En 2010, le Lyonnais Nicolas Masson crée le label de musique électronique Shiny Disco Club. L’identité musicale de celui-ci ? Un son disco et house façon French Touch qui depuis a fait ses preuves. Deux compilations (Millenium Disco vol. 1 & 2) ont vu le jour en 2010 puis en 2011, rassemblant Louis La Roche, AutoReverse, Kartell, pour n’en citer que quelques-uns. En avril 2013, le chroniqueur Ariel Wizman sur Canal+ mentionne le morceau attendu Night Drive in Moscow de 5 Reasons produit par Shiny Disco Club, gagnant alors en visibilité. En bref, ce que l’on retient particulièrement de l’esprit de ce label, c’est le caractère solaire, acidulé et estival, empreint d’une certaine fraîcheur. Retour sur l’expérience du label Shiny Disco Club avec le fondateur, Nicolas Masson.

Salut Nicolas ! Il y a quatre ans, tu as créé le label Shiny Disco Club, peux-tu nous parler de la création ? Quelles étaient tes motivations ?

« Hello. À vrai dire, je n’avais pas de but très précis, au début c’est venu un peu au hasard, par passion on va dire. Mon seul vrai but était de faire les choses le mieux possible avec le peu de moyens que j’avais et de faire le maximum pour les artistes surtout. »

À ses débuts, Shiny Disco Club a signé plusieurs artistes parmi lesquels on retrouvait les excellents Cherokee, Darius, Kartell, AutoReverse, comment as-tu fait les démarches ?

« Pour certains, nous nous connaissions déjà depuis un certain temps avant même que le label soit créé, donc l’idée de travailler ensemble est venue assez naturellement, je pense.
Les autres, je les ai rencontrés par la suite simplement en me baladant sur SoundCloud ou YouTube. Après ça se passe toujours de la même manière, je contacte l’artiste en lui expliquant ce qu’est Shiny Disco Club et ce qui m’intéresse chez lui. S’il est intéressé par le label et que l’on a la même vision des choses, alors on commence à préparer une sortie ensemble. Rien de très compliqué à vrai dire, il faut qu’il y ait un bon feeling avec l’artiste et que l’on recherche la même chose.

Aujourd’hui, la plupart des artistes que tu as mentionnés évoluent sur d’autres labels, mais nous sommes encore en relation malgré tout. Je suis heureux qu’ils aient commencé sur Shiny Disco Club et, qu’aujourd’hui, ils soient si reconnus. Le fait que SDC ait été un bon tremplin de départ pour ces artistes me réjouit. »

Que penses-tu de la place de la musique électronique à Lyon ? As-tu le sentiment qu’il y a eu une évolution au niveau des événements ou du goût des Lyonnais ?

« La musique électronique à Lyon est très présente et c’est une bonne chose. Cependant, je trouve que même si l’offre se diversifie de plus en plus, il y a certains styles qui se sont imposés et dominent la scène lyonnaise depuis déjà pas mal d’années. Ce n’est clairement pas aussi riche qu’à Paris.
Mais ce qui me dérange le plus dans cette histoire, c’est la difficulté que rencontrent les nouveaux promoteurs pour organiser des soirées d’un autre genre à Lyon. Pour avoir vécu ça moi-même, je trouve que beaucoup de lieux ferment leurs portes trop rapidement aux nouveaux arrivants, ce qui empêche un peu la scène de se développer. »

En ce moment, quelle est l’actualité de Shiny Disco Club ?

« À vrai dire, Shiny Disco Club en tant que tel est sur le point de disparaître définitivement, je pense. Tout simplement parce que c’est un projet que j’ai commencé lorsque j’étais très jeune, et que je n’avais aucune expérience. Aujourd’hui, j’essaye vraiment de repartir à zéro avec un nouveau projet, certes similaire sur la forme, mais qui sera plus professionnel et plus complet.
Ce nouveau projet s’appelle Palm Off, c’est une structure que je viens de fonder avec mon ami Jesse Sotomayor et sous laquelle nous organisons des événements en France et en Corée. À terme, on prévoit aussi d’en faire un label mais ce n’est pas la priorité, pour le moment, on essaye de se concentrer sur l’organisation de soirées. Notre prochaine soirée Palm Off sera à Séoul avec l’artiste FKJ. »

Désormais, tu vis à Séoul en Corée du Sud, abordes-tu la gestion et la direction artistique de tes projets différemment ?

« On m’a souvent posé cette question, surtout lorsque que je vivais au Japon et que je gérais seul un label basé à Lyon. C’est vrai que ça peut paraître un peu compliqué comme organisation, mais même lorsque j’étais en France, je ne rencontrais pas les artistes très régulièrement. Même si le fait de pouvoir rencontrer ses interlocuteurs est forcément un plus, la gestion d’un label peut également se faire par e-mail et j’ai d’ailleurs toujours fonctionné comme ça.

Et puis je ne travaille pas seulement avec des artistes français. Quand on part sur l’idée d’avoir un label avec des artistes venant du monde entier, il ne faut pas s’attendre à pouvoir rencontrer tout le monde.
Je pense au contraire qu’être à Séoul est un énorme avantage pour mon nouveau projet Palm Off, Jesse peut s’occuper des affaires et soirées en France et en Europe tandis que je m’occupe de l’Asie. Ça nous permet d’offrir encore plus d’opportunités aux artistes qui travaillent avec nous. »

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