Ceci est un top purement subjectif des meilleurs films post-apocalyptiques du cinéma

Nous avons choisi d’exclure de ce top les films de zombies, ou d’infectés, car ils ont déjà leur catégories bien à eux. Enfin, nous avons exclus d’office les films commençant dans des mondes post-apocalyptiques, avant de bifurquer dans le présent, quand bien même cela signifiait de ne pas inclure dans ce top des chefs d’oeuvres tel que les deux Terminator de James Cameron ou encore l’Armée des Douze Singes de Terry Gilliam, remake du non moins génial La Jetée de Chris Marker.

Nous excluons également de ce top un genre quasi uniquement connu dans la japanimation, à savoir le film post-apocalyptique où la société a été totalement recréée, quand bien même une fois encore, cela nous prive malheureusement du monumental Akira de Katsuhiro Otomo ou de la saga Matrix des frères Wachowskis (sujet éminemment plus complexe, pour le coup, nécessitant un véritable débat).

Néanmoins, nous avons tout de même inclu les deux films de John Carpenter, New York 1997 et Los Angeles 2013. Car, quand bien même ils n’appartiennent pas tout à fait au genre, ils en font partie des principales références, au même titre que les Mad Max de George Miller, et leur atmosphère ainsi que leur décors concernent directement le sujet qui nous intéresse ici.

Enfin, sachez que si certains films ne figurent pas dans ce top, cela ne m’empêche pas de les apprécier en tant que  purs plaisirs coupables, quand bien même je n’y vois réellement pas grand chose à sauver sur le point de vue strictement cinématographique. Je parle bien sûr de 2072, les mercenaires du futur, réalisé pourtant par le grand Lucio Fulci qui avait apparemment envie de réaliser un film à la lumière totalement surexposée mais tellement futuriste !

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Mais également de 2019, après la chute de New York de Sergio Martino qui mélange à peu près tout ce qui se fait dans le genre, y compris Star Wars pour une raison que l’on ignore. La seule chose intéressante de ce film étant son point de départ, qui servira, quelques années plus tard à donner à un véritable chef d’oeuvre, Les fils de l’homme, mais nous y reviendrons plus tard dans cet article.

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Comment ne pas évoquer l’énorme nanar de Neil Marshall, Doomsday et son plan à la grue se terminant sur les fesses de Rhona Mitra (et c’est pas parce qu’elles sont parfaites que cela fait du film un chef d’oeuvre, n’est-ce-pas ?)!

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Bon, sinon, Jim Carrey nous explique dans Disjoncté, qu’il est fan de Waterworld. Comme c’est quelque chose que je ne peux comprendre, je n’argumenterais pas plus que cela, mais j’ai au moins cité le film.

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Egalement, comment ne pas citer le film Apocalypse 2024 de LQ Jones, sorti en 1975, film que je n’aime pas trop, mais qui a l’avantage d’être le véritable initiateur du genre, mais tellement gnangnan….

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Et le meilleur pour la fin. Bon, d’accord, ce n’est pas un film, mais un téléfilm, mais quand même, je ne pouvais faire cet article sans mentionner Terminus avec Johnny Hallyday dans le rôle principal. On ne sait jamais, si par un soir de beuverie, vous cherchez un film à regarder…

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Et quand bien même, je ne peux pas l’inclure dans ce top, je ne peux également le faire sans rendre hommage à cette oeuvre qui a bercé mon enfance en dessin animé, puis mon adolescence en manga papier qu’est Ken Le Survivant, qui doit toute son existence au film Mad Max 2 de George Miller. Ce même George Miller qui semble apprécier l’hommage, puisqu’il y fera une référence subtile dans Mad Max Fury Road, via le personnage de vieille dame désireuse de planter des fleurs dans le désert.

