Votre réveillon du nouvel an au théâtre avec « Chroniques », par la Cie Essentiel Éphémère

par Yoann Clayeux

L‘idée ne vous avait peut-être jamais traversé l’esprit, et pourtant, chaque année, les salles de spectacle ouvrent grand leur porte pour la St-Sylvestre. Une manière de passer une soirée sympathique en couple, entre amis ou en famille. Depuis de nombreuses années, les cafés-théâtres ont fait de ces événements un rendez-vous attendu dans leur programmation. Ils ne sont pourtant pas les seuls. Du théâtre de l’Iris à L’Improvidence, en passant par la Salle Rameau, les Lyonnais ont du choix !

La compagnie Essentiel Éphémère proposera par exemple, au théâtre Le Fou, sa pièce Chroniques, qui se joue déjà depuis le jeudi 10 décembre. ArlyoMag a assisté à la première. Petit aperçu de ce qui vous attend peut-être pour votre dernière soirée de l’année 2015 :


Les femmes parlent trop. C’est ce qu’on dit…

Mais c’est sans doute parce qu’elles ont quelque chose à dire, à confesser, à expier parfois. Entre talons aiguilles et frustrations, jupes à paillettes et confessions, trois femmes se préparent pour cette soirée qu’elles ont tant attendue.

À travers une langue simple et directe, Xavier Durringer nous entraîne dans un tourbillon de modernité où les mots deviennent des uppercuts. Alors on rit, on s’émeut parfois, mais surtout on regarde le monde tel qu’il est, sans fleur, ni fard, à la lumière de ces témoignages balancés contre le mur, entre deux couches de vernis à ongles… Écaillé, le vernis.


Le résumé plante le décor. Adaptée de Chroniques des jours entiers, des nuits entières de Xavier Durringer (aux éditions Les Théâtrales), Alizée Lombardo met en scène dans cette pièce trois femmes, porte-parole chacune à leur manière de fragments de vies, des leurs et des nôtres.


On s’identifie avec une facilité déconcertante à ces différentes personnalités. Aucun personnage ne vient jamais empiéter sur le territoire de l’autre, et pourtant, les murs tressés entre eux sont fragiles et poreux ; et leurs chorégraphies, synchronisées. Car malgré la séparation spatiale sur scène, les discours se font échos, se complètent et se répondent.


Nous avions déjà salué l’excellente prestation de la compagnie pour leur reprise d’Assoiffés de Wajdi Mouawad, la saison passée. Cette fois encore, nous avons trouvé peu de choses à redire. Les actrices sont talentueuses, Pascaline Chambon en tête, aussi stupéfiante dans sa parole que dans les silences où elle excelle, transformant l’attente entre deux répliques en un moment de tension palpable qui fait tout le sel de son jeu.


Et quand la parole ne suffit plus, le corps reprend ses droits. Chroniques est une pièce charnelle où la peau tantôt s’exhibe, tantôt se camoufle, et où le corps s’érotise ou se maltraite.


Sur le fond, on regrettera peut-être l’absence d’une véritable évolution narrative ou d’un point de vue plus affirmé, plus manifeste, au delà de ces bribes de femmes que la société maltraite d’une manière ou d’une autre. La pièce, relativement courte, passe très vite, et se révèle toutefois terriblement efficace dans l’émotion qu’elle prodigue aux spectateurs. De quoi finir l’année en beauté.


Mais cependant, si vos pas vous menaient vers d’autres quartiers que les pentes de la Croix-rousse, nous vous conseillons aussi l’invitation de Mélinda Nouette, championne du monde d’improvisation, pour une soirée carte blanche en compagnie de guest à L’Improvidence ; le complètement décalé McBett, – le chef-d’œuvre de Shakespeare revu à la sauce Ionesco – ; ou encore le regard drôle et acerbe des Tribunaux Rustiques (d’après Maupassant), par la compagnie de l’Iris dans leur théâtre villeurbannais.


Voilà qui devrait vous donner quelques idées pour fêter dignement les fêtes de fin d’année, que je vous souhaite excellentes.

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