais client, il m’aurait de suite perdu.
Là où le conseiller de vente de l’Atmosphère, lui, reste vague dans ses propos, ce qui, selon moi est tout à son honneur.
Pour moi, c’est un peu comme si je rentre dans un magasin de vêtement, pour acheter des vêtements de la marque X, et que le vendeur, sans savoir ce que je veux, exprime directement la supériorité d’une marque Y, en expliquant à quel point elle est supérieure à la marque X. Sauf qu’à priori, si je suis fan de la marque X, c’est que je lui concède une certaine supériorité. Le vendeur ne pourra donc dès lors rien me vendre car il a décidé de s’attaquer à la raison même de ma venue.
Et il me semble que l’endroit où cela a toujours été le pire, c’est justement les vidéoclubs. Je reviens sur l’exemple du Hobbit. Tu es face à une trilogie dont, d’une part, le troisième volet n’est pas sorti, ce qui la rend difficile à condamner dans son ensemble, mais en plus dont le deuxième volet obtient une note de 8,2 /10 sur 231 252 votants sur imdb. En d’autres termes, si ces films ne plaisent pas à tout le monde, ils plaisent à la majorité. Ils font de plus partie de ces franchises qui comportent une base de fan assez importante. En lisant cet article sur les vidéoclubs, on y lit l’avis péjoratif du vendeur sur cette trilogie. Car quoi que l’on en dise, dire que la trilogie aurait pu être bouclée en un, voire deux films signifie bel et bien qu’elle brasse du vide pendant la reste du temps imparti (et en plus, il y a des versions longues !). Le débat n’est pas sur la qualité des films en question mais simplement sur le fait que dire ce que ce vendeur a dit sur des films qui emportent une majorité d’opinions favorables ne l’aidera pas à convaincre la majorité de ces clients de lui demander conseils. Moi, il m’a convaincu du contraire, par exemple. Et je doute que je sois le seul.
Le second vendeur, en ne citant justement aucune œuvre, pourrait éventuellement me conseiller par contre. En me demandant à moi, client, quels sont mes goûts, et non en m’imposant ces opinions. C’est totalement différent.

Jonathan Placide 19/03/2014 - 16:00

Bonjour,
Très bon article, avec surtout un choix d’interlocuteurs pertinents.
J’aimerais néanmoins revenir sur certains arguments.
Ce qui me gêne avant tout, c’est cette diabolisation du téléchargement sur internet. Car oui, le téléchargement sur internet, c’est très très bien. Pour un grand nombre de raison. La principale étant le choix de films. J’adore le cinéma asiatique par exemple, et que ce soit à la télévision, au cinéma, en DVD, en blu-ray, VOD…il n’y a même pas 1% de ce cinéma qui sort en France. Quelle est la solution pour voir les 99 autres pourcents ? Internet. Même pour les amateurs de cinéma américains, populaires…un certain nombre de titres pourtant très connus ne sont toujours pas disponible (y compris dans les films de cinéastes aussi connus que Peter Jackson, Steven Spielberg ou James Cameron). La seule solution, encore une fois, le téléchargement. J’ai beaucoup d’autres arguments à valoir sur le sujet (le nombre de pubs incessantes sur les disques achetés dans le commerce…). Mais ce n’est pas le sujet de cet article, donc venons-en au fait et parlons des vidéoclubs.
La Box de VideoFutur est une très bonne idée. Et cet article me permet d’en connaître l’existence, ce qui est formidable. Par contre, en lisant l’interview du mec de VideoFutur, je me suis rappelé pourquoi je détestais les vidéoclubs (au-delà du fait qu’à mon époque, c’était des VHS que je louais, et que l’état des films était souvent discutables, après être passé dans plusieurs mains).

Je vais citer Guillermo Del Toro à propos des critiques de cinéma : « Un critique est un homme auquel vous demandez conseil mais qui préfère vous donner son opinion. »
Il en va de même sur les gens qui travaillent dans les vidéoclubs. Pourquoi ? Mais pourquoi donc se sentent-ils obligés de nous balancer leur opinion à la tronche. Quand je lis l’article, alors qu’à la seule idée de la box de Video Futur, j’étais peut-être prêt à m’y rendre, j’ai fait machine arrière en lisant les propos du vendeur. Je peux paraphraser chacune de ces phrases pour expliquer en tous point mon désaccord complet avec chacun de ces propos.
Mais en soi, je ne devrais ni être d’accord, ni en désaccord avec lui : il est conseiller de vente (ou plutôt de location). Cracher sur des films, qui plus est, ont un certain succès, n’est certainement pas la meilleure manière d’attirer la clientèle. Pas plus que de croire que le cinéma est avant tout une question d’acteur, voire même pire de dialogues (certains réalisateurs du cinéma muet doivent se retourner dans leur tombe).
Bref, pour moi, l’une des principales raisons qui fait que je ne vais plus dans les vidéoclubs depuis longtemps, c’était cette faculté qu’avaient les conseillers à cracher sur des films que j’aimais. Je vois que cela n’a pas changé. C’est bien dommage.

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