Pour les vacances, on a décidé d’aller un peu vers le soleil en parlant de capoeira avec l’association Oxala Brasil. La capoeira n’est pas entièrement de la danse, mais pour moi, celle de démonstration est tellement esthétique que l’on peut la considérer comme de la danse. Les mouvements s’enchaînent à une vitesse impressionnante avec une coordination irréprochable.

Oxala Brasil

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Roda Noel 2013 – Contra-Mestre Boy

L’association Oxala Brasil de Vaulx-en-Velin a été créée par Natalia, danseuse de samba, et ses frères en 2007. Son objectif est de développer la culture afro-brésilienne, pour ce faire, elle propose des cours de samba, de capoeira, de danse africaine, de danse brésilienne et l’apprentissage de la langue portugaise. Pour faire partie de l’association, il faut s’inscrire ; actuellement, il y a 48 adhérents.

Les cours de capoeira sont dispensés par Contra-Mestre Boy. À Vaulx-en-Velin, les niveaux sont mélangés, car cela permet le partage et les enfants prennent conscience de la discipline. À Caluire, les cours sont séparés en deux, adultes et enfants. L’apprentissage se déroule de septembre à juillet.
La leçon débute par un échauffement des articulations, continue par les mouvements de base, ensuite par du chant et des instruments en apprenant le portugais. Quand l’élève monte dans les échelons, il approfondit aussi l’histoire de la capoeira.
En capoeira, on passe des graduations visibles par des cordes de couleur attachées à la ceinture, par exemple, le marron signifie que la personne est contremaître. Le passage de grade s’appelle le Batizado. Il y a peu de concours pour passer ces graduations en Europe. À l’association, les élèves les passent lors du festival à Vaulx-en-Velin avec des maîtres connus.

La capoeira

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Pulando – Contra-Mestre Boy

La capoeira est un art martial afro-brésilien venant des combats et des danses des peuples africains du temps de l’esclavage au Brésil. Elle est différente des autres arts martiaux par son côté ludique et acrobatique. Elle peut être jouée et/ou luttée. Elle est caractérisée par la roda (la ronde en français), c’est le cercle que forment les capoeiristes lors des confrontations qui sont appelées jogos (jeux). La capoeira est hiérarchisée, tout en haut on a le maître, puis le contremaître, le professeur, l’instructeur et le moniteur.

Contra-Mestre Boy est responsable du personnel dans une entreprise de nettoyage. Il a pris un peu de temps pour répondre à mes questions, et je l’en remercie.

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Contra-Mestre Boy

Contra-Mestre Boy est un surnom, que veut-il dire ?

Dans la capoeira, tout le monde a un surnom, cela vient du temps des esclaves.

Vous êtes originaire de Vaulx-en-Velin ?

Non, je viens de Salvador de Bahia au Brésil. Je suis venu en France en 2001 pour donner des cours. J’ai fait la même chose pendant trois ans au Portugal et j’ai formé cette année un élève qui continue le travail là-bas.

Pourquoi avez-vous commencé la capoeira ?

J’ai toujours aimé cela, la salle de capoeira était derrière chez moi et la musique m’appelait. J’ai donc baigné dedans depuis tout petit. J’ai commencé la capoeira avec des adultes à 8 ans.

Qu’est-ce que vous procure la capoeira ?

Qu’est-ce que cela me procure, la plus forte possible, il n’y a pas de mot, c’est comme manger, c’est vital.

Quel est votre parcours ?

J’ai été formé au Brésil et j’ai passé là-bas toutes mes graduations avec un grand maître, Cesar Carneiro, qui a fait trois films autour de la capoeira : La Loi du plus fort, Le Grand Tournoi et Shootfighter II. Je suis arrivé en France, j’étais déjà professeur, j’ai essayé d’en vivre, mais ce n’est pas évident, car la vie en France est chère. La capoeira est développée en France, surtout à Lyon. Je veux donner l’opportunité à tous de pratiquer la capoeira, donc je ne demande pas cher. Dans l’association, on ne souhaite pas en faire un business, c’est du bénévolat. Avant, je donnais des cours pour la côte du Rhône et les MJC. J’ai arrêté, car je suis parti au Portugal.

À part dans l’association de Vaulx-en-Velin, vous produisez-vous ailleurs ?

À La Verpillière, à Villefranche-sur-Saône et à Caluire, et peut-être prochainement à Villefontaine et à Saint-Priest. On fait aussi un spectacle en costume le 29 juillet à Saint-Quentin-Fallavier.

La capoeira est reconnue comme de la danse ou un art martial ?

Pour moi, c’est un art martial, car c’est une arme que les esclaves utilisaient pour se libérer, donc ils ont combattu, et je ne peux pas considérer cela comme de la danse.

Quels sont vos prochains projets ?

Faire un festival plus grand que celui de 2014. Aider les quartiers défavorisés du Brésil où j’ai grandi, actuellement, on leur fait faire les vêtements utilisés pour la capoeira. Amener des gens du groupe Nação Capoeira de la salle de là-bas, en 2014 on a pu en faire venir une et j’espère pouvoir en faire venir trois l’année prochaine.

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