Derrière ses airs d’étudiant se cache un réel manager, l’inventeur de ce qui deviendra, peut-être un jour, un phénomène de mode mondial : nous vous présentons Aymeric Raguet et sa marque Sioou. Dites adieu aux tatouages Malabar, ça n’a rien à voir. Faites place à la tendance naissante du bijou éphémère.

Le concept est simple : faire du tatouage une véritable parure. L’idée est née à Lyon il y a environ un an. Un concours de start-up, quelques bonnes rencontres, et le tour est joué. À peine sorti de sa formation de management à l’IAE Lyon (précédée d’études d’ingénieur à l’ECAM Lyon), Aymeric fonde sa boîte. Et la nomme Sioou, en hommage à ces Amérindiens qui se peignaient le corps pour les grandes occasions. C’est d’ailleurs, à peu de chose près, l’objectif du projet lyonnais : remplacer l’objet bijou par une parure à même la peau, et ainsi transformer le tatouage temporaire en un réel accessoire de mode, chic et original.

Ce qui fait toute la valeur de ces tatouages, c’est qu’il s’agit de créations originales d’artistes. Parmi eux, on trouve Laurie Fabre, graphiste freelance à Lyon. C’est en discutant avec elle que l’on comprend à quel point les artistes qui collaborent avec Sioou ont toute la liberté d’exprimer leur propre patte. « Nous sommes une palette d’artistes, et chacun d’entre nous a son style de dessin. Moi qui suis habituée à des demandes très techniques, j’ai été conquise par ce projet purement artistique, grâce auquel j’ai l’occasion de m’exprimer », explique Laurie. Aymeric insiste également : « On donne carte blanche aux artistes. Le but, c’est de proposer quelque chose qu’on ne voit pas ailleurs. Bien sûr, ils ont quelques contraintes techniques, puisque les formes doivent s’adapter au corps, et les traits doivent être suffisamment épais pour l’impression. Mais sinon, c’est à eux d’exprimer leur style graphique. »

 

sioou-mademoiselle-paon
Mademoiselle Paon, parure réalisée par Laurie Fabre, un des best-sellers de Sioou

Mais quel intérêt d’arborer un tatouage plutôt qu’un bijou ? Aymeric apporte diverses réponses à cette question : « Le tatouage peut se poser n’importe où sur le corps, contrairement au bijou. Ensuite, cela donne un effet visuel différent, et aussi un effet psychologique différent, puisque le bijou est sur la peau. Enfin, on peut créer son propre tatouage, en découpant et réassemblant comme bon nous semble plusieurs tatouages différents. » De son côté, Laurie y voit un avantage tout autre : « Beaucoup de gens aimeraient se faire tatouer mais n’osent pas franchir le pas. Ce concept permet donc d’être tatoué juste pour une semaine, ou même pour une soirée. » Selon elle, on pourrait presque voir en Sioou une forme de militantisme : « En France, il y a encore un tabou autour des tatouages. C’est assez mal vu, on dit que ça fait mauvais genre. Sioou va à l’encontre de ce tabou, cherche à libérer le body art. »

On est toutefois susceptible d’avoir quelques appréhensions à porter ces tatouages. Pourtant ne vous en faites pas : à Arlyo, on a testé et on n’a rien à y redire ! Ils sont garantis hypoallergéniques, et chacun est accompagné de lingettes dédiées à l’enlever lorsqu’il commence à s’abîmer, soit au bout de trois jours minimum. Leur prix est aussi assez élevé, dû à leur qualité : 20 € les deux grands tatouages ou 5 € le mini. On peut donc faire comme les Sioux et attendre les grandes occasions pour se les offrir.

Aymeric a même plusieurs conseils pour les porter : « Mieux vaut éviter les vêtements avec plein de motifs, car le tatouage est déjà très original. Par exemple, une robe noire est idéale. Et il ne faut pas hésiter à le poser à des endroits inattendus, par exemple derrière l’oreille ou encore sur les jambes. »

Sioou commence à bien se faire connaître à Lyon… néanmoins y restera-t-elle éternellement ? Pas sûr, vu l’ampleur que prend le phénomène. « Lyon était une ville parfaite pour se lancer, confie Aymeric, puisque tout est moins cher. En plus, on reçoit des aides de la Région, et l’Université Lyon 3 nous héberge dans ses locaux dans le cadre de son projet d’incubateur qui accueille de jeunes start-up. J’aimerais beaucoup pouvoir rester à Lyon, mais il est vrai qu’aujourd’hui on réfléchit à aller sur Paris. Ici on a des difficultés pour contacter les journalistes ou les boutiques distributrices, et on loupe plein d’événements mode. À Paris, c’est une tout autre échelle. C’est dommage que tout soit aussi centralisé. »

Vous pouvez trouver tous les bijoux éphémères Sioou dans de nombreuses boutiques à Lyon (notamment à celle du Village des Créateurs), ou alors sur le site Internet de la marque.

Print Friendly, PDF & Email

Related Posts

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.