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Mais saviez-vous d’ailleurs qu’il en existe une adaptation cinématographique tout ce qu’il y a de plus douteuse avec Gary Daniels (à laquelle on ne peut que préférer l’excellente adaptation officieuse totalement Z Story of Ricky-Oh, qui lui, n’est pas un film post-apocalyptique)

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Mais il est temps de commencer le top…

14-Cyborg(1989) d’Albert Pyun

Voilà peut-être le film inspiré de Mad Max 2 sorti des années 1980 qui possède le plus de fans. Car si le film de Pyun n’a jamais le génie en terme de mise en scène de l’oeuvre précité, il parvient néanmoins à créer un univers sous influence assez crédible, et bien que son histoire contienne également des éléments piqués au Terminator de James Cameron, le film n’est pas déplaisant et fait même parti des meilleurs de la filmographie de Jean-Claude Van Damme, ici acteur principal, ayant crevé l’oeil sur le tournage de son collègue Jackson Pinckney, à qui il signera un joli chèque de presque 500 000 dollars en dédommagement. Et puis, on ne sait jamais, si on estime que la subtilité symbolique, c’est de montrer Jean-Claude Van Damme crucifié avant qu’il ne se relève et dézingue tout le monde…Un petit plaisir coupable, mais certainement pas un grand film.

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13-La Route (2009) de John Hillcoat

La Route, c’est un peu le film post-apocalyptique pour ceux qui n’aiment pas le genre. Si Hillcoat semble avoir bien compris que le genre lui permet de réaliser un western déguisé, le film n’en demeure pas moins trop sobre, et peut-être trop conscient de son statut autheurisant pour convaincre. Reste que le roman de base de Cormac McCarthy fait de cette histoire d’un peur traversant un monde détruit avec son fils, un film relativement prenant et bien très bien interprété par Viggo Mortensen, Guy Pearce, Robert Duvall et Charlize Theron. Dommage que le film n’ose jamais s’assumer réellement.

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12-Le dernier combat (1983) de Luc Besson

Premier film, et à mes yeux, le meilleur de Luc Besson, Le Dernier Combat est un film incroyable en noir & blanc et muet (seules quelques onomatopées sont prononcées durant le film). Ici, seule l’image s’exprime à travers un savoir-faire indéniable. Et c’est surtout pour cela que le film impressionne, d’autant qu’il s’agit d’un tout petit budget (600 000 francs à l’époque). Ce film raconte l’histoire d’un homme, campé par Pierre Jolivet, qui tente de survivre dans un monde devasté où les hommes ont perdu l’usage de leur langue. Et puis, moi qui travaille beaucoup avec le Club Med, savoir que le fils d’un chef de village du Club (Luc Besson, fils de Claude Besson) fait son premier film de cinéma avec un GO dans le rôle principal (Pierre Jolivet), ça me fait plaisir.

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11-Postman (1997) de Kevin Costner

Kevin Costner semble n’avoir que deux obsessions dans sa vie, le western et Mad Max 2 de Georges Miller. Après avoir tenté de refaire le film mais dans l’eau en tant que producteur avec l’immonde Waterworld, il se remet au post-apocalyptique, mais en tant que réalisateur cette fois, avec Postman. Les médias étant alors en pleine campagne de dénigration de la star, le film sera un four complet au box-office, mais il parviendra pourtant à se refaire une petite réputation avec le temps. En effet, bien qu’un peu longuet, Postman réussit pourtant à être le véritable western que La Route rêverait d’être, et le sens de l’épique déjà démontré de Costner réalisateur, et son amour pour les paysages à la John Ford font ainsi merveille dans cette histoire de facteur opposé à un tyran dans une société dévastée (dit comme ça, ça fait un peu cucul effectivement, mais c’est bien quand même).

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10-Mad Max : Au-delà du dôme du tonnerre (1985) de George Miller et George Ogilvie

Le troisième volet des aventures de Mad Max est très déprécié par les fans. Et pour cause, de saga ultra-violente, celui-ci s’oriente vers la fable enfantine. De plus, le film est co-réalisé par George Ogilvie, et cela se ressent à tel point que l’on pourrait presque pointer du doigt chacune des scènes en question tant le décalage avec la réalisation de Miller est flagrant. Reste quelques moments forts comme le combat dans le dôme du tonnerre, le personnage de Master Blaster ou la course poursuite finale. De plus, le film, par son sujet évoque la nécessité pour un peuple quel qu’il soit de se créer des mythes fondateurs, idée pas inintéressante sur laquelle nous reviendrons d’ailleurs plus tard dans cet article.

