Il y a neuf ans, Robert Rodriguez adaptait la bande dessinée de Frank Miller avec une fidélité irréprochable : Sin City. Le film est aujourd’hui devenu culte, son esthétisme novateur et ses scènes explosives ont marqué la mémoire du cinéma.

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 La suite du long métrage, Sin City : J’ai tué pour elle, est enfin arrivée dans nos salles.

Dans les rues putrides de Sin City (ville du péché), le vice est partout, dans les quartiers sombres déambulent des prostituées, des gangsters et quelques policiers corrompus, les routes sont rongées par le crime et les habitants se retrouvent dans le Kadie’s Club Pecos, un bar insalubre qui est le point de chute de chacun. Les ruelles sombres et les psychologies perturbées des personnages rendent hommage aux films noirs et aux polars. En comparaison, les deux films se complètent bien, on retrouve les lieux morbides habituels (le manoir, la vieille ville et le bar), les personnages intrigants ou glauques, et le même schéma achronique de trois histoires qui se mêlent dans un final très réussi.

Robert Rodriguez, réalisateur anticonformiste, nous livre comme souvent des protagonistes marquants, par leur physique (presque surnaturel de beauté ou d’effroi) et leur psychologie malsaine ou perturbée. Une voix off nous imprègne des pensées de chacun, de l’humour aux idées glauques, les points de vue alternent. Les femmes sont manipulatrices ou envoûtantes, les filles de la vieille ville, passionnelles et dangereuses (on retrouve les personnages de Miho et Gail qui démontre une nouvelle performance de Rosario Dawson). Marv (Mickey Rourke) est toujours aussi jouissif dans sa fatalité, son assurance et sa force, et Josh Brolin retrouve le réalisateur après Planète Terreur pour jouer le gangster romantique. Une série d’antihéros qui nous charment par leur fatigue éternelle, leur morale et leurs passions, il n’y a aucune rédemption possible pour eux, ce sont les créatures issues de Sin City comme d’un monde parallèle.

Le film est unique grâce à son visuel révolutionnaire, le réalisateur a voulu retranscrire les effets de la bande dessinée : des contrastes forts du noir et du blanc qui donnent une lumière surprenante à une ville obscure et dont les images sont parsemées de touches de couleurs précises. La musique impose elle aussi la puissance du film, le concept est surprenant et imprègne le public dans l’ambiance hostile de la ville, les effets sont exploités fortement sans jamais tomber dans la vulgarité.

Cette œuvre est un concept de polar très sombre et à la fois très léger, chacun tente de faire régner sa propre justice dans cet enfer urbain. Tout est vivant et explosif, Rodriguez nous présente avec toujours la même virtuosité des envolées de sang, des motos bruyantes, de l’alcool poisseux et des personnages marginaux, violents ou malsains mais inoubliables.

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Un deuxième volet qui impose définitivement Sin City parmi les grands films noirs contemporains.

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