On est allés au TT Twister, le cabaret caché dans les pentes de la Croix-Rousse

par Arlyo Team
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On vous avait présenté le TT Twister en décembre dernier. À l’occasion de la reprise des festivités, ArlyoMag est allé siffler avec le public de ce cabaret hors de l’espace et du temps.

On n’en dira pas plus sur la location du club, dont le caractère secret lui assure une base d’habitués fidèles et garants de l’esprit du lieu. On découvre le TT Twister par bouche à oreille. Vu de l’extérieur, rien ne laisse croire que les aficionados de Lyon et d’ailleurs s’y retrouvent pour honorer l’effeuillage dans la plus grande tradition du burlesque.

On accède à l’appartement comme à une pendaison de crémaillère, en se soufflant le code des portes de l’immeuble, scrutant l’étage sur les boîtes aux lettres. Enfin, tout au bout d’un couloir, une porte s’ouvre sur un canut des plus classiques, aménagé pour accueillir tout ce beau monde. Les grands murs rouges donnent le ton et une mezzanine fait office de loge pour les artistes. On en voit passer un ou deux, à moitié maquillés, courant après un accessoire. À gauche, la scène au fond bleu s’impose, promesse de spectacles grandioses.

Bianca Nevius ©Matthieu Neumeyer

Bianca Nevius ©Matthieu Neumeyer

Le bar fournit des rafraîchissements bienvenus, car le TT Twister se remplit vite et la température monte en flèche, dans les corps et dans les cœurs. Ce soir, on ne sert pas du champagne mais du prosecco, clin d’œil aux danseuses et danseurs qui arrivent tout droit d’Italie. Notre hôte, Martini, fabuleuse dans sa robe noire et un grand sourire aux lèvres, court partout sur ses hauts talons et s’assure que tout le monde est bien installé. Les festivités peuvent commencer.

Le ton est posé d’emblée par Martini elle même, qui nous accueille par une chanson sur le thème du brouillage des genres et de la multiplicité des identités, autant de notions qu’il est nécessaire d’appréhender pour apprécier pleinement ce que se joue ici, ce soir. Elle nous gratifie ensuite d’un rapide cours à l’intention des « puceaux », qui viennent ici pour la première fois. « Plus on en donne, plus on en a », nous intime-t-elle, encourageant le public à accompagner les performances des artistes par toute une gamme de vocalises, claquements de langue, sifflements et autres ovations.

Sophie D'Ishtar ©Matthieu Neumeyer

Sophie D’Ishtar ©Matthieu Neumeyer

Vient alors le temps des performances. Bianca Nevius est la première à monter sur scène. Toute en froufrous et paillettes, elle provoque dès son arrivée sur scène les réactions les plus frénétiques d’un public chauffé à blanc. Brûlant aussi est le saxophone qui l’accompagne, comme criant son amour aux courbes dévoilées de la belle turinoise. Le deuxième numéro est intitulé Tea Time et nous est présenté par Vanille Bon Bon. Très Louis XIV, avec perruque poudrée et robe à crinoline, elle livre un acte plein d’humour, servi par un jeu expressif et une narration entraînante. Après avoir fait apparaître un service à thé complet, sorti comme par magie de son corsage, elle part à la recherche du sachet de thé qu’elle dénichera in extremis dans un de ses bas.

Les lumières s’allument et on ouvre les fenêtres, au grand bonheur des invités qui s’efforcent de capter un peu de fraîcheur. Les conversations reprennent pour quelques instants avant que Martini elle-même s’y mette à son tour, tombant la robe sous les vivats d’un public conquis. Elle nous montre ainsi que le burlesque, plus qu’une discipline artistique, est un état d’esprit dont chacun peut s’emparer.

©Matthieu Neumeyer

Martini Cherry Furter ©Matthieu Neumeyer

On ferme les fenêtres, on écrase les cigarettes et les spectacles reprennent. S’avance la romaine Sophie D’Ishtar. Dans sa robe de princesse orientale, toute en rouge, en jaune et en paillettes, elle se tord sous des airs de cithare, tombant ses voiles comme une illusion, hypnotisante. L’artiste suivant apporte une rupture avec les représentations précédentes. Il ne s’agit plus d’aller du plus habillé au plus nu, mais de s’engager dans une transition, en l’occurrence du féminin vers le masculin. Simone The Prince arrive donc sur scène drapé de rouge, perruque blonde et talons aiguilles, et en redescend dans un état des plus virils.

Il est presque minuit et la soirée n’est pas prête de se terminer. Les artistes préparent de nouveaux numéros et l’ambiance est telle que l’on imaginerait mal les joyeux drilles qui remplissent les lieux se disperser sans faire d’histoire. Ce soir, Lyon est une fête.

Remerciements :

Les photos de la soirée nous ont été aimablement fournies par Matthieu Neumeyer dont vous pouvez retrouver le travail sur Instagram et sur Facebook.

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