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9-Los Angeles 2013 (1996) de John Carpenter

Lors de sa sortie en 1996, la suite de New York 1997 se paye un énorme bide un peu partout dans le monde, la faute à ce qui n’est, au final qu’un remake, clairement moins inspiré du film original qui plus est, désservi par des effets spéciaux ratés. Pourtant, il faut le dire, la science du cadre de Carpenter fait ici des merveilles et Kurt Russel reste l’incarnation du héros badass par excellence, ici dans son rôle le plus célèbre. De plus, le film est peut-être l’un des plus ouvertement nihiliste de l’histoire du cinéma, et sa fin l’une des meilleures fins jamais vues sur un écran de cinéma, en même temps qu’un véritable uppercut adressé à notre société de bien-pensants, faisant de son héros le symbole même de l’anarchie au cinéma. Rien que pour ça, ce film mérite d’être dans ce top !

« Welcome to the Human Race ! »

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8-Mad Max (1979) de George Miller

Celui par qui vint le scandale ne possède pas encore tout à fait le visuel que l’on y prête. Film petit budget alors réalisé par un ex médecin (George Miller) avec un acteur totalement inconnu n’ayant qu’un seul film à son compte (Mel Gibson), le film sera un énorme succès à sa sortie et considéré comme un véritable objet filmique non identifié. Quand bien même il s’inspire légèrement du film Point Limite Zéro de Richard Sarafian dont il reprend la scène centrale en introduction, Mad Max propose un univers novateur, l’un des premiers univers post-apocalyptiques vus sur un écran. Et surtout une façon de filmer incroyable à base de plans à ras du bitume, de gros plans sur des yeux qui sortent de leurs orbites, et autres. Il sera également le premier à définir le genre comme un western urbain. Incompris par l’élite de l’époque, il échappera de peu à une classification X et sera distribué en France que 3 ans après sa sortie, le film étant jugé trop violent et influent par la jeunesse. Le film raconte l’histoire de Max Rockatansky, un flic de la route impitoyable dans une société post-apocalyptique, qui va finir par raccrocher l’uniforme après que son coéquipier soit grièvement brûlé par un gang de motards. Mais alors qu’il s’enfuit dans le Nord avec sa famille, ceux-ci vont être assassiné par le gang en question, ce qui fera basculer Max dans une folie meurtrière.

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7-The Rover (2014) de David Michôd

Le post-apocalyptique que personne n’a vu pourrait-on dire. Et pourtant, l’un des meilleurs. Dans un monde post-apocalyptique, un ancien fermier (Guy Pearce) se fait dérober sa voiture par trois criminels en fuite. Le hasard le fait croiser le frère de l’un d’entre eux (Robert Pattinson) qu’il va kidnapper pour récupérer son bien. Sombre, lent et ultra-violent, le film de David Michôd ressemble tout autant à un western crépusculaire qu’à un film post-apocalyptique. Le film commence mal et on sait dès le départ qu’il ne peut que finir mal, très mal. Et c’est justement par une fin véritable incroyable de noirceur, retournement de situation quasi-impossible à deviner et pourtant amené avec intelligence, que le film se terminera. A voir absolument, y compris si vous pensez qu’il y a un problème de casting, car croyez-moi, vous vous trompez !

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6-New York 1997 (1981) de John Carpenter

Sorti la même année que Mad Max 2, le film de Carpenter, bien que n’étant pas tout à fait un film post-apocalyptique aura tout autant d’influence sur le genre qui va en découler. Très gros succès mériter à sa sortie, il propulse Kurt Russell en tant que l’un des acteurs les plus charismatiques de sa génération. Cette histoire de l’île de Manhattan transformée en prison de haute sécurité où le légendaire Snake Plissken, fugitif hors-la loi, n’a que 24 heures pour sauver le président des Etats-Unis sera plagiée un nombre incalculable de fois, y compris et surtout par Luc Besson qui n’écrira non pas un, mais carrément trois films sur le thème (Banlieue 13, Banlieue 13 Ultimatum et Lock Out). Quant au personnage de Snake Plissken, il servira de référence (assumée cette fois) à une autre icône pop, mais de jeux vidéo, cette fois, à savoir Solid Snake de Metal Gear Solid. Si on mesure un film à son influence sur les productions futures, alors New York 1997 est un chef d’oeuvre, assurément.

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5-La Planète Des Singes (1968) de Franklin J. Schaffner

Si nous étions en 2000, et que nous faisions alors ce top, je n’aurais jamais osé mettre La Planète Des Singes ici. Non pas que le film ne soit pas bon, bien au contraire, mais tout simplement parce que pour savoir que le film est post-apocalyptique, il faut en avoir vu la fin. Seulement, voilà, nos amis des studios Fox, dont l’intelligence n’est plus à démontrer, ont décidé en sortant les films en DVD en 2001, de mettre en photo la fin du film sur la pochette DVD. Et voilà comment gâcher l’une des plus belles fins de l’histoire du cinéma !

Donc SPOILER ci-dessous, si vous n’avez jamais vu la nouvelle affiche du film, et également si vous n’avez pas vu les films sortis en 2011 et 2014 détruisant également le coup de théâtre final du film original :

Le film de Franklin J. Schaffner raconte en effet l’histoire d’astronautes qui, après avoir dérivés dans l’espace, attérrissent sur une planète entièrement gouvernée par des singes et où l’humanité est réduite en esclavage. Ils tenteront par tous les moyens de s’échapper pour regagner la planète Terre, lorsqu’arrivés sur une plage, ils découvrent ni plus ni moins que la statue de la liberté détruite. La planète des singes n’était donc pas une autre planète, mais simplement la Terre dans le futur, réduisant ainsi toutes leurs chances de s’échapper.

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4-Les fils de l’homme (2006) d’Alfonso Cuaron

Les fils de l’homme reprend grosso modo la trame sous-exploitée du nanar 2019 après la chute de New York. Le film se passe dans une société totalement stérile où un homme va essayer de sauver la seule femme enceinte de l’humanité d’un monde tombée dans la sauvagerie et le désespoir. Si le film impressionne par la prestation habitée de Clive Owen, la reconstitution de son univers, et son scénario (adapté d’un roman de PD James) original, ce n’est pourtant pas ce qui fait sa principale force. En effet, Les Fils de l’homme, c’est avant tout un film porté par deux génies, Alfonso Cuaron, le réalisateur, et Emmanuel Lubezki, son directeur de la photographie (une équipe qui se reformera quelques années plus tard pour l’incroyable Gravity). Au-delà de la portée philosophique de la chose, le travail des deux hommes apportera par le biais de plans séquences incroyables une immersion totale du spectateur dans l’univers. Immersion dont je ne peux que vous partager un extrait, tout en plan séquence, ici-même, attention spoiler :

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3-Le livre d’Eli (2010) de Albert et Allen Hughes

Bien que je ne le classe ici que troisième, afin de ne pas faire hurler les fans, il s’agit peut-être réellement de mon film post-apocalyptique préféré. Sur une mise en scène totalement incroyable des frères Hughes (voir  ici ou même à n’importe quel moment du film, en fait, tellement c’est bon),

et une photographie purement Comic Book réalisée grâce à la Red One, le film brille surtout par un scénario d’une rare profondeur, mais pour cela, je me dois d’expliquer certaines choses.

En France, pays athé par excellence, tout film traitant de religion autrement que pour l’insulter, se voit immédiatement conspué. Or,un film qui s’intitule Le Livre d’Eli ne peut effectivement, parler que de religion.

Passons donc outre ce fait, et expliquons l’importance de ce qui est raconté dans le film des frères Hughes. Car s’il est bel et bien question de religion, le film a l’intelligence de l’aborder de façon novatrice. En effet, le film oppose très explicitement la foi, portée par son personnage principal, Eli (Denzel Washington), de l’extrémisme religieux, représenté par Carnegie (Gary Oldman). Il démontre ainsi qu’un même livre (ici, la Bible, mais toutes les religions seront également citées dans le film) peut servir des intérêts totalement antinomiques. Il fait également parti des seuls films qui mettent chaque religions à égalités, et c’est en cela que, contrairement à ce qui a été écrit, il ne traite pas de religion, mais plutôt de leur importance dans l’histoire de l’humanité.

Mais pour comprendre cela (et l’importance des autres films de ce Top), il me faut vous parler (brièvement) de Joseph Campbell et de l’universalité du mythe. Campbell est un historien, connu pour son essai sorti en 1949 et aujourd’hui enseigné un peu partout dans le monde anglo-saxon (en France, on s’en fout, à un point que vous n’imaginez même pas), Le Héros aux mille et un visages. Si ce livre est si important, c’est parce que Campbell y parle et étudie les différents mythes, légendes et religions. Il va découler de cette étude qu’ils répondent tous aux mêmes schémas archétypaux, et que leur importance dans le parcours de l’humanité est primordiale. En effet, il ne s’agit pas de savoir s’ils sont vrais ou faux, mais en quoi ce qu’ils enseignent permet de faire progresser l’humanité ainsi que l’individu. En plus de cela, il va découler de cet essai une histoire qui serait, l’histoire universelle, celle qui, bien racontée (elle comprend 26 étapes), devrait toucher à l’universalité. Sans entrer dans le détail, voici quelques oeuvres basées sur cette structure : Matrix, Le Seigneur Des Anneaux, Star Wars, Harry Potter, E.T, Lost, Avatar , Dune…

Or, Le Livre d’Eli touche justement à l’universalité du mythe, que ce soit par son personnage (Eli est clairement inspiré du prophète Eli, présent dans la Bible et le Coran), par son histoire ou par les actes de ses personnages. Mais pour comprendre cela, il faut aller au delà des apparences. Sinon, vous pouvez clairement l’apprécier également comme l’un des films d’actions les mieux réalisés de ces dernières années.

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2-Mad Max 2 : Le Défi (1981) de George Miller

Trop rapide, trop violent, trop immoral, trop bruyant…Le film de George Miller a été qualifié de tous les « trop » du monde lors de sa sortie. On ne savait pas pourquoi, mais il fallait absolument interdire ce film qui ne rentrait pas dans les normes de l’époque. Trop en avance sur son temps, serait-on tenté de dire. La suite du premier opus s’impose dès le départ. L’apocalypse a eu lieu, et reste Max, le guerrier de la route, tandis que l’humanité se détruit pour la seule chose qui a encore de la valeur : l’essence. Une course-poursuite hardcore lancée à toute allure sur le bitume, et on sait que l’on est face à une véritable date dans l’histoire du cinéma. Souvent copié, jamais égalé. Le film en impose avec ses mouvements de caméras incessants, son rock assourdissant, et surtout ses guerriers, tout en cuir dans un désert aride où le seul espoir de l’humanité réside dans le personnage de Max, cet homme qui a tout perdu, et qui n’a plus aucun but dans la vie. Après le choc que fut le premier opus, l’attente était grande par rapport à sa suite, mais rien ne laissait présager un tel choc, dont les spectateurs de l’époque auront bien du mal à se remettre. Et si le personnage de Max devient aussi iconique, c’est grâce à ce qui a été dit plus haut, à savoir les écrit de Joseph Campbell. En effet, suite au succès du premier opus, Miller se questionne « pourquoi mon film et pas celui d’un autre ? ». Il comprend alors qu’avec Mad Max, il avait, sans le vouloir toucher à l’archétype même du héros, dans ce qu’il a de plus mythologique. Il va alors élaborer le récit des opus suivants (et ceux de tous ces autres films d’ailleurs) en étant constamment à la recherche de l’universalité du mythe. Et encore aujourd’hui, les courses-poursuites du film font figures de références absolues. De toute façon, un film qui commence comme ça, est forcément un chef d’oeuvre :

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1-Mad Max : Fury Road (2015) de George Miller

Attendu depuis 30 ans, le dernier Mad Max en aura vu du chemin avant d’arriver sur les écrans. D’abord prévu avec Mel Gibson et Heath Ledger, puis annulé en 2003 pour cause de fleurissement du désert australien, puis annulé de nouveau à cause de la mort de Ledger, puis sans arrêt repoussé, le film débarque enfin, répondant à toutes les attentes les plus folles. Pour beaucoup, il était d’ailleurs totalement impossible de faire meilleur que le deuxième opus, et pourtant les faits sont là, le dernier opus ne se contente pas d’être meilleur que le deuxième volet, il l’atomise littéralement. C’est simple, visuellement, on n’a jamais vu ça. Mais pour comprendre la claque visuelle que représente un tel film, encore faut-il parler de sa conception même. En effet, bien que cela soit difficile à croire, la totalité du film a été tourné en dur. Chaque voiture, chaque cascade, et chaque acteur que vous voyez sont vrais, ils ne sont jamais remplacés par des images de synthèse, y compris dans les séquences les plus spectaculaires. Les effets spéciaux numériques, s’ils ne sont pas absents, ont seulement été utilisés pour faire du compositing (grosso modo : embellir les décors, les explosions, ou rajouter des effets dans l’image comme la tempête de sable). Voilà déjà qui tient de la réelle prouesse technique. Pour s’assurer un maximum de spectacle, Miller a de plus décidé d’aller à l’encontre totale de toutes les règles du cinéma, privélégiant au maximum les plans larges, et surtout plus longs que d’accoutumé afin que le spectacle ait une lisibilité totale de ce qu’il se passe à l’écran (on est ainsi très loin des séquences d’actions illisibles des films de Paul Greengrass par exemple). Enfin, la méthode même d’écriture du film était hors norme puisque plutôt que d’écrire un scénario, comme cela se fait d’habitude, Miller a totalement storyboardé le film de A à Z, le storyboard faisant alors office de scénario véritable. Car s’il est quelque chose que seuls les plus grands réalisateurs savent faire, c’est s’exprimer uniquement par l’image. Et en l’occurence, tous les enjeux du film, nombreux, ne passent que par l’image : un échange de regard, un plan symbolique…Le spectateur non habitué cherchera en vain les dialogues explicatifs, et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle les détracteurs (peu nombreux, cependant, comme le démontre les notes spectateurs sur les sites cinémas du monde entier) reprocheront au film son manque de scénario (comprendre « son manque de dialogue », donc…), laissant les autres voir et revoir le film (parmi mes amis journalistes, certains en sont à plus de 5 fois en deux semaines). C’est peut-être d’ailleurs, la seule fois ou rien que la bande-annonce ne comprend que des plans à la beauté et à la symbolique époustouflante. Une bande-annonce seule, meilleure que la plupart des films sortis ces dernières années, c’est dire :

Pendant ce temps, Miller a repris son trône, et à 70 ans, il renvoie la plupart des réalisateurs actuels à la révision de leurs cours de cinéma. Tandis que Max, le guerrier de la route, attend sa prochaine aventure.

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Et puis, plutôt que de continuer d’argumenter, autant laisser la parole aux gens de la profession qui ont eux, aussi, leur mot à dire sur le film :

« If I was in high school, Mad Max: Fury Road would make me want to be a filmmaker. » Colin Trevorrow

« I saw @MadMaxMovie twice on Saturday! It is AWESOME. #GeorgeMiller, you did it again. Bigger and better than ever! » Robert Rodriguez

« MAD MAX FURY ROAD EST L’UN DES PLUS GRANDS FILM D’ACTION JAMAIS REALISE. j’ai bien aimé, quoi… » Romain Lévy

« Fury road score is insanely awesome » Neill Blomkamp

« Mad Max is insane filmmaking. Almost no visual effects; all done for reals. Jaw dropped. » Zach Braff

« In spite of high expectations, I was still blown away by #FuryRoad. Thanks to @edgarwright for the heads up. » Jon Favreau

« Ok yall, Fury Road is One Most MUPFUGGAH of a Movie!! U Gotta See It!!! » Samuel L. Jackson

« Fury Road makes me want to go back and replay Borderlands 2. That is a good thing. » Duncan Jones

« MAD MAX THOUGHTS 7: Just want to reiterate that it is absolutely @CharlizeAfrica’s movie. She drives everything, literally and figuratively. » Gary Whitta

« Audiences proving that films with great female characters make money!!! » Jessica Chastain

« It’s now May and MAD MAX: FURY ROAD is probably the best movie of 2015 so far…but why does this vaguely depress me? » Bret Easston Ellis

 

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1 Commentaire

meilleurdrone 31/03/2017 - 01:48

Hé, tu as fait un travail fantastique. Je vais certainement le creuser et recommander personnellement à mes amis.
Je suis sûr qu’ils seront bénéficiés de ce site.